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Coronavirus: Macron déclare

Coronavirus: Macron déclare "la guerre" et restreint fortement les déplacements

Le 16 mars 2020 à 21:08

Modifié le 17 mars 2020 à 07:00

Emmanuel Macron a pris lundi une mesure inédite dans l'histoire récente de la France en annonçant une restriction sévère des déplacements de la population, parce que le pays "est en guerre" contre la pandémie du coronavirus.

Le président français a aussi annoncé le report du second tour des élections municipales, et la suspension de toutes les réformes dont celle des retraites, aussi emblématique que contestée.

"Jamais la France n'avait eu à prendre de telles décisions par temps de paix", a lancé le président dans sa seconde allocution solennelle en cinq jours, soulignant que "nul ne peut savoir" combien de temps va durer l'épidémie.

Les "déplacements seront fortement réduits pour 15 jours au moins" à partir de mardi midi pour "limiter au maximum les contacts" et lutter contre l'expansion du coronavirus, a expliqué Emmanuel Macron.

Il ne sera ainsi plus possible de "retrouver ses amis ou aller au parc", et "seuls doivent demeurer les transports absolument nécessaires", "pour se soigner", faire ses courses ou encore "aller au travail quand le travail à distance n'est pas possible", a détaillé le chef de l'Etat. "Toute infraction à ces règles sera sanctionnée", a-t-il averti.

Avec ce confinement -un terme évité par le président Macron- partiel, la France prend exemple sur l'Italie et l'Espagne, les deux pays européens les plus touchés par la pandémie, où la mesure a été jusqu'à présent bien acceptée par la population.

Il a aussi appelé les Français contraints de rester chez eux à être solidaires entre voisins, à appeler leurs proches et à "inventer de nouvelles solidarités" et de retrouver "le sens de l'essentiel", par exemple pour lire des livres.

Emmanuel Macron a également annoncé le report du second tour des élections municipales, une décision qui "a fait l'objet d'un accord unanime". Il n'a cependant pas confirmé la date du 21 juin, évoquée par plusieurs responsables politiques dans l'après-midi.

Parmi les autres décisions annoncées au cours de cette allocution de 20 minutes, figure la suspension de "toutes les réformes en cours", à commencer par celle des retraites, et des mesures de soutien à l'économie.

"Je vous demande d'être responsables tous ensemble et de ne céder à aucune panique", a-t-il ajouté. "La France vit un moment très difficile" et "il faudra nous adapter" mais "nous gagnerons", a-t-il lancé.

La mesure de confinement limité intervient après une série d'autres décisions de plus en plus contraignantes prises ces derniers jours mais qui ont été jugées insuffisantes pour faire face à l'aggravation de la pandémie.

Le weekend a ainsi été marqué par l'annonce de la fermeture des lieux publics "non-essentiels", comme les restaurants, les bars et les commerces non-alimentaires. Elle s'ajoutait à celle des crèches, des écoles et des universités, annoncée jeudi par Emmanuel Macron au cours d'une première allocution télévisée.

Mais ces mesures n'ont pas empêché de nombreux Français à profiter du beau temps en se rendant dans les parcs, ce qui a déclenché une volée de critiques sur "l'incivisme" en pleine épidémie.

"La situation est très inquiétante"

Il fallait donc prendre des mesures plus drastiques permettant de "modifier en profondeur les comportements" des Français face à une situation qui "se dégrade", a précisé la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

La situation "est très inquiétante" et "se détériore très vite", a averti le directeur général de la Santé, le Pr Jérôme Salomon. "Le nombre de cas double désormais tous les trois jours", a-t-il souligné, insistant notamment sur les "centaines" de malades en réanimation et dont le pronostic vital est engagé.

Le dernier bilan fait état de 21 nouveaux décès (148 en tout) et 1.200 nouveaux cas lundi, soit plus de 6.600 en tout.

Durant toute la journée, Emmanuel Macron a multiplié les consultations, notamment pour construire un consensus politique sur ces mesures exceptionnelles et pour éteindre les critiques, encore limitées, sur la gestion de la crise par l'exécutif.

