Covid. Ce qu'il faut savoir sur le vaccin AstraZeneca que le Maroc utilisera

Procédé de fabrication, efficacité, effets indésirables... Ce que l'on sait sur le vaccin développé par l'Université d'Oxford et AstraZeneca, deuxième laboratoire partenaire du Maroc après Sinopharm. 

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Covid. Ce qu'il faut savoir sur le vaccin AstraZeneca que le Maroc utilisera

Le 10 décembre 2020 à 16:06

Modifié le 11 décembre 2020 à 14:42

Afin d'assurer une quantité de vaccin anti-Covid suffisante pour la population marocaine, le Maroc a pour l'heure signé deux partenariats. L'un avec Sinopharm et l'autre avec la société "R-Pharm" sous licence du laboratoire suédo-britannique "AstraZeneca".

Le partenariat entre le Maroc et le laboratoire chinois permet au Royaume d'acquérir 10 millions de doses avant 2020. Tandis que celui avec AstraZeneca prévoit la fourniture de 17 millions de doses avec, en option, 3 millions de doses supplémentaires.

A noter que dans un communiqué du 8 décembre, la société a déclaré "rapidement progresser dans la fabrication avec une capacité allant jusqu'à 3 milliards de doses de vaccins en 2021".

Selon nos informations, le vaccin d'AstraZeneca pourrait être reçu au Maroc plus tôt que prévu. Que sait-on sur ce vaccin dont la technique de fabrication diffère de celle utilisée par Sinopharm et dont l'efficacité annoncée est de 70% en moyenne ? 

Les résultats préliminaires de la phase 3 des essais cliniques du vaccin nommé ChAdOx1 nCoV-19 (AZD1222), développé par l'Université d'Oxford et AstraZeneca, ont été "évalués par des pairs et publiés ce mardi 8 décembre sur The Lancet", comme le précise le dernier communiqué du laboratoire. Il s'agit du premier vaccin anti-Covid à être validé par une revue scientifique.

La méthode du transporteur  

Le vaccin développé par AstraZeneca et celui de Sinopharm sont fabriqués selon deux procédés différents mais présentent le même avantage au niveau du stockage

En effet, tout comme le vaccin de Sinopharm et contrairement aux vaccins américains, développés par Pfizer/BioNTech et Moderna, le vaccin d'AstraZeneca "peut être conservé et distribué à une température comprise entre 2 et 8°C, ce qui le rend particulièrement adapté à la distribution", lit-on dans l'article de The Lancet. 

Quant à la technique de fabrication, le laboratoire suédo-britannique a publié le 20 juillet dernier, un communiqué de presse dans lequel il fait le point sur les résultats préliminaires des phases 1 et 2 des essais cliniques menés par l'Université d'Oxford. 

Dans le même document, AstraZeneca explique la méthode de fabrication du vaccin anti-Covid. Celle-ci consiste en l'utilisation d'un "vecteur viral de chimpanzé à réplication défectueuse basé sur une version affaiblie d'un virus du rhume commun (adénovirus) qui provoque des infections chez les chimpanzés et contient le matériel génétique de la protéine de pointe (ou protéine spike) du virus SARS-CoV-2. Après la vaccination, la protéine de surface spike est produite, amorçant le système immunitaire et l’incitant à attaquer le virus SARS-CoV-2 s’il infecte plus tard le sujet".

Contrairement à la technique de fabrication innovante (et donc inconnue) de Pfizer/BioNTech et Moderna, celle utilisée par l'Université d'Oxford et AstraZeneca n'est pas nouvelle. 

Récemment joint par Médias24, Dr Marhoum El Filali, chef de service des maladies infectieuses au CHU Ibn Rochd qui supervise les essais cliniques du vaccin du Chinois Sinopharm à Casablanca, a expliqué les différentes méthodes utilisées par les laboratoires dans la fabrication des vaccins anti-Covid. 

