La convention de révision des tarifs de médecine libérale bloquée à la primature
La convention de révision des tarifs, signée le 13 janvier entre l’ANAM, la CNSS et les professionnels de la santé est bloquée par la primature, apprend Médias24 de sources sûres. Cette convention révise la tarification nationale de référence de l'AMO relative à plusieurs actes médicaux.
La convention devait faire l'objet d'un arrêté ministériel publié au B.O. Pour le moment, elle n'a pas pris le chemin du secrétariat général du gouvernement. "La convention n'a pas été validée par la primature, elle n'a pas non plus été rejetée. Au moins un groupe de travail a été constitué pour étudier la question", poursuivent nos sources. La convention, non signée par la CNOPS, mais seulement par la CNSS, est donc en attente.
La tarification, une problématique soulevée lors des Assises de la santé
Marrakech, samedi 8 février. L'Association Nationale des Cliniques Privées, ANCP, organise ses 6è assises nationales. Ce n'est pas rien, car le secteur libéral joue un rôle vital dans la santé des Marocains au vu des chiffres: 93% des dépenses de l'assurance maladie obligatoire par exemple.
Pourtant, ce n'est pas la ruée. Plusieurs dizaines de médecins sont présents, mais point de ministre de la Santé. Khalid Aït Taleb était absent pour cas de force majeure (ce qui était apparemment le cas). Le directeur général de l'ANAM était également absent. Il était représenté par un responsable que les praticiens connaissent et apprécient: Naoufal El Malhouf, directeur du conventionnement et de la normalisation au sein de l’ANAM. C'est-à-dire l'interlocuteur des cliniques pour les problématiques de conventions.
La tarification a fait l'objet d'un panel mais le sujet est resté relativement cantonné dans les généralités, chose normale en l'absence des politiques. Naoufal El Malhouf explique les 4 défis actuels du régime de couverture médicale de base:
-l'extension de la couverture.
-le panier de soins et la révision de la tarification.
-le financement du régime.
-la gouvernance.
Pour faire court, on en retiendra qu'au rythme actuel, la couverture à 100% sera difficile à réaliser d'ici 2030. Dans le monde, il y a désormais un consensus: les cotisations seules ne suffisent pas à couvrir les besoins. Surtout que la santé devient de plus en plus chère, avec l'évolution technologique et les produits innovants et onéreux.
Le "reste à charge", c'est-à-dire la partie payée par l'assuré, est de 35%. Elle est de 15% à 25% ailleurs. Le panier n'est pas assez complet pour faire face aux besoins des malades, il faut donc l'élargir et également réviser le tarif national de référence, pour le rapprocher et l'aligner sur la pratique. Ces éléments permettent de faire baisser le "reste à charge".
Sur le plan du financement, la CNSS fait face à ces défis mais pas la CNOPS, gestionnaire pour le secteur public.
Les dépenses de santé au Maroc sont estimées à 60 milliards de DH, soit moins de 2.000 DH par habitant et par an, en dessous de tous les standards, même des pays de la région.
L'AMO mobilise 11 milliards de DH de recettes par an. Avec l'extension décidée, on atteindrait 14 à 15 milliards de DH. On sera donc loin des besoins et ces cotisations collectées ne pourront pas couvrir les prestations du secteur aux citoyens. "Nous devrons donc réfléchir solidarité entre les régions, solidarité entre les régimes, ainsi qu'à de nouveaux modes de financement, explique Naoufal El Malhouf.
Des interventions souligneront la "faiblesse" de la contribution des fonctionnaires. La contribution est en effet de 6,75% pour un salarié du privé et elle est plafonnée pour un assuré de l'administration.
LIRE EGALEMENT SUR LE MEME SUJET
AMO : Les cliniques privées exigent la révision des tarifs de référence
AMO: Les tarifs des consultations, réanimation et cardiologie bientôt révisés
AMO : Voici les nouvelles bases de remboursement chez la CNSS
À découvrir
à lire aussi
Article : Coupe du monde 2026. Les éclairages de Mohamed Ouahbi
Un brin fataliste puis agacé par la tournure que prenait la conférence de presse organisée ce mardi 14 juillet au Complexe Mohammed VI de Salé, Mohamed Ouahbi a tenté d’apporter sa version des faits à des questions auxquelles il n’avait pas toujours les réponses. Mais le sélectionneur a tout de même affiché une foi inébranlable en l’avenir après l’élimination en quart du Mondial 2026.
Article : Pour responsabiliser les livreurs, Glovo va numéroter ses sacs
Dès le second semestre 2026, 10.000 équipements dotés d’un identifiant visible seront progressivement déployés au Maroc.
Article : Al Haouz : un avion militaire léger s'écrase après une panne moteur, le pilote indemne
L'ancien pilote de Mirage F1, qui était aux commandes de l’appareil, a été contraint de tenter un atterrissage d’urgence dans un douar proche de Marrakech.
Article : Après les crues de 2026, un barrage à 1,145 milliard de DH pour protéger Ksar El Kébir
Implanté sur l’oued Loukkos, en amont d’Oued El Makhazine, le futur ouvrage pourra retenir jusqu’à 400 millions de m³ et devrait entrer en service à l’horizon 2030.
Article : La station de dessalement de Casablanca sera opérationnelle en février 2027, annonce Nizar Baraka
D’une capacité initiale de 200 millions de mètres cubes par an, portée ensuite à 300 Mm³, l’infrastructure doit renforcer la sécurité hydrique du Grand Casablanca.
Article : Reprise de la guerre au Moyen-Orient : quel impact pour le Maroc ?
Le répit aura été bref. Moins d’un mois après l’accord entre Washington et Téhéran, les frappes ont repris et le Brent a bondi de 77 à 87 dollars en vingt-quatre heures. Pour un pays qui importe près de 90% de ses besoins énergétiques, l’enjeu dépasse largement le prix à la pompe. Transport, industrie, inflation et budget de l’État pourraient rapidement subir le contrecoup d’un conflit qui menace aussi les routes maritimes.