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Viol conjugal : Comment réagissent les associations féminines

Les associations féminines sont en émoi ! La société civile espère que c’est le début d’une révolution ! Mais sait qu’il est encore trop tôt pour crier victoire.

Viol conjugal : Comment réagissent les associations féminines

Le 8 juin 2013 à 10h03

Modifié 8 juin 2013 à 10h03

Les associations féminines sont en émoi ! La société civile espère que c’est le début d’une révolution ! Mais sait qu’il est encore trop tôt pour crier victoire.

Le fléau est bien plus répandu qu’on ne le croit.

Hanane Fzain, membre de l’AMVEF (Association marocaine de lutte contre la violence à l’égard des femmes), relève une faille juridique : « l’article 486 du code pénal marocain définit le viol comme étant toute relation sexuelle obtenue sans le consentement de la femme... Néanmoins, cet article ne fait pas référence à la relation qui lie le violeur à la victime. Ce manque législatif laisse le viol conjugal sans pénalisation ».

« Les victimes d’un viol conjugal n’ont pas conscience du tort qu’elles subissent. Elles estiment qu’elles ont le devoir d’assouvir tous les désirs sexuels du mari, de gré ou de force» déplore Fatim-Zahra Chaoui, avocate et conseillère au bureau de l’AMVEF avant de préciser : « ce n’est qu’après s’être entretenu avec elles qu’on relève des actes de viol ».

Ni les associations de la société civile, ni l’Etat ne disposent de statistiques relatives au viol au sein du foyer marital. Les seuls chiffres disponibles concernent l’ensemble des violences sexuelles à l’encontre des femmes ; et ce sont 2,5 millions de marocaines qui ont déclaré avoir subi, au moins une fois dans leur vie, une forme de violence sexuelle, allant de l’acte indécent aux rapports sexuels forcés. Chiffres insignifiants dans un pays rongé par la loi du silence.

D’ailleurs, les viols conjugaux ne sont souvent connus que lors des procédures de divorce. « Ce n’est qu’au moment du divorce que les violences sexuelles sont dénoncées par la victime» constate Fatim-Zahra Chaoui.

Concernant les poursuites judiciaires, notre source relève que leur nombre a augmenté depuis 2008, cela est dû, notamment, à l’instauration du programme multisectoriel de lutte contre les violences fondées sur le genre. Car « avant la création des cellules d’écoutes, les femmes violées ou violentées n’avaient d’autres recours que de porter plainte chez la police ou auprès de la gendarmerie nationale. Les procédures étaient longues et se soldaient, la plupart du temps, par un abandon des poursuites,» déplore l’avocate de l’AMVEF, « la création de centres d’écoutes a permis une meilleure orientation et les plaintes ont souvent débouché sur des poursuites ».

L’avocate et militante Naïma El Guellaf déplore cependant le vide juridique qui ne permet pas de rétablir les droits des femmes victimes de violences, en général, et de viols conjugaux en particulier. D’où l’absence de condamnations dans la majorité des cas.

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