SNTRO: Qui est le nouveau gestionnaire de la nouvelle décharge de Médiouna ?
Après des années d'expériences dans la gestion des décharges au niveau de différentes villes marocaines, comment SNTRO compte-t-elle s'y prendre avec un énorme marché comme celui de Casablanca ?
SNTRO, Société nouvelle des travaux routiers et ouvrages, a été créée en 2001. Elle est présente dans quatre métiers principaux: la route (travaux de construction et d’entretien routiers) qui est son cœur de métier, la protection contre les inondations, la construction des barrages, et enfin la gestion des décharges, une activité lancée en 2012.
La société marocaine possède un capital de 36 millions de DH, répartis entre trois actionnaires: Elhoussine Ouknine, Abdelmoghite Aït Zirri et Abdelmjid Bakka. Elle réalise un chiffre d’affaires annuel compris entre 400 à 500 millions de DH.
Lundi 20 janvier, elle s'est vu attribuer l’appel d’offres relatif à l'exploitation de la première partie de la décharge de Médiouna, avec une offre de 48,3 millions de DH. La gestion de ce casier va durer 12 mois, un délai susceptible d'être prorogé mois par mois jusqu'à 15 mois.
Après plusieurs années d’attente, ce dossier semble enfin voir le bout du tunnel. L'attribution de ce marché permettra d'accélérer la fermeture de l'ancienne décharge, gérée actuellement par SOS NDD, puisque celle-ci n'accueillera plus les camions de collecte.
"Il s'agit d'un défi que SNTRO compte relever", confie à Médias24 une source proche du dossier. "Casablanca est la plus grande ville du Maroc et le nombre de camions de collecte acheminés vers la décharge de Médiouna est élevé par rapport aux autres villes où la société opère".
En effet, une moyenne journalière de 3.400 tonnes de déchets sont enfouies dans l'ancienne décharge. Le casier de 11 ha devra recevoir l'équivalent de ce tonnage. "Au total, il devra accueillir 340 camions de 10 tonnes par jour, soit 14 camions par heure, à raison d'un camion chaque 4 minutes", ajoute notre source.
Rappelons que parmi les clauses du nouveau cahier des charges, le nouvel exploitant doit assurer le vidage des camions dans un délai maximum de 30 minutes, pour éviter de créer des embouteillages.
Des moyens matériels et humains suffisants
"L'enfouissement des déchets nécessite des matériels spécifiques, notamment des bulldozers, et des compacteurs", nous explique notre interlocuteur.
Pour l'exploitation de la décharge de Casablanca, SNTRO devra mobiliser 7 bulldozers, dont un de remplacement, un compacteur pieds de mouton pour réduire le volume des déchets, une pelle hydraulique pour le terrassement, la confection des digues et la réalisation des fossés de drainage ainsi que deux pelles sur pneus pour les besoins de chargement des matériaux, 8 camions de 20 m3, 2 camions-citernes de 15 m3 pour assurer l’arrosage des pistes d’accès et réduire le dégagement des poussières, un camion BTP pour le transport du matériel, 6 pompes mobiles avec un débit minimum de 100 l/s et un pickup.
En termes de moyens humains, la société devra, en plus de ses salariés, reprendre le personnel qui travaillait dans l'ancienne décharge (41 personnes: un conducteur d’enfouissement, un chef d’équipe, 4 chauffeurs, 8 opérateurs de pesage, 11 guideurs, 8 ouvriers, un soudeur, un mécanicien, 2 aides-mécaniciens, un maçon, un jardinier et 2 femmes de ménage).
Premières expériences réussies au sud du pays
Les premiers marchés remportés par SNTRO sont relatifs à la réhabilitation et l'exploitation ou la fermeture et construction de nouvelles décharges au sud du Maroc.
La société a commencé avec des marchés à Laâyoune, Tata, Foum Lahcen, Foum Zguid, et Tantan, avant de se voir confier la réhabilitation et l'exploitation de la décharge de Tanger en 2017. Un marché presque achevé, les gros travaux étant réalisés, nous confie notre source. "Un appel d'offres pour l'achèvement des travaux restants sera lancé dans quelques mois, et SNTRO compte y soumissionner".
La société a également réhabilité ou construit les décharges d'Oujda, de M'diq Fnideq, et de Dakhla et gère actuellement la décharge de Boujdour. Ce dernier marché lui a été attribué il y a près de 7 mois, pour une durée d'exploitation de 36 mois.
La société était également en lice pour l'appel d'offres relatif à la réhabilitation de la décharge d’Agadir. Le marché a été remporté par la société Souss-Massa Travaux, à l’issue de l’examen des offres financières.
Lire aussi: Casablanca: l'ancienne décharge de Médiouna bientôt fermée, promet-on encore
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