Samir. Location des bacs de stockage : Craintes autour de l’abandon du projet

Conjugué au mutisme de l'ONHYM, le retard de l'opération fait émerger les craintes quant à la suspension, voire l'annulation du projet de location des bacs de stockage de la Samir.

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Samir. Location des bacs de stockage : Craintes autour de l’abandon du projet

Le 27 octobre 2020 à 17:58

Modifié le 27 octobre 2020 à 20:35

A la Samir, on s’impatiente. On s’inquiète. Près de six mois après l’ordonnance du tribunal, on attend toujours la signature du contrat de bail entre l’ONHYM et le raffineur. Cette opération devait ouvrir la voie à l’exploitation, par l’établissement public, des capacités de stockage de l’entreprise aujourd’hui en liquidation.

Une attente qui nourrit de troublantes rumeurs. L’une d’elles va jusqu’à pronostiquer la suspension, voire l’abandon de l’opération. Cette piste germe sérieusement chez les parties proches du raffineur, mais reste invérifiable auprès de l’ONHYM et son département de tutelle, le ministère de l’Energie.

Loquace sur d’autres sujets, l’ONHYM se montre d’un mutisme obstiné lorsqu’il s’agit de la Samir. Sans cesse relancée par Médias24, sa directrice Amina Benkhadra n’a répondu à aucune de nos sollicitations.

Dans les faits, la demande de location avait été pensée et initiée par le ministère de l’Intérieur et celui des Finances. Preuve suffisante de sa dimension régalienne. Après la validation du tribunal et pour des raisons évidentes, l’ONHYM a pris le relais pour représenter l’Etat dans cette opération. Depuis, le dossier piétine. Des sources imputent le retard à la complexité de l’opération, notamment sur le plan administratif.

Pourtant, l’ONHYM n’en est pas à sa première collaboration avec la Samir. « Elle a déjà eu recours à ses réservoirs qu’elle a exploités via la location », apprend-on de source sûre, précisant que cette opération a eu lieu « avant et après la mise en liquidation » du raffineur.

Si on écarte la complexité du processus, qu’est ce qui justifierait le retard ? Là encore, pas de faits vérifiables, mais des supputations encouragées par les craintes de voir le projet enterré. Ces craintes s’appuient sur l’élément contextuel, différent de celui lors duquel a été initiée la demande de location : « La requête a été déposée en mai. A l’époque, la situation mondiale laissait présager une fermeture totale des frontières, qu’elles soient aériennes, maritimes ou terrestres. Pour les autorités, il s’agissait alors d’anticiper les conséquences de cette fermeture en recourant aux capacités de stockage de la Samir. D’où la requête urgente qui tendait, essentiellement, à assurer l’approvisionnement du pays tout en saisissant, accessoirement, l’opportunité de la baisse des prix à l’international », analyse une source proche des pourparlers.  

« Mais avec le temps, le scénario de la fermeture ne s’est pas avéré. Quant aux prix, ils ont graduellement augmenté. La situation n’est donc plus la même et pourrait avoir conduit les décideurs à revoir leurs cartes », ajoute notre interlocuteur.

Lire aussi :

Location des bacs de stockage de la Samir : Comment l'Etat justifie sa démarche

L’autre lecture réfère à l’hostilité du marché à l’émergence d’un nouvel entrant. « Si l’Etat intervient d’une manière ou d’une autre sur le marché, il sera perçu comme un concurrent à l’heure où les opérateurs pâtissent déjà du recul de la consommation. L’aboutissement du projet ne sert pas les intérêts de la concurrence, surtout dans le contexte de crise actuel », estime notre source.

Le même interlocuteur précise que « contrairement aux opérateurs privés, l’Etat ne cherchera pas forcément à générer des bénéfices, sinon minimes. En effet, le projet d’exploitation des capacités de stockage de la Samir s’inscrit dans un objectif d’intérêt général, qui est de sécuriser l’approvisionnement du pays et fournir du carburant à bas prix pour protéger le pouvoir d’achat du citoyen. Pour l’Etat et contrairement aux opérateurs privés, le lucre n’est pas la finalité, ce qui en fait un concurrent particulièrement agressif ».

Dans tous les cas, l’échec de l’opération aurait des conséquences. D’abord sur la crédibilité de son initiateur, dont le statut constitue pourtant en soi une garantie. D'ailleurs, des candidats privés à la location ont été écartés par le tribunal, ne faisant pas le poids devant l'argumentaire de l'Etat, fondé essentiellement sur la poursuite d'un intérêt général.

Pour la Samir, le préjudice est d'une autre nature. « Dès l’annonce de l’arrivée de l’ONHYM, nous avons tout mis en œuvre pour accueillir le futur locataire, notamment en termes d’entretien et de réorganisation du personnel. Cela implique des efforts et des dépenses », rapporte une source interne.

Un petit dommage, comparé au manque à gagner : « L'opération aurait rapporté à la Samir au moins 50 DH par tonne stockée. Si l’on tient compte des capacités de stockage du raffineur, qui correspondent à peu près à de 2 millions de tonnes, cela aurait pu drainer approximativement 100 millions de dirhams par mois et donc 1,2 MMDH par an, en revenus locatifs. La Samir en a besoin pour conserver son patrimoine humain, retaper la machine et assurer sa continuité », estime la même source.

Samir. Location des bacs de stockage : Craintes autour de l’abandon du projet

Le 27 octobre 2020 à18:39

Modifié le 27 octobre 2020 à 20:35

Conjugué au mutisme de l'ONHYM, le retard de l'opération fait émerger les craintes quant à la suspension, voire l'annulation du projet de location des bacs de stockage de la Samir.

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A la Samir, on s’impatiente. On s’inquiète. Près de six mois après l’ordonnance du tribunal, on attend toujours la signature du contrat de bail entre l’ONHYM et le raffineur. Cette opération devait ouvrir la voie à l’exploitation, par l’établissement public, des capacités de stockage de l’entreprise aujourd’hui en liquidation.

Une attente qui nourrit de troublantes rumeurs. L’une d’elles va jusqu’à pronostiquer la suspension, voire l’abandon de l’opération. Cette piste germe sérieusement chez les parties proches du raffineur, mais reste invérifiable auprès de l’ONHYM et son département de tutelle, le ministère de l’Energie.

Loquace sur d’autres sujets, l’ONHYM se montre d’un mutisme obstiné lorsqu’il s’agit de la Samir. Sans cesse relancée par Médias24, sa directrice Amina Benkhadra n’a répondu à aucune de nos sollicitations.

Dans les faits, la demande de location avait été pensée et initiée par le ministère de l’Intérieur et celui des Finances. Preuve suffisante de sa dimension régalienne. Après la validation du tribunal et pour des raisons évidentes, l’ONHYM a pris le relais pour représenter l’Etat dans cette opération. Depuis, le dossier piétine. Des sources imputent le retard à la complexité de l’opération, notamment sur le plan administratif.

Pourtant, l’ONHYM n’en est pas à sa première collaboration avec la Samir. « Elle a déjà eu recours à ses réservoirs qu’elle a exploités via la location », apprend-on de source sûre, précisant que cette opération a eu lieu « avant et après la mise en liquidation » du raffineur.

Si on écarte la complexité du processus, qu’est ce qui justifierait le retard ? Là encore, pas de faits vérifiables, mais des supputations encouragées par les craintes de voir le projet enterré. Ces craintes s’appuient sur l’élément contextuel, différent de celui lors duquel a été initiée la demande de location : « La requête a été déposée en mai. A l’époque, la situation mondiale laissait présager une fermeture totale des frontières, qu’elles soient aériennes, maritimes ou terrestres. Pour les autorités, il s’agissait alors d’anticiper les conséquences de cette fermeture en recourant aux capacités de stockage de la Samir. D’où la requête urgente qui tendait, essentiellement, à assurer l’approvisionnement du pays tout en saisissant, accessoirement, l’opportunité de la baisse des prix à l’international », analyse une source proche des pourparlers.  

« Mais avec le temps, le scénario de la fermeture ne s’est pas avéré. Quant aux prix, ils ont graduellement augmenté. La situation n’est donc plus la même et pourrait avoir conduit les décideurs à revoir leurs cartes », ajoute notre interlocuteur.

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L’autre lecture réfère à l’hostilité du marché à l’émergence d’un nouvel entrant. « Si l’Etat intervient d’une manière ou d’une autre sur le marché, il sera perçu comme un concurrent à l’heure où les opérateurs pâtissent déjà du recul de la consommation. L’aboutissement du projet ne sert pas les intérêts de la concurrence, surtout dans le contexte de crise actuel », estime notre source.

Le même interlocuteur précise que « contrairement aux opérateurs privés, l’Etat ne cherchera pas forcément à générer des bénéfices, sinon minimes. En effet, le projet d’exploitation des capacités de stockage de la Samir s’inscrit dans un objectif d’intérêt général, qui est de sécuriser l’approvisionnement du pays et fournir du carburant à bas prix pour protéger le pouvoir d’achat du citoyen. Pour l’Etat et contrairement aux opérateurs privés, le lucre n’est pas la finalité, ce qui en fait un concurrent particulièrement agressif ».

Dans tous les cas, l’échec de l’opération aurait des conséquences. D’abord sur la crédibilité de son initiateur, dont le statut constitue pourtant en soi une garantie. D'ailleurs, des candidats privés à la location ont été écartés par le tribunal, ne faisant pas le poids devant l'argumentaire de l'Etat, fondé essentiellement sur la poursuite d'un intérêt général.

Pour la Samir, le préjudice est d'une autre nature. « Dès l’annonce de l’arrivée de l’ONHYM, nous avons tout mis en œuvre pour accueillir le futur locataire, notamment en termes d’entretien et de réorganisation du personnel. Cela implique des efforts et des dépenses », rapporte une source interne.

Un petit dommage, comparé au manque à gagner : « L'opération aurait rapporté à la Samir au moins 50 DH par tonne stockée. Si l’on tient compte des capacités de stockage du raffineur, qui correspondent à peu près à de 2 millions de tonnes, cela aurait pu drainer approximativement 100 millions de dirhams par mois et donc 1,2 MMDH par an, en revenus locatifs. La Samir en a besoin pour conserver son patrimoine humain, retaper la machine et assurer sa continuité », estime la même source.

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