Rapatriement: Les Marocains bloqués à l’étranger perdent patience

Un plan de rapatriement est en cours d’élaboration, avait annoncé fin avril Nasser Bourita, mais aucune date n’a pour l’heure été fixée. L’enjeu est d’organiser ce rapatriement dans les meilleures conditions sanitaires, aussi bien pour les Marocains de l’intérieur que ceux bloqués à l’étranger.

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Rapatriement : Les Marocains bloqués à l’étranger perdent patience

Le 07 mai 2020 à 16:39

Modifié le 08 mai 2020 à 10:00

Alors que les Marocains de l’intérieur parlent de plus en plus du déconfinement, ceux qui sont actuellement bloqués à l’étranger, qui totalisent 27.000 personnes environ, sont dans l’incertitude totale.

Une Marocaine bloquée à Paris nous a récemment adressé un long message dans lequel elle fait part de ses désillusions. C’est ''la crise dans la crise'', écrit-elle. ''Depuis 50 jours, un nombre conséquent de Marocains est bloqué à l’étranger. Sans ressources, certains sans visas, tels des clandestins… Ils ont perdu leurs postes, leurs gagne-pains, la sérénité au sein de leurs foyers. Des parents souffrent, des couples souffrent, des enfants pleurent l’absence de leur maman ou de leur papa tous les jours'', ajoute-t-elle. ''Rien de pire que de se lever chaque matin en entrevoyant un espoir, et se coucher la nuit en ruminant la déception'', souligne encore cette Marocaine.

Un autre Marocain bloqué à Paris depuis le 15 mars, soit presque deux mois, nous dit lui aussi son désarroi face à cette situation. ''Au début on pensait que ça n’allait durer qu’une semaine ou deux, mais à partir de la deuxième semaine, lorsqu’on a constaté que ni le gouvernement, ni le ministère des Affaires étrangères ne réagissaient, on a compris que la situation était en train de se corser'', nous confie-t-il. ''On est donc entrés dans ce que j’appelle les oublis de l’État. Les Marocains bloqués à l’étranger sont des oubliés. Aujourd’hui, je vis avec des transferts d’argent envoyés par des amis qui sont récupérés par d’autres amis qui me donnent l’argent en liquide car je n’ai pas de carte bancaire internationale'', témoigne encore ce Marocain.

Il déplore également les lacunes des services consulaires marocains, en l’occurrence à Paris. ''Je suis inscrit aux services consulaires à Paris. J’ai dû appeler pas moins d’une centaine de fois pour avoir des renseignements, m’inscrire sur une liste de Marocains bloqués. Au final, je me suis habitué à cette situation… Il y a longtemps que j’ai fais le deuil d’un retour proche'', conclut-il, résigné. Une vidéo qui compile des témoignages de nombreux Marocains, dans laquelle ils se disent ''oubliés'', circule en masse sur les réseaux sociaux.

Un plan de rapatriement mais pas de date fixée

A l’image de ces témoignages, les Marocains bloqués à l’étranger sont nombreux à déplorer l’absence de visibilité concernant une date de rapatriement. ''Nous devons attendre la date du 20 mai. C’est à ce moment que seront annoncées les décisions'' relatives au rapatriement de ces Marocains, a annoncé, ce jeudi 7 mai sur 2M, Mohamed Besri, le directeur des Affaires consulaires du ministère des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger (MRE). ''Nous ne sommes pas insensibles aux demandes de nos compatriotes bloqués à l’étranger. Nous nous assurons que l’organisation de ce rapatriement bénéficie à tous ces Marocains sans exception, et que le dispositif mis en place s’applique à tout le monde sans exception et sans dérogation'', a-t-il ajouté.

Un plan de rapatriement est en cours d’élaboration, avait annoncé le 23 avril Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, mais aucune date n’a pour l’heure été fixée. Le ministre a expliqué que la date et le plan précis dépendent de la situation sanitaire intérieure. Au jeudi 7 mai à 16 H, le Maroc enregistrait toujours une centaine de nouveaux cas de Covid-19 par jour.

