La majorité des partis n’excluent plus un report des élections de 2021

La situation sanitaire actuelle a installé une conjoncture qui rend de plus en plus difficile une organisation sereine et dans les temps des scrutins prévus l’an prochain. En effet, en cas de poursuite de la pandémie jusqu’à 2021, les grands meetings resteront interdits et les Marocains, durement éprouvés par la crise économique, seront moins sensibles aux programmes des partis politiques. Si pour l’instant, ces derniers réclament tous le maintien du calendrier électoral, réuni en une seule journée, leurs dirigeants excluent de moins en moins un report si aucun vaccin n’est découvert rapidement.

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Covid 19 : La majorité des partis n’excluent plus un report des élections de 2021

Le 16 septembre 2020 à 19:21

Modifié le 16 septembre 2020 à 22:05

Si récemment encore, la constitutionnaliste Nadia Bernoussi nous déclarait qu’aucun élément constitutionnel ne s’opposait au maintien de la date des élections, l’aggravation de la situation sanitaire et surtout l'absence de visibilité pourraient bien changer la donne et plaider pour un report jusqu’à la fin de la crise.

En 2021, sont prévues les élections législatives, communales et régionales. La date butoir sera obligatoirement définie par le calendrier législatif. L'ouverture de la nouvelle législature doit avoir lieu le 8 octobre 2021. Les législatives devront donc être tenues au plus tard le 1er octobre pour laisser le temps au  dépouillement et à la proclamation des résultats. Quant aux communales-régionales, elles pourront avoir lieu le même jour ou à une date antérieure.

Cette contrainte du 1er octobre comme date butoir impose que la décision soit prise de préférence six mois au minimum auparavant, donc le 1er avril; car un scrutin nécessite une grosse organisation: choix des candidats, dépôt des candidatures, campagne électorale à organiser...

Le maintien du calendrier électoral n’est pas gravé dans le marbre

Méedias24 a sollicité plusieurs responsables partisans pour demander s'il était pertinent de reporter ou de maintenir les élections prévues en 2021

Contacté en premier, le secrétaire général du Mouvement populaire, Mohand Laenser, nous déclare que son parti réclame toujours le maintien des scrutins à moins que la situation sanitaire ne s’aggrave.

Sans meeting politique, pas de campagne électorale efficace

« Si la pandémie reste au niveau actuel, il sera très difficile d’assurer une campagne électorale dans de bonnes conditions mais à ce jour, nous avons encore deux ou trois mois avant de prendre une décision.

« En effet, qui dit élections dit forcément campagne électorale avec de nombreux contacts humains.

« Sachant cela, si l’obligation de la distanciation physique devait continuer, il ne sera pas possible d’organiser une campagne avec des meetings rassemblant des milliers de personnes", explique Laenser.

Confrontés à une crise économique sans précédent, les Marocains iront moins voter

À la question de savoir si la situation économique catastrophique n'allait pas désintéresser les électeurs des promesses électorales, le SG du MP confirme que la crise induite par la pandémie aura certainement des répercussions très négatives sur le taux de participation.

« Il est évident que nos arguments porteront moins sachant que les gens auront d'autres soucis en tête et seront moins enclins à nous faire confiance », s’inquiète le président du Conseil régional de Fès-Meknès qui propose de réunir les 3 scrutins en un seul jour pour limiter le taux d'abstention.

"En cas de maintien, les 3 scrutins seront organisés le même jour" 

En cas de maintien du processus électoral, Laenser révèle que son parti vient de demander au ministère de l'Intérieur d’étudier la faisabilité technique pour organiser le même jour les 3 scrutins.

« Les services en charge des élections sont en train d'étudier plusieurs formules pratiques comme par exemple essayer de multiplier le nombre d'urnes ou alors de créer un seul bulletin pour les 3 élections.

« Sachant que nos concitoyens ont souvent tendance à faire le pont, notre parti a réclamé au ministère d’éviter d’organiser le vote pendant les 3 derniers jours de la semaine pour maximiser la participation »

Le MP tranchera sur un éventuel report en janvier 2021

 « Ceci dit, d'ici la fin de l'année, on peut encore espérer un retournement de situation mais si en janvier prochain, la situation sanitaire reste la même, il sera très difficile de ne pas appeler à un report tout en respectant la Constitution », conclut le secrétaire général qui ajoute que le MP se prononcera définitivement pour un maintien ou un report au courant du mois de janvier prochain.

Le PJD est dans une dynamique de maintien des scrutins

À l'instar de son confrère de la coalition gouvernementale, le président du groupe parlementaire du PJD, Abdallah Bouanou, nous déclare que son parti se prépare à participer aux scrutins de 2021.

Interrogé sur un éventuel appel du PJD à reporter l'organisation des élections, en cas de poursuite et d'aggravation de la crise sanitaire en 2021, le député répond tout d'abord par la négative.

« Nous espérons tous qu'un vaccin sera disponible en octobre ou novembre afin que la distanciation physique ne soit plus qu'un souvenir et que l'on puisse donc organiser une campagne électorale normale.

« Comme nous sommes loin des échéances électorales, nous avons encore du temps et préférons donc d'abord nous mettre d'accord avec les autres partis sur l'agenda électoral.

"Une décision définitive de tous les acteurs politiques sera prise entre avril et juin"

«  En fait, ce n'est que quand nous aurons déterminé, tous ensemble, l'agenda électoral à savoir le jour des votes, que nous pourrons voir, en fonction de la situation sanitaire, si le maintien est possible.

« Cela ne nous empêche pas de suivre avec attention l'évolution de la crise et à un moment donné, s’il le faut, nous aviserons et prendrons peut-être une autre décision en avril ou en juin prochains.

« Sachant que les conséquences d’un report seront importantes, au niveau politique et constitutionnel, cette décision doit être prise par tous les acteurs politiques et pas seulement par le PJD.

"Régler les désaccords partisans avant de se prononcer sur le maintien ou le report"

« Selon moi, tout dépendra de l'avancée des discussions qui se déroulent actuellement avec le ministère de l'Intérieur et les autres partis. Ainsi, lors de la dernière réunion les partis politiques avec le MI, il y avait plus de points d'accord que de désaccