La Samir : Le dossier des trois pouvoirs...

L’exécutif, le législatif et le judiciaire. Chacun des trois pouvoirs s’active actuellement sur un volet du dossier la Samir. Entre tergiversation, attente et tentatives symboliques, difficile d'entrevoir une issue pour l'unique raffinerie du Royaume. Focus.

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La Samir : Le dossier des trois pouvoirs...

Le 09 décembre 2020 à 18:12

Modifié le 10 décembre 2020 à 14:47

Exploitation des bacs de stockage par l’Etat

Démarré sur les chapeaux de roues, ce dossier est aujourd’hui au point mort. Dans un communiqué diffusé le 7 décembre, le Front de sauvegarde de la Samir pointe des « atermoiements », voire une « négligence » du gouvernement qui, sept mois après le feu vert du tribunal de commerce, n’a toujours pas conclu de contrat de location avec la Samir. Un manque à gagner pour le raffineur estimé à « 100 millions de dirhams par mois, au titre des redevances de location de l’ensemble des bacs de stockage », affirme l’association.

Diffusée par certains médias, l’information selon laquelle le Chef du gouvernement aurait ordonné une nouvelle due diligence a été démentie par plusieurs sources directement concernées par l’opération.

En revanche, les nouveaux échos évoquent des discussions autour de l’implication éventuelle des pétroliers dans la future opération. En somme, l’ONHYM, locataire principal, mettrait les réservoirs de la Samir à la disposition des opérateurs disposant de faibles capacités de stockage. Ces derniers exploiteraient les bacs sous forme de sous-location. Les sources concernées insistent sur le fait qu’il ne s’agit que d’une piste à l’examen et qui pourrait aboutir, ou non.

Si on tergiverse encore sur le moyen, la finalité demeure la même : permettre au Royaume d’atteindre ses stocks de sécurité en hydrocarbures en exploitant les importantes capacités de la Samir, évaluées à plus de 1,8 million de tonnes entre les sites de Mohammedia et Sidi Kacem.

Cession, attente teintée de résignation  

La Samir a été officiellement mise en vente le 30 janvier 2017. L’appel à manifestation d’intérêt a été publié le 8 février. Et deux semaines plus tard, Médias 24 alertait déjà sur le risque « élevé » de voir échouer le processus de cession, tout en espérant que son analyse soit « au plus vite démentie ».

Près de quatre ans plus tard, c’est au contraire une confirmation qui semble se dessiner, au grand dam de l’unique raffinerie du Royaume.  

Au tribunal de commerce, les tenants de ce dossier (juge-commissaire, syndic et contrôleurs) devaient se réunir le 1er décembre pour examiner les offres de rachat, événement qui s’est soldé par un renvoi au 15 du mois en cours. Dans les faits, les parties ne se sont pas réunies depuis plusieurs mois, pandémie oblige. Mais aussi, et surtout, parce qu’aucune avancée notable ne justifie la tenue d’une réunion.

Renationalisation : Après les conseillers, les députés

Le salut viendra-t-il du Parlement ? Rien n’est moins sûr. Mais contre mauvaise fortune, les députés du PPS choisissent de faire bon cœur. A la Chambre des représentants, le groupement du progrès et du socialisme vient de soumettre une proposition de loi tendant à la cession des actifs de la "SAMIR" au compte de l'Etat.

Déposé le 25 novembre, le texte est une réplique de celui soumis conjointement par la CDT et le groupe socialiste à la Chambre des conseillers. En substance, la proposition de loi proclame « la cession, au compte de l’Etat marocain, de l’ensemble des actifs, propriétés, fonciers et brevets d’invention appartenant à la Samir ». Soit une renationalisation du raffineur privatisé depuis 1997.

Tout en saluant cette « initiative législative », le front en appelle au soutien d’autres formations politiques, mais « regrette l’attitude négative des partis politiques et des lobbies qui cherchent à imposer le fait accompli, à détruire l'industrie nationale et à fracasser le pouvoir d'achat des citoyens. »

Réglementation des prix

Une deuxième proposition de loi est sur les bureaux de la première chambre. Elle vise cette fois-ci à réguler les prix des hydrocarbures, marché libéralisé depuis 2015. Ce texte a lui aussi été déposé par le PPS et, comme celui de la renationalisation, constitue le doublon d’une proposition initiée en juillet par les conseillers de l’USFP et la CDT.

Le texte tend à encadrer les prix de vente des carburants liquides au public. Le prix maximum serait ainsi fixé tous « les lundis à minuit ». Son calcul se ferait sur la base de la moyenne des prix à l’international, les frais de transport, de stockage, d’assurance et sur la marge de bénéfices des opérateurs intervenants dans le stockage, la distribution, le gros et le détail ».

L’objectif est de revenir à l’avant-libéralisation. Une décision que le Front qualifie d’ « inappropriée, hâtive et vouée à l’échec, qui n’a eu pour seul effet que de contribuer à l'accumulation des bénéfices engrangés par les sociétés contrôlant le marché, sur le compte du pouvoir d'achat des citoyens et de la compétitivité de l'entreprise marocaine. » L’Association estime ces « bénéfices illégitimes » à plus de « 38 milliards de dirhams (sans compter des profits réalisés sur le kérosène, le fuel et l’asphalte) ». 

La Samir : Le dossier des trois pouvoirs...

Le 09 décembre 2020 à18:17

Modifié le 10 décembre 2020 à 14:47

L’exécutif, le législatif et le judiciaire. Chacun des trois pouvoirs s’active actuellement sur un volet du dossier la Samir. Entre tergiversation, attente et tentatives symboliques, difficile d'entrevoir une issue pour l'unique raffinerie du Royaume. Focus.

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Exploitation des bacs de stockage par l’Etat

Démarré sur les chapeaux de roues, ce dossier est aujourd’hui au point mort. Dans un communiqué diffusé le 7 décembre, le Front de sauvegarde de la Samir pointe des « atermoiements », voire une « négligence » du gouvernement qui, sept mois après le feu vert du tribunal de commerce, n’a toujours pas conclu de contrat de location avec la Samir. Un manque à gagner pour le raffineur estimé à « 100 millions de dirhams par mois, au titre des redevances de location de l’ensemble des bacs de stockage », affirme l’association.

Diffusée par certains médias, l’information selon laquelle le Chef du gouvernement aurait ordonné une nouvelle due diligence a été démentie par plusieurs sources directement concernées par l’opération.

En revanche, les nouveaux échos évoquent des discussions autour de l’implication éventuelle des pétroliers dans la future opération. En somme, l’ONHYM, locataire principal, mettrait les réservoirs de la Samir à la disposition des opérateurs disposant de faibles capacités de stockage. Ces derniers exploiteraient les bacs sous forme de sous-location. Les sources concernées insistent sur le fait qu’il ne s’agit que d’une piste à l’examen et qui pourrait aboutir, ou non.

Si on tergiverse encore sur le moyen, la finalité demeure la même : permettre au Royaume d’atteindre ses stocks de sécurité en hydrocarbures en exploitant les importantes capacités de la Samir, évaluées à plus de 1,8 million de tonnes entre les sites de Mohammedia et Sidi Kacem.

Cession, attente teintée de résignation  

La Samir a été officiellement mise en vente le 30 janvier 2017. L’appel à manifestation d’intérêt a été publié le 8 février. Et deux semaines plus tard, Médias 24 alertait déjà sur le risque « élevé » de voir échouer le processus de cession, tout en espérant que son analyse soit « au plus vite démentie ».

Près de quatre ans plus tard, c’est au contraire une confirmation qui semble se dessiner, au grand dam de l’unique raffinerie du Royaume.  

Au tribunal de commerce, les tenants de ce dossier (juge-commissaire, syndic et contrôleurs) devaient se réunir le 1er décembre pour examiner les offres de rachat, événement qui s’est soldé par un renvoi au 15 du mois en cours. Dans les faits, les parties ne se sont pas réunies depuis plusieurs mois, pandémie oblige. Mais aussi, et surtout, parce qu’aucune avancée notable ne justifie la tenue d’une réunion.

Renationalisation : Après les conseillers, les députés

Le salut viendra-t-il du Parlement ? Rien n’est moins sûr. Mais contre mauvaise fortune, les députés du PPS choisissent de faire bon cœur. A la Chambre des représentants, le groupement du progrès et du socialisme vient de soumettre une proposition de loi tendant à la cession des actifs de la "SAMIR" au compte de l'Etat.

Déposé le 25 novembre, le texte est une réplique de celui soumis conjointement par la CDT et le groupe socialiste à la Chambre des conseillers. En substance, la proposition de loi proclame « la cession, au compte de l’Etat marocain, de l’ensemble des actifs, propriétés, fonciers et brevets d’invention appartenant à la Samir ». Soit une renationalisation du raffineur privatisé depuis 1997.

Tout en saluant cette « initiative législative », le front en appelle au soutien d’autres formations politiques, mais « regrette l’attitude négative des partis politiques et des lobbies qui cherchent à imposer le fait accompli, à détruire l'industrie nationale et à fracasser le pouvoir d'achat des citoyens. »

Réglementation des prix

Une deuxième proposition de loi est sur les bureaux de la première chambre. Elle vise cette fois-ci à réguler les prix des hydrocarbures, marché libéralisé depuis 2015. Ce texte a lui aussi été déposé par le PPS et, comme celui de la renationalisation, constitue le doublon d’une proposition initiée en juillet par les conseillers de l’USFP et la CDT.

Le texte tend à encadrer les prix de vente des carburants liquides au public. Le prix maximum serait ainsi fixé tous « les lundis à minuit ». Son calcul se ferait sur la base de la moyenne des prix à l’international, les frais de transport, de stockage, d’assurance et sur la marge de bénéfices des opérateurs intervenants dans le stockage, la distribution, le gros et le détail ».

L’objectif est de revenir à l’avant-libéralisation. Une décision que le Front qualifie d’ « inappropriée, hâtive et vouée à l’échec, qui n’a eu pour seul effet que de contribuer à l'accumulation des bénéfices engrangés par les sociétés contrôlant le marché, sur le compte du pouvoir d'achat des citoyens et de la compétitivité de l'entreprise marocaine. » L’Association estime ces « bénéfices illégitimes » à plus de « 38 milliards de dirhams (sans compter des profits réalisés sur le kérosène, le fuel et l’asphalte) ». 

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