Selon Dr Marhoum El Filali, "le SARS CoV-2 a subi des mutations mais elles n'ont pas touché toutes les zones du virus. Une zone en particulier est restée la même chez tous les coronavirus, même ceux qui ont muté plusieurs fois. Cette zone est utilisée dans la fabrication du vaccin anti-Covid. Elle sera collée sur un adénovirus (complètement différent du coronavirus). Il va la transporter vers le système immunitaire de la personne vaccinée qui va élaborer des anticorps contre le coronavirus". 

Efficacité : une moyenne de 70%

Les résultats préliminaires des phases 1 et 2 ont confirmé, selon le communiqué du 20 juillet d'AstraZeneca, "qu’une seule dose du vaccin anti-Covid de l'Université d'Oxford entraînait une multiplication des anticorps par quatre contre la protéine de pointe (dite protéine spike) du virus chez 95% des participants un mois après l'injection. Chez tous les participants, une réponse des lymphocytes T a été induite, atteignant un pic au 14ème jour, et se maintenant deux mois après l'injection".

L'efficacité du vaccin ChAdOx1 nCoV-19 (AZD1222) est calculée sur la base d'une comparaison entre le nombre d'individus ayant attrapé le Covid-19 dans le groupe de volontaires vaccinés et celui du groupe placebo, 14 jours après la deuxième injection du vaccin.

Résultat : 131 cas symptomatiques de Covid-19 ont été enregistrés. Parmi eux, 30 font partie des 5.807 du groupe de volontaires qui a reçu le vaccin (soit 0,5%). Les 101 autres cas (1,7%) ont été enregistrés parmi les 5.829 membres du groupe témoin. C'est ainsi qu'un taux d'efficacité de 70,4% a été calculé. Mais il s'agit d'une moyenne

En effet, lors des essais cliniques, un groupe a reçu une demi-dose suivie d'une dose complète après un mois d'écart. Au sein de ce groupe, l'efficacité était de 90%. L'administration d'une demi-dose, au lieu d'une première dose complète, était due à une erreur que le laboratoire a reconnue par la suite. 

Dans le groupe ayant reçu deux doses complètes du vaccin avec un mois d'écart entre chaque injection, l'efficacité était de 62,1%

L'annonce de cette erreur a suscité beaucoup de critiques et poussé le laboratoire AstraZeneca à effectuer des études supplémentaires afin de vérifier les premiers résultats. 

En attendant davantage de données de la prochaine analyse primaire et du suivi ultérieur, la publication de la revue scientifique The Lancet conclut sur une note positive: "Nous avons montré pour la première fois qu'un vaccin à vecteur viral, ChAdOx1 nCoV-19, est efficace et pourrait contribuer au contrôle de la maladie dans cette pandémie".

Quid des effets indésirables ? 

Les résultats préliminaires des phases 1 et 2 des essais cliniques du vaccin d'AstraZeneca ont démontré qu'aucun effet indésirable grave n'a été signalé avec le vaccin anti-Covid. Des réactions bénignes ont été enregistrées, telles qu'une "douleur et une sensibilité temporaires au point d'injection, des céphalées légères à modérées, de la fatigue, des frissons, de la fièvre, des malaises et des douleurs musculaires". 

Dans la publication de The Lancet de ce 8 décembre, le laboratoire liste pas moins de 175 événements. Certains parmi le groupe placebo, d'autres parmi les volontaires ayant reçu le vaccin. Tandis que pour 3 cas, le groupe d'appartenance est inconnu.

La survenance de ces événements n'est pas forcément liée au vaccin. Par exemple, "trois cas de myélite transverse (syndrome neurologique rare causé par une inflammation de la moelle épinière, ndlr) ont été initialement rapportés comme des effets indésirables graves suspectés, dont deux dans le groupe ayant reçu le vaccin ChAdOx1 nCoV-19". Ce qui a conduit à une pause des essais cliniques, le temps d'effectuer "un examen attentif de chaque cas".

"Un examen clinique indépendant a indiqué qu'un cas dans le groupe expérimental et un autre dans le groupe témoin sont peu susceptibles d'être liés aux interventions de l'étude, mais une liaison est restée possible dans le troisième cas. Une surveillance attentive, y compris sur le plan neurologique, se poursuit. Toutes les données de sécurité seront fournies aux régulateurs pour examen", lit-on dans les résultats publiés sur The Lancet.

