RAM : La réduction de la flotte d'avions et des effectifs est inévitable

Lors de sa dernière intervention au parlement, la ministre du Tourisme a déclaré que la chute du trafic aérien en 2020 occasionne des pertes financières pour la compagnie nationale qui menacent ses emplois. Selon une source au département du transport aérien, la RAM attend de connaître le contenu de la loi de Finances rectificative pour élaborer un plan de relance qui ne pourra pas faire l'économie de nombreux licenciements et d'une réduction de la flotte actuelle.

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RAM : La réduction de la flotte d'avions et des effectifs est inévitable RAM : La compagnie n’échappera pas à un sévère plan de restructuration

Le 09 juin 2020 à 18:13

Modifié le 09 juin 2020 à 18:39

« Si personne au sein de la compagnie publique ne tient à s’exprimer sur l’avenir de l’entreprise, c’est pour la simple raison que la direction attend d’abord de connaître le sort qui lui sera réservé dans le cadre de la loi de Finances rectificative qui devrait être présentée dans les prochains jours», nous révèle une source ministérielle qui travaille sur le dossier de relance de l’activité de la RAM.

Si l'aide financière publique n'est pas importante, les sacrifices seront lourds

« A ce jour, la RAM n’est pas en mesure d’élaborer une stratégie de relance tant que le gouvernement n'a pas dévoilé son plan d'aide financière et ses propositions pour redémarrer l’activité de la compagnie.

« Tout son avenir est lié à ce plan gouvernemental qui remplacera le fameux contrat-programme qui n’est plus d’actualité à cause de la crise du coronavirus et de ses effets sur l’activité aérienne nationale.

« La RAM attend donc impatiemment l'annonce gouvernementale pour connaître les moyens de relance dont elle disposera pour pouvoir garder juste un effectif nécessaire à un redéploiement d’activité.

« C'est pour bientôt car le contenu du projet de loi de Finances rectificative sera connu dans les prochains jours. Il devrait offrir plus de visibilité à la RAM.

« Si l'État se contente de donner 1 ou 2 milliards de DH à la RAM, il y aura beaucoup de sacrifices à la clé car cela chamboulera complètement le plan de développement de la compagnie.

29 avions et 2.500 employés sur la touche ?

« De plus, quel que soit le montant attribué, l’Etat conditionnera son attribution à des conditions à respecter comme réduire, par exemple, de moitié la taille de la flotte ainsi que celle de l'entreprise.

« En effet, si la RAM garde 30 avions sur les 59, elle n'aura plus besoin d'un effectif de 5.000 personnes (emplois directs et filiales) et devra peut-être réduire son personnel de 2.500 voire de 3.000 personnes.

« Actuellement, il y a une série de réunions préalables entre les différents protagonistes (ministères du Transport aérien et des Finances avec la RAM pour déterminer l'enveloppe budgétaire nécessaire).

Le Maroc perdra 20% de son trafic aérien en 2020

« Si personne n’est en mesure de spéculer sur le montant de l’aide publique qui sera alloué à la RAM, l'intervention parlementaire de la ministre a donné plusieurs indices en évoquant une baisse de 5 millions de passagers en 2020 pour toutes les compagnies qui opèrent au Maroc.

« Sachant que cette perte représente 20% du trafic aérien total de 2019 (25 millions de passagers) et 65% de celui de la RAM (7,8 millions), la ministre a laissé entendre qu’elle ne manquerait pas d’avoir des répercussions graves sur la compagnie nationale en termes de pertes financières et d'emplois.

« A partir de là, tout le monde a compris qu’un plan de redressement s’imposait avec à la fois des réductions de coûts de fonctionnement de la compagnie et de son effectif devenu trop nombreux.

L’Etat sera incapable de financer un plan de départs volontaires

« S’il est trop tôt pour connaître le modus operandi de la relance, il est probable qu’il y aura de nombreux licenciements économiques car l'État, sollicité de toutes parts, n'a pas les moyens de financer un plan de départs volontaires comme en 2011 qui avait touché 2.200 personnes et coûté 1,6 milliard de dirhams.

« En effet, sachant que le retour à une activité normale n’aura pas lieu avant 2022 voire 2023, l'État ne pourra pas supporter la compagnie pour qu'elle garde tout son personnel et sa flotte pendant 2 ou 3 ans car cela lui coûterait entre 20 et 30 milliards de DH, soit un minimum de 10 milliards de DH par an.

« C’est un calcul inconcevable et irrationnel quand on sait qu’en 2019, la RAM a réalisé 15 milliards DH de chiffre d’affaires et n’a pu dégager qu’un maigre résultat net avec ses 5.000 employés et ses 59 avions », conclut notre source en ajoutant qu’un plan de licenciements massif et une réduction de la flotte sont inévitables.

RAM : La compagnie n’échappera pas à un sévère plan de restructuration

RAM : La réduction de la flotte d'avions et des effectifs est inévitable

Le 09 juin 2020 à18:13

Modifié le 09 juin 2020 à 18:39

Lors de sa dernière intervention au parlement, la ministre du Tourisme a déclaré que la chute du trafic aérien en 2020 occasionne des pertes financières pour la compagnie nationale qui menacent ses emplois. Selon une source au département du transport aérien, la RAM attend de connaître le contenu de la loi de Finances rectificative pour élaborer un plan de relance qui ne pourra pas faire l'économie de nombreux licenciements et d'une réduction de la flotte actuelle.

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« Si personne au sein de la compagnie publique ne tient à s’exprimer sur l’avenir de l’entreprise, c’est pour la simple raison que la direction attend d’abord de connaître le sort qui lui sera réservé dans le cadre de la loi de Finances rectificative qui devrait être présentée dans les prochains jours», nous révèle une source ministérielle qui travaille sur le dossier de relance de l’activité de la RAM.

Si l'aide financière publique n'est pas importante, les sacrifices seront lourds

« A ce jour, la RAM n’est pas en mesure d’élaborer une stratégie de relance tant que le gouvernement n'a pas dévoilé son plan d'aide financière et ses propositions pour redémarrer l’activité de la compagnie.

« Tout son avenir est lié à ce plan gouvernemental qui remplacera le fameux contrat-programme qui n’est plus d’actualité à cause de la crise du coronavirus et de ses effets sur l’activité aérienne nationale.

« La RAM attend donc impatiemment l'annonce gouvernementale pour connaître les moyens de relance dont elle disposera pour pouvoir garder juste un effectif nécessaire à un redéploiement d’activité.

« C'est pour bientôt car le contenu du projet de loi de Finances rectificative sera connu dans les prochains jours. Il devrait offrir plus de visibilité à la RAM.

« Si l'État se contente de donner 1 ou 2 milliards de DH à la RAM, il y aura beaucoup de sacrifices à la clé car cela chamboulera complètement le plan de développement de la compagnie.

29 avions et 2.500 employés sur la touche ?

« De plus, quel que soit le montant attribué, l’Etat conditionnera son attribution à des conditions à respecter comme réduire, par exemple, de moitié la taille de la flotte ainsi que celle de l'entreprise.

« En effet, si la RAM garde 30 avions sur les 59, elle n'aura plus besoin d'un effectif de 5.000 personnes (emplois directs et filiales) et devra peut-être réduire son personnel de 2.500 voire de 3.000 personnes.

« Actuellement, il y a une série de réunions préalables entre les différents protagonistes (ministères du Transport aérien et des Finances avec la RAM pour déterminer l'enveloppe budgétaire nécessaire).

Le Maroc perdra 20% de son trafic aérien en 2020

« Si personne n’est en mesure de spéculer sur le montant de l’aide publique qui sera alloué à la RAM, l'intervention parlementaire de la ministre a donné plusieurs indices en évoquant une baisse de 5 millions de passagers en 2020 pour toutes les compagnies qui opèrent au Maroc.

« Sachant que cette perte représente 20% du trafic aérien total de 2019 (25 millions de passagers) et 65% de celui de la RAM (7,8 millions), la ministre a laissé entendre qu’elle ne manquerait pas d’avoir des répercussions graves sur la compagnie nationale en termes de pertes financières et d'emplois.

« A partir de là, tout le monde a compris qu’un plan de redressement s’imposait avec à la fois des réductions de coûts de fonctionnement de la compagnie et de son effectif devenu trop nombreux.

L’Etat sera incapable de financer un plan de départs volontaires

« S’il est trop tôt pour connaître le modus operandi de la relance, il est probable qu’il y aura de nombreux licenciements économiques car l'État, sollicité de toutes parts, n'a pas les moyens de financer un plan de départs volontaires comme en 2011 qui avait touché 2.200 personnes et coûté 1,6 milliard de dirhams.

« En effet, sachant que le retour à une activité normale n’aura pas lieu avant 2022 voire 2023, l'État ne pourra pas supporter la compagnie pour qu'elle garde tout son personnel et sa flotte pendant 2 ou 3 ans car cela lui coûterait entre 20 et 30 milliards de DH, soit un minimum de 10 milliards de DH par an.

« C’est un calcul inconcevable et irrationnel quand on sait qu’en 2019, la RAM a réalisé 15 milliards DH de chiffre d’affaires et n’a pu dégager qu’un maigre résultat net avec ses 5.000 employés et ses 59 avions », conclut notre source en ajoutant qu’un plan de licenciements massif et une réduction de la flotte sont inévitables.

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