Industrie-export: une nouvelle stratégie pour améliorer la compétitivité marocaine
Devant les parlementaires, Moulay Hafid Elalamy a apporté de nouvelles précisions sur la stratégie future de l'industrie à la fois pour maintenir les positions du Maroc au niveau de l'export et pour renforcer le tissu productif local.
Lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, tenue le lundi 6 juillet, plusieurs questions ont été adressées au ministre de l'industrie, du commerce et de l'économie verte et numérique, Moulay Hafid Elalamy sur les différents secteurs sous sa tutelle, notamment sur la stratégie de l'après-covid.
Avant d'exposer quelques lignes directrices sur lesquelles travaille le ministère, le ministre a présenté les chiffres à fin juin. Il en ressort que "l'industrie affichait à fin avril -30%, à fin juin 2020 en comparaison avec juin 2019, nous sommes à -20%. Au niveau du commerce, l'activité a enregistré une baisse de 20%. A fin juin, nous sommes à -15%. Donc, les impacts de la crise ont été importants et nous espérons que dans le futur proche, des opportunités nous permettraient rebondir", explique-t-il.
Ces opportunités sont le fruit d'un contexte international en mutation. "Lors de cette crise, tous les pays ont pris conscience qu'ils ont une relation commerciale particulière avec la Chine. Il s'est avéré que plusieurs produits dans le secteur sanitaire comme les masques médicaux, les respirateurs, entre autres produits sont importés de Chine. Plusieurs pays envisagent de diversifier leurs relations commerciales et ne plus avoir que la Chine comme partenaire, cela d'un côté. De l'autre côté, la compétitivité de la Chine est en train de baisser. Le SMIG chinois qui était de 100 dollars est arrivé aujourd'hui à 700 dollars et il va atteindre les 1.500 dollars", avance le ministre
"Cette pandémie a mis en évidence cet enjeu et d'autres également. Plusieurs pays de l'Europe ont pris la décision de mettre en place une nouvelle taxe sur les produits importés, la taxe carbone. Elle est appliquée à tous les produits manufacturés avec une énergie autre que l'énergie renouvelable", poursuit-il.
"Dieu merci, nous avons au Maroc de l'énergie renouvelable. Nous travaillons sur un projet important. L'industrie marocaine consommera à l'avenir l'énergie renouvelable pour améliorer notre compétitivité".
"En parlant de compétitivité, je vous donne l'exemple du secteur automobile. Aujourd'hui, il y a deux pays seulement qui ont une meilleure compétitivité que le Maroc. Ce sont la Chine et l'Inde. C'est-à-dire que nous sommes passés devant l'Europe de l'est, la Turquie et d'autres pays. Il nous reste ces deux importants pays. Nous avons une stratégie sur les deux années à venir pour permettre à la compétitivité du Maroc d'être au même niveau que celle de l'Inde et en utilisant l'énergie renouvelable, la taxe carbone ne sera pas appliquée sur le produit marocain", promet-il.
"Nous importons 43 MMDH de produits qui peuvent être fabriqués au Maroc pendant les prochaines années. Pour près de 22 MMDH, nous avons des business plan prêts et nous savons précisément ce qu'il faut faire pour ne plus les importer. Nous travaillerons sur cela dans les prochaines semaines et nous allons lancer le projet et l'adresser aux jeunes marocains et aux investisseurs", conclut le ministre.
Lire aussi: Les contours de la nouvelle stratégie industrielle du Maroc
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