Covid. Ce qu'il faut savoir sur le vaccin AstraZeneca que le Maroc utilisera

Le 10 décembre 2020 à19:07

Modifié le 11 décembre 2020 à 14:42

Procédé de fabrication, efficacité, effets indésirables... Ce que l'on sait sur le vaccin développé par l'Université d'Oxford et AstraZeneca, deuxième laboratoire partenaire du Maroc après Sinopharm. 

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Afin d'assurer une quantité de vaccin anti-Covid suffisante pour la population marocaine, le Maroc a pour l'heure signé deux partenariats. L'un avec Sinopharm et l'autre avec la société "R-Pharm" sous licence du laboratoire suédo-britannique "AstraZeneca".

Le partenariat entre le Maroc et le laboratoire chinois permet au Royaume d'acquérir 10 millions de doses avant 2020. Tandis que celui avec AstraZeneca prévoit la fourniture de 17 millions de doses avec, en option, 3 millions de doses supplémentaires.

A noter que dans un communiqué du 8 décembre, la société a déclaré "rapidement progresser dans la fabrication avec une capacité allant jusqu'à 3 milliards de doses de vaccins en 2021".

Selon nos informations, le vaccin d'AstraZeneca pourrait être reçu au Maroc plus tôt que prévu. Que sait-on sur ce vaccin dont la technique de fabrication diffère de celle utilisée par Sinopharm et dont l'efficacité annoncée est de 70% en moyenne ? 

Les résultats préliminaires de la phase 3 des essais cliniques du vaccin nommé ChAdOx1 nCoV-19 (AZD1222), développé par l'Université d'Oxford et AstraZeneca, ont été "évalués par des pairs et publiés ce mardi 8 décembre sur The Lancet", comme le précise le dernier communiqué du laboratoire. Il s'agit du premier vaccin anti-Covid à être validé par une revue scientifique.

La méthode du transporteur  

Le vaccin développé par AstraZeneca et celui de Sinopharm sont fabriqués selon deux procédés différents mais présentent le même avantage au niveau du stockage

En effet, tout comme le vaccin de Sinopharm et contrairement aux vaccins américains, développés par Pfizer/BioNTech et Moderna, le vaccin d'AstraZeneca "peut être conservé et distribué à une température comprise entre 2 et 8°C, ce qui le rend particulièrement adapté à la distribution", lit-on dans l'article de The Lancet. 

Quant à la technique de fabrication, le laboratoire suédo-britannique a publié le 20 juillet dernier, un communiqué de presse dans lequel il fait le point sur les résultats préliminaires des phases 1 et 2 des essais cliniques menés par l'Université d'Oxford. 

Dans le même document, AstraZeneca explique la méthode de fabrication du vaccin anti-Covid. Celle-ci consiste en l'utilisation d'un "vecteur viral de chimpanzé à réplication défectueuse basé sur une version affaiblie d'un virus du rhume commun (adénovirus) qui provoque des infections chez les chimpanzés et contient le matériel génétique de la protéine de pointe (ou protéine spike) du virus SARS-CoV-2. Après la vaccination, la protéine de surface spike est produite, amorçant le système immunitaire et l’incitant à attaquer le virus SARS-CoV-2 s’il infecte plus tard le sujet".

Contrairement à la technique de fabrication innovante (et donc inconnue) de Pfizer/BioNTech et Moderna, celle utilisée par l'Université d'Oxford et AstraZeneca n'est pas nouvelle. 

Récemment joint par Médias24, Dr Marhoum El Filali, chef de service des maladies infectieuses au CHU Ibn Rochd qui supervise les essais cliniques du vaccin du Chinois Sinopharm à Casablanca, a expliqué les différentes méthodes utilisées par les laboratoires dans la fabrication des vaccins anti-Covid. 

Selon Dr Marhoum El Filali, "le SARS CoV-2 a subi des mutations mais elles n'ont pas touché toutes les zones du virus. Une zone en particulier est restée la même chez tous les coronavirus, même ceux qui ont muté plusieurs fois. Cette zone est utilisée dans la fabrication du vaccin anti-Covid. Elle sera collée sur un adénovirus (complètement différent du coronavirus). Il va la transporter vers le système immunitaire de la personne vaccinée qui va élaborer des anticorps contre le coronavirus". 

