L’enseignement à distance, un moindre mal compte tenu de la situation (Dr. Marhoum)
Le Dr Kamal Marhoum El Filali, chef de service des maladies infectieuses au CHU Ibn Rochd de Casablanca, estime que l’enseignement à distance doit être privilégié en cette période propagation inquiétante du virus à Casablanca. Les écoles n’accueillent pas que des enfants en bas âge et les plus grands sont susceptibles de ramener le virus au domicile et ainsi contaminer l’entourage.
Alors que les pédiatres et pédopsychiatres marocains ont recommandé, fin août dans un courrier adressé au ministre de l’Éducation nationale, l’enseignement présentiel, insistant sur le ''besoin de liens sociaux de l’enfant nécessaires à son épanouissement'', les autorités de Casablanca ont de leur côté annoncé, dimanche 6 septembre, la fermeture pendant 14 jours de tous les établissements scolaires en raison de la propagation inquiétante du coronavirus.
Par conséquent, plus question d’enseignement en présentiel pendant au moins deux semaines ; place désormais à l’enseignement à distance. Une mesure que soutient le Dr Kamal Marhoum El Filali, chef de service des maladies infectieuses au CHU Ibn Rochd de Casablanca, contacté par Médias24. Spontanément, il se rangerait bien du côté des pédiatres et pédopsychiatres, qui ont soutenu l’enseignement en présentiel pour maintenir l’équilibre psychologique des enfants, de surcroît après de longs mois passés loin de l’école, mais la situation actuelle ne le permet pas.
La réouverture des écoles contribuerait à la diffusion du virus
Pour ce professeur de médecine, l’enseignement en présentiel n’est donc pas la meilleure option au vu du contexte sanitaire. ''Cette option se heurte à la conjoncture actuelle et à la contrainte qu’elle engendre, en l’occurrence la propagation du virus'', souligne-t-il.
''Actuellement à Casablanca, le virus circule énormément ; nous ne pouvons pas ne pas tenir compte de ce facteur. La réouverture des écoles risquerait au contraire de favoriser davantage la circulation du virus et, in fine, la fermeture de certains établissements. Or sans traitement efficace à 100% et sans vaccin, la seule possibilité qu’il nous reste pour réduire, si ce n’est vaincre la diffusion du virus, c’est d’empêcher que les gens le transportent d’une personne à une autre, d’un lieu à l’autre'', soutient encore le Dr Kamal Marhoum El Filali.
L’enseignement à distance, ''même si ce n’est pas l’idéal'', reconnaît le docteur, doit pour l’heure être privilégié : ''Entre deux maux, il faut favoriser celui qui engendre le moins de dégâts.''
Les établissements scolaires n’accueillent pas que des petits
Les enfants ont pourtant une charge virale très peu élevée, ainsi que l’ont récemment rappelé trois spécialistes contactés par Médias24. "Les moins de 14 ans ne sont pas très transmetteurs, et les moins de 10 ans le sont encore moins : ils ont très, très peu de risques de contracter le virus. Dans la grande majorité des cas, il s’agit plus d’une contamination de l’adulte vers l’enfant, rarement l’inverse", selon le Dr Hassan Afilal, pédiatre et président de la Société marocaine de pédiatrie. En fait, l’équation est très simple : plus l’âge augmente, plus le risque de contracter le virus est important.
C’est justement ce qui inquiète le Dr Kamal Marhoum El Filali, rappelant que les établissements scolaires n’accueillent pas uniquement des enfants en bas âge. "Il y a aussi les collégiens, les lycéens… Plus on grandit, plus la charge virale se rapproche de celle des adultes. C’est le retour à la maison qui peut poser problème. Certains jeunes peuvent transmettre le virus à leurs parents ou grands-parents, de surcroît en période de circulation importante. La diffusion du virus est très rapide ; elle fait l’effet d’une tâche d’huile", s’inquiète le professeur de médecine. D’où, par conséquent, la suspension du présentiel en faveur de l’enseignement à distance.
Jusqu’à quand ? Impossible de ne pas poser la question tant les parents et élèves sont à bout de souffle et de nerfs, comme certains l’ont récemment raconté à Médias24. Mais impossible, également, d’avancer une date précise. "Si la situation épidémiologique s’arrange, on peut imaginer un retour en présentiel, sans quoi l’enseignement à distance devra être maintenu", conclut le Dr Kamal Marhoum El Filali.
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