Relever le défi de la sécurité sanitaire de tous les Marocains

Des chiffres relatifs aux Marocains bloqués à l’étranger avaient également été communiqués: ainsi, 30.000 Marocains ont quitté le territoire sans carte de séjour à l’étranger et 20.000 l’ont quitté avec un visa de court séjour. Le ministère a également annoncé que 3.844 d’entre eux ont été hébergés et pris en charge par l’État marocain. Ce chiffre a été revu à la hausse, plafonnant désormais à 5.704 personnes prises en charge par les ambassades et consulats marocains, a indiqué Mohamed Besri. De plus, 147 d’entre eux, malades, ont bénéficié de consultations médicales, ainsi que des médicaments pour 56 personnes, selon le ministère. Enfin, 341 décès ont été enregistrés et inhumés dans les carrés musulmans.

Nasser Bourita avait par ailleurs laissé entendre que les autorités marocaines veulent absolument maîtriser tous les risques liés à ce rapatriement, quels qu’ils soient. Même son de cloche du côté de Mohamed Besri aujourd’hui sur 2M: ''On ne doit pas essuyer de revers ; il faut qu’on puisse réussir ce rapatriement, c’est-à-dire relever le défi de la sécurité sanitaire de tous les Marocains, aussi bien ceux qui sont au Maroc que ceux qui seront rapatriés de l’étranger.''

"Dès que les frontières seront rouvertes"

Jeudi soir 8 mai, Saâdeddine Elotmani, chef du gouvernement, était interviewé sur la chaîne nationale de télévision. Il a confirmé le chiffre de 27.850 personnes identifiées et inscrites sur les listes en vue d'un retour. Il a ajouté, sans autre précision: "dès que la décision d'ouvrir les frontières sera prise, ils rentreront". Et indiqué que le gouvernement étudie "tous les scénarios".

Rapatriement: Les Marocains bloqués à l’étranger perdent patience

Le 07 mai 2020 à18:40

Modifié le 08 mai 2020 à 10:00

Un plan de rapatriement est en cours d’élaboration, avait annoncé fin avril Nasser Bourita, mais aucune date n’a pour l’heure été fixée. L’enjeu est d’organiser ce rapatriement dans les meilleures conditions sanitaires, aussi bien pour les Marocains de l’intérieur que ceux bloqués à l’étranger.

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Alors que les Marocains de l’intérieur parlent de plus en plus du déconfinement, ceux qui sont actuellement bloqués à l’étranger, qui totalisent 27.000 personnes environ, sont dans l’incertitude totale.

Une Marocaine bloquée à Paris nous a récemment adressé un long message dans lequel elle fait part de ses désillusions. C’est ''la crise dans la crise'', écrit-elle. ''Depuis 50 jours, un nombre conséquent de Marocains est bloqué à l’étranger. Sans ressources, certains sans visas, tels des clandestins… Ils ont perdu leurs postes, leurs gagne-pains, la sérénité au sein de leurs foyers. Des parents souffrent, des couples souffrent, des enfants pleurent l’absence de leur maman ou de leur papa tous les jours'', ajoute-t-elle. ''Rien de pire que de se lever chaque matin en entrevoyant un espoir, et se coucher la nuit en ruminant la déception'', souligne encore cette Marocaine.

Un autre Marocain bloqué à Paris depuis le 15 mars, soit presque deux mois, nous dit lui aussi son désarroi face à cette situation. ''Au début on pensait que ça n’allait durer qu’une semaine ou deux, mais à partir de la deuxième semaine, lorsqu’on a constaté que ni le gouvernement, ni le ministère des Affaires étrangères ne réagissaient, on a compris que la situation était en train de se corser'', nous confie-t-il. ''On est donc entrés dans ce que j’appelle les oublis de l’État. Les Marocains bloqués à l’étranger sont des oubliés. Aujourd’hui, je vis avec des transferts d’argent envoyés par des amis qui sont récupérés par d’autres amis qui me donnent l’argent en liquide car je n’ai pas de carte bancaire internationale'', témoigne encore ce Marocain.

Il déplore également les lacunes des services consulaires marocains, en l’occurrence à Paris. ''Je suis inscrit aux services consulaires à Paris. J’ai dû appeler pas moins d’une centaine de fois pour avoir des renseignements, m’inscrire sur une liste de Marocains bloqués. Au final, je me suis habitué à cette situation… Il y a longtemps que j’ai fais le deuil d’un retour proche'', conclut-il, résigné. Une vidéo qui compile des témoignages de nombreux Marocains, dans laquelle ils se disent ''oubliés'', circule en masse sur les réseaux sociaux.

Un plan de rapatriement mais pas de date fixée

A l’image de ces témoignages, les Marocains bloqués à l’étranger sont nombreux à déplorer l’absence de visibilité concernant une date de rapatriement. ''Nous devons attendre la date du 20 mai. C’est à ce moment que seront annoncées les décisions'' relatives au rapatriement de ces Marocains, a annoncé, ce jeudi 7 mai sur 2M, Mohamed Besri, le directeur des Affaires consulaires du ministère des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger (MRE). ''Nous ne sommes pas insensibles aux demandes de nos compatriotes bloqués à l’étranger. Nous nous assurons que l’organisation de ce rapatriement bénéficie à tous ces Marocains sans exception, et que le dispositif mis en place s’applique à tout le monde sans exception et sans dérogation'', a-t-il ajouté.

Un plan de rapatriement est en cours d’élaboration, avait annoncé le 23 avril Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, mais aucune date n’a pour l’heure été fixée. Le ministre a expliqué que la date et le plan précis dépendent de la situation sanitaire intérieure. Au jeudi 7 mai à 16 H, le Maroc enregistrait toujours une centaine de nouveaux cas de Covid-19 par jour.

Relever le défi de la sécurité sanitaire de tous les Marocains

Des chiffres relatifs aux Marocains bloqués à l’étranger avaient également été communiqués: ainsi, 30.000 Marocains ont quitté le territoire sans carte de séjour à l’étranger et 20.000 l’ont quitté avec un visa de court séjour. Le ministère a également annoncé que 3.844 d’entre eux ont été hébergés et pris en charge par l’État marocain. Ce chiffre a été revu à la hausse, plafonnant désormais à 5.704 personnes prises en charge par les ambassades et consulats marocains, a indiqué Mohamed Besri. De plus, 147 d’entre eux, malades, ont bénéficié de consultations médicales, ainsi que des médicaments pour 56 personnes, selon le ministère. Enfin, 341 décès ont été enregistrés et inhumés dans les carrés musulmans.

Nasser Bourita avait par ailleurs laissé entendre que les autorités marocaines veulent absolument maîtriser tous les risques liés à ce rapatriement, quels qu’ils soient. Même son de cloche du côté de Mohamed Besri aujourd’hui sur 2M: ''On ne doit pas essuyer de revers ; il faut qu’on puisse réussir ce rapatriement, c’est-à-dire relever le défi de la sécurité sanitaire de tous les Marocains, aussi bien ceux qui sont au Maroc que ceux qui seront rapatriés de l’étranger.''

"Dès que les frontières seront rouvertes"

Jeudi soir 8 mai, Saâdeddine Elotmani, chef du gouvernement, était interviewé sur la chaîne nationale de télévision. Il a confirmé le chiffre de 27.850 personnes identifiées et inscrites sur les listes en vue d'un retour. Il a ajouté, sans autre précision: "dès que la décision d'ouvrir les frontières sera prise, ils rentreront". Et indiqué que le gouvernement étudie "tous les scénarios".

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