Efficacité : une moyenne de 70%

Les résultats préliminaires des phases 1 et 2 ont confirmé, selon le communiqué du 20 juillet d'AstraZeneca, "qu’une seule dose du vaccin anti-Covid de l'Université d'Oxford entraînait une multiplication des anticorps par quatre contre la protéine de pointe (dite protéine spike) du virus chez 95% des participants un mois après l'injection. Chez tous les participants, une réponse des lymphocytes T a été induite, atteignant un pic au 14ème jour, et se maintenant deux mois après l'injection".

L'efficacité du vaccin ChAdOx1 nCoV-19 (AZD1222) est calculée sur la base d'une comparaison entre le nombre d'individus ayant attrapé le Covid-19 dans le groupe de volontaires vaccinés et celui du groupe placebo, 14 jours après la deuxième injection du vaccin.

Résultat : 131 cas symptomatiques de Covid-19 ont été enregistrés. Parmi eux, 30 font partie des 5.807 du groupe de volontaires qui a reçu le vaccin (soit 0,5%). Les 101 autres cas (1,7%) ont été enregistrés parmi les 5.829 membres du groupe témoin. C'est ainsi qu'un taux d'efficacité de 70,4% a été calculé. Mais il s'agit d'une moyenne

En effet, lors des essais cliniques, un groupe a reçu une demi-dose suivie d'une dose complète après un mois d'écart. Au sein de ce groupe, l'efficacité était de 90%. L'administration d'une demi-dose, au lieu d'une première dose complète, était due à une erreur que le laboratoire a reconnue par la suite. 

Dans le groupe ayant reçu deux doses complètes du vaccin avec un mois d'écart entre chaque injection, l'efficacité était de 62,1%

L'annonce de cette erreur a suscité beaucoup de critiques et poussé le laboratoire AstraZeneca à effectuer des études supplémentaires afin de vérifier les premiers résultats. 

En attendant davantage de données de la prochaine analyse primaire et du suivi ultérieur, la publication de la revue scientifique The Lancet conclut sur une note positive: "Nous avons montré pour la première fois qu'un vaccin à vecteur viral, ChAdOx1 nCoV-19, est efficace et pourrait contribuer au contrôle de la maladie dans cette pandémie".

Quid des effets indésirables ? 

Les résultats préliminaires des phases 1 et 2 des essais cliniques du vaccin d'AstraZeneca ont démontré qu'aucun effet indésirable grave n'a été signalé avec le vaccin anti-Covid. Des réactions bénignes ont été enregistrées, telles qu'une "douleur et une sensibilité temporaires au point d'injection, des céphalées légères à modérées, de la fatigue, des frissons, de la fièvre, des malaises et des douleurs musculaires". 

Dans la publication de The Lancet de ce 8 décembre, le laboratoire liste pas moins de 175 événements. Certains parmi le groupe placebo, d'autres parmi les volontaires ayant reçu le vaccin. Tandis que pour 3 cas, le groupe d'appartenance est inconnu.

La survenance de ces événements n'est pas forcément liée au vaccin. Par exemple, "trois cas de myélite transverse (syndrome neurologique rare causé par une inflammation de la moelle épinière, ndlr) ont été initialement rapportés comme des effets indésirables graves suspectés, dont deux dans le groupe ayant reçu le vaccin ChAdOx1 nCoV-19". Ce qui a conduit à une pause des essais cliniques, le temps d'effectuer "un examen attentif de chaque cas".

"Un examen clinique indépendant a indiqué qu'un cas dans le groupe expérimental et un autre dans le groupe témoin sont peu susceptibles d'être liés aux interventions de l'étude, mais une liaison est restée possible dans le troisième cas. Une surveillance attentive, y compris sur le plan neurologique, se poursuit. Toutes les données de sécurité seront fournies aux régulateurs pour examen", lit-on dans les résultats publiés sur The Lancet.

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