Agriculture: le label bio attendu pour cet été
Les décrets d'application de la loi 39-12 relative à la production biologique sont arrivés au secrétariat général du gouvernement. Ils devraient être validés dans les mois à venir.
Les agriculteurs biologiques l'attendaient depuis longtemps: la reconnaissance de leur filière par un label est officielle, et sera effective cet été. C'est en tout cas ce qu'annonce l'Association marocaine de la filière des productions biologiques (Ama bio), contactée par Médias 24.
«Cette loi va donner un coup de pouce au marché local», nous explique Allal Chibane de l'Ama bio. Si les produits bio s'écoulent difficilement sur le marché national, c'est essentiellement du fait qu'ils se confondent avec les produits conventionnels. Pourtant, la demande intérieure est forte, mais il semble que la filière souffre encore d'une quasi-absence de structuration.
En apposant un logo sur l'emballage, le produit bio sera revalorisé et permettra d'informer le consommateur sur sa qualité.C'est en tout cas la volonté des professionnels, soutenus pour la cause par les pouvoirs publics.
Ainsi, un contrat-programme conclu entre le Ministère de l'Agriculture et Amabio en 2011 pour un budget de 1,12 milliard de DH prévoit de porter la production de produits bio à 400.000 tonnes dont 60.000 à l'export, pour une superficie de 40.000 hectares. Un projet ambitieux puisque la campagne agricole 2011/2012 a permis de produire 50 000 tonnes de produits issus de l'agriculture biologique sur 5000 hectares (soit 7% de la surface agricole utilisable).
La question qui se pose alors est celle de savoir si la labellisation sera en elle-même suffisante pour garantir un tel niveau productif, surtout pour réaliser l'objectif des exportations. Les 12 000 tonnes de produits bio exportées l'année dernière, essentiellement vers la France, l'Espagne, la Grande Bretagne et l'Allemagne, sont encore loin de satisfaire l'ambition commerciale du Maroc, d'autant plus que la concurrence internationale ne lui laisse que de maigres parts de marché.
La labellisation continuera à se faire par le biais d'organises étrangers déjà présents sur le territoire national, à savoir les français Ecocert et le bureau Veritas (Qualité France), ou encore les allemands Lacon et QC&I. Une fois agréés, ils pourront procéder aux certifications des produits bio après un suivi de la production à la récolte, voire au niveau de la transformation.
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