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ECONOMIE

Dans la boîte de sardines, seule la sardine est marocaine ou presque

Dans le cadre de sa nouvelle organisation, le CNCE va publier désormais des études thématiques concernant les problématiques du commerce extérieur marocain.  

Dans la boîte de sardines, seule la sardine est marocaine ou presque
Mélanie Xuereb
Le 9 juin 2013 à 10h21 | Modifié 11 avril 2021 à 2h35

 

Le premier numéro de « Théma » est consacré à l’étude des effets des différents plans sectoriels sur les échanges extérieurs et donc sur le déficit commercial.

Les conclusions de cette étude sont sans appel : pour ramener le déficit commercial à des niveaux soutenables il faut arrêter les politiques de relance par la demande intérieure et relancer par l’offre, améliorer la compétitivité de nos entreprises et réussir à produire localement l’énergie que nous consommons.

Un constat fondé sur une étude des tendances passées

Une étude approfondie du déficit commercial sur plusieurs décennies a permis au CNCE de conclure que le déficit est davantage dû à la progression soutenue des importations qu’à la faiblesse des exportations.

Sur les dix dernières années, les politiques de relance par la demande intérieure et les grands projets d’investissements se sont traduits par une explosion des importations. Si bien que pour 1% de croissance du PIB, les importations ont augmenté de 1,5 %.

De plus, 85% de nos importations sont incompressibles, car elles concernent essentiellement l’énergie, les biens d’équipement finis et les demi-produits.

Enfin, l’appareil productif national importe près de 50% de ses consommations intermédiaires. L’économie marocaine et sa croissance sont donc fortement dépendantes des importations. A cela s’ajoute la hausse des prix des produits importés, notamment l’énergie, et la hausse du déficit des échanges dans le cadre des accords de libre-échange.

Les stratégies sectorielles

Pour remédier à ce déficit structurel de sa balance commerciale, le pays a mis en œuvre différentes stratégies sectorielles. Mais ces stratégies nécessitant elles-mêmes des importations pour leur mise en œuvre, la hausse des exportations qu’elles pourront générer sera-t-elle suffisante pour ramener le déficit à un niveau soutenable ?

Le Maroc compte 12 stratégies sectorielles adoptées formellement. Un peu plus de la moitié d’entres elles agissent sur les conditions de la compétitivité. Mais 5 de ces stratégies ont pour ambition d’agir directement sur l’offre, soit en développant des productions de substitution aux importations, soit pour augmenter les exportations :

-          Le plan Maroc vert ;

-          La stratégie nationale de l’émergence industrielle ;

-          La stratégie énergétique nationale ;

-          La vision 2020 pour le tourisme ;

-          La stratégie Maroc Numeric 2013.

Ces stratégies sectorielles permettront-elles de réduire le déficit commercial ?

Les stratégies sectorielles mises en œuvre ont toutes pour objectif final d’augmenter les exportations. Mais les effets qu’elles induisent en termes d’accroissement des importations par le biais des consommations intermédiaires n’ont pas été analysés jusqu’à présent.

Le CNCE a fait cette analyse en utilisant un modèle économétrique quasi-comptable à partir du tableau emploi-ressource du HCP. Ce cadre d’analyse de départ qui permet d’identifier les consommations intermédiaires utilisées par l’économie a été complété par le CNCE pour différencier les consommations intermédiaires produites localement et importées.

Les conclusions des différents scénarios testés par cette analyse économétrique sont les suivantes :

-Sans les stratégies sectorielles, le déficit commercial va continuer à se détériorer. Elles sont donc nécessaires et un atout qu’il faut consolider ;

-Si les objectifs d’exportation des différents plans sont atteints, cela permettra d’améliorer le déficit commercial de 10% à l’horizon 2015, car les exportations croîtront plus vite (12,4% par an) que les importations (6,5%). Mais cette amélioration ne permettra de ramener le déficit commercial à un niveau soutenable que si les autres postes du compte courant s’améliorent, et notamment les transferts des MRE ;

-Si on prend en compte les effets des plans sectoriels sur la demande de consommation finale (la croissance du PIB induite par les plans sectoriels se traduisant nécessairement par un accroissement de la demande intérieure), le déficit commercial va en fait continuer à se détériorer de 11% d’ici 2015 ;

-En revanche, la substitution énergétique générée par le plan énergétique permettrait de corriger les effets négatifs de la croissance de la demande sur le déficit commercial et réduire le déficit de 4% d’ici 2015 ;

-Ce sont les stratégies sectorielles favorisant l’intégration du tissu productif qui, en réduisant les consommations intermédiaires importées, ont le plus d’impact sur la réduction du déficit, qui diminuerait 35% d’ici 2015. Une politique de relance par l’offre est donc nécessaire pour combiner les deux objectifs d’une croissance soutenue et d’une plus grande intégration de la chaine de production.

Les recommandations de l’étude

Les politiques de relance par la demande coutent cher à l’économie et ne doivent pas être reconduites.

La stratégie énergétique doit être conduite dans une optique d’intégration de la filière des énergies renouvelables, pour éviter de simplement remplacer le pétrole par une autre importation (panneaux photovoltaïques notamment).

L’amélioration de la compétitivité de l’offre des entreprises marocaines est incontournable et doit s’appuyer sur des stratégies d’intégration du tissu productif.

Il est nécessaire d’améliorer la convergence entre les différents acteurs économiques et la collaboration intersectorielle et ce afin d’augmenter la valeur ajoutée produite localement. En effet, dans la majorité des secteurs, cette valeur ajoutée est très faible, la partie la plus importante de la production finale étant importée.

Le pays doit donc mettre en place une stratégie de remontée des filières pour se positionner sur des activités à plus forte valeur ajoutée. L’exemple le plus flagrant est celui de l’exportation de conserves de sardine pour laquelle il n’y quasiment que la sardine et la main d’œuvre qui soient locales, tous les autres intrants étant importés !

(Photo Marc Lagneau).


 

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Mélanie Xuereb
Le 9 juin 2013 à 10h21

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