Il a ainsi présidé un déjeuner de travail "en format conseil de Défense" réunissant les principaux acteurs de la gestion de la crise. Il a ensuite reçu les présidents du Sénat Gérard Larcher et de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, et s'est entretenu au téléphone avec ses prédécesseurs François Hollande et Nicolas Sarkozy.

Parmi d'autres mesures sanitaires spectaculaires, il a annoncé lundi soir qu'un hôpital de campagne du service de santé des armées serait déployé "dans les jours à venir en Alsace", et que des masques seraient distribués dès mardi aux soignants des 25 départements les plus touchés.

Il s'est aussi porté au chevet de l'économie, avec une garantie des prêts bancaires accordés aux entreprises à hauteur de 300 milliards d'euros, ainsi qu'un "dispositif exceptionnel de report de charges fiscales et sociales, de soutien ou report d'échéances bancaires et de garanties de l’État à hauteur de 300 milliards d'euros pour tous les prêts bancaires contractés auprès des banques".

Les loyers et les factures d'eau, de gaz et d'électricité "devront être suspendus" pour les plus petites entreprises qui rencontrent "des difficultés", a-t-il également annoncé. Ces entreprises n'auront "rien à débourser ni pour les impôts, ni pour les cotisations sociales", a-t-il ajouté, en annonçant qu'un fonds de solidarité "pour les entrepreneurs, commerçants, artisans" serait créé et "abondé par l’État".

"Pas de pénurie"

La Bourse de Paris a connu une nouvelle débâche en chutant de 5,75% alors que les places mondiales sont toujours en pleine tempête et que Bruxelles attend désormais une récession pour 2020.

Face à l'inquiétude des Français, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a assuré qu'il n'y aurait "pas de pénurie", tout en leur demandant de ne pas multiplier les achats de précaution. Mais en Alsace par exemple, une des régions les plus touchées, des grandes surfaces ont été prises avec de longues files de chariots devant les entrées.

Également sur le plan pratique, de nombreux parents ont fait état, au premier jour de fermeture des écoles, de difficultés pour se connecter aux sites officiels en ligne destinés à faire la classe à la maison.

Coronavirus: Macron déclare "la guerre" et restreint fortement les déplacements

Le 16 mars 2020 à21:59

Modifié le 17 mars 2020 à 07:00

Emmanuel Macron a pris lundi une mesure inédite dans l'histoire récente de la France en annonçant une restriction sévère des déplacements de la population, parce que le pays "est en guerre" contre la pandémie du coronavirus.

Le président français a aussi annoncé le report du second tour des élections municipales, et la suspension de toutes les réformes dont celle des retraites, aussi emblématique que contestée.

"Jamais la France n'avait eu à prendre de telles décisions par temps de paix", a lancé le président dans sa seconde allocution solennelle en cinq jours, soulignant que "nul ne peut savoir" combien de temps va durer l'épidémie.

Les "déplacements seront fortement réduits pour 15 jours au moins" à partir de mardi midi pour "limiter au maximum les contacts" et lutter contre l'expansion du coronavirus, a expliqué Emmanuel Macron.

Il ne sera ainsi plus possible de "retrouver ses amis ou aller au parc", et "seuls doivent demeurer les transports absolument nécessaires", "pour se soigner", faire ses courses ou encore "aller au travail quand le travail à distance n'est pas possible", a détaillé le chef de l'Etat. "Toute infraction à ces règles sera sanctionnée", a-t-il averti.

Avec ce confinement -un terme évité par le président Macron- partiel, la France prend exemple sur l'Italie et l'Espagne, les deux pays européens les plus touchés par la pandémie, où la mesure a été jusqu'à présent bien acceptée par la population.

Il a aussi appelé les Français contraints de rester chez eux à être solidaires entre voisins, à appeler leurs proches et à "inventer de nouvelles solidarités" et de retrouver "le sens de l'essentiel", par exemple pour lire des livres.

Emmanuel Macron a également annoncé le report du second tour des élections municipales, une décision qui "a fait l'objet d'un accord unanime". Il n'a cependant pas confirmé la date du 21 juin, évoquée par plusieurs responsables politiques dans l'après-midi.

Parmi les autres décisions annoncées au cours de cette allocution de 20 minutes, figure la suspension de "toutes les réformes en cours", à commencer par celle des retraites, et des mesures de soutien à l'économie.

"Je vous demande d'être responsables tous ensemble et de ne céder à aucune panique", a-t-il ajouté. "La France vit un moment très difficile" et "il faudra nous adapter" mais "nous gagnerons", a-t-il lancé.

La mesure de confinement limité intervient après une série d'autres décisions de plus en plus contraignantes prises ces derniers jours mais qui ont été jugées insuffisantes pour faire face à l'aggravation de la pandémie.

Le weekend a ainsi été marqué par l'annonce de la fermeture des lieux publics "non-essentiels", comme les restaurants, les bars et les commerces non-alimentaires. Elle s'ajoutait à celle des crèches, des écoles et des universités, annoncée jeudi par Emmanuel Macron au cours d'une première allocution télévisée.

Mais ces mesures n'ont pas empêché de nombreux Français à profiter du beau temps en se rendant dans les parcs, ce qui a déclenché une volée de critiques sur "l'incivisme" en pleine épidémie.

"La situation est très inquiétante"

Il fallait donc prendre des mesures plus drastiques permettant de "modifier en profondeur les comportements" des Français face à une situation qui "se dégrade", a précisé la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

La situation "est très inquiétante" et "se détériore très vite", a averti le directeur général de la Santé, le Pr Jérôme Salomon. "Le nombre de cas double désormais tous les trois jours", a-t-il souligné, insistant notamment sur les "centaines" de malades en réanimation et dont le pronostic vital est engagé.

Le dernier bilan fait état de 21 nouveaux décès (148 en tout) et 1.200 nouveaux cas lundi, soit plus de 6.600 en tout.

Durant toute la journée, Emmanuel Macron a multiplié les consultations, notamment pour construire un consensus politique sur ces mesures exceptionnelles et pour éteindre les critiques, encore limitées, sur la gestion de la crise par l'exécutif.

Il a ainsi présidé un déjeuner de travail "en format conseil de Défense" réunissant les principaux acteurs de la gestion de la crise. Il a ensuite reçu les présidents du Sénat Gérard Larcher et de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, et s'est entretenu au téléphone avec ses prédécesseurs François Hollande et Nicolas Sarkozy.

Parmi d'autres mesures sanitaires spectaculaires, il a annoncé lundi soir qu'un hôpital de campagne du service de santé des armées serait déployé "dans les jours à venir en Alsace", et que des masques seraient distribués dès mardi aux soignants des 25 départements les plus touchés.

Il s'est aussi porté au chevet de l'économie, avec une garantie des prêts bancaires accordés aux entreprises à hauteur de 300 milliards d'euros, ainsi qu'un "dispositif exceptionnel de report de charges fiscales et sociales, de soutien ou report d'échéances bancaires et de garanties de l’État à hauteur de 300 milliards d'euros pour tous les prêts bancaires contractés auprès des banques".

Les loyers et les factures d'eau, de gaz et d'électricité "devront être suspendus" pour les plus petites entreprises qui rencontrent "des difficultés", a-t-il également annoncé. Ces entreprises n'auront "rien à débourser ni pour les impôts, ni pour les cotisations sociales", a-t-il ajouté, en annonçant qu'un fonds de solidarité "pour les entrepreneurs, commerçants, artisans" serait créé et "abondé par l’État".

"Pas de pénurie"

La Bourse de Paris a connu une nouvelle débâche en chutant de 5,75% alors que les places mondiales sont toujours en pleine tempête et que Bruxelles attend désormais une récession pour 2020.

Face à l'inquiétude des Français, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a assuré qu'il n'y aurait "pas de pénurie", tout en leur demandant de ne pas multiplier les achats de précaution. Mais en Alsace par exemple, une des régions les plus touchées, des grandes surfaces ont été prises avec de longues files de chariots devant les entrées.

Également sur le plan pratique, de nombreux parents ont fait état, au premier jour de fermeture des écoles, de difficultés pour se connecter aux sites officiels en ligne destinés à faire la classe à la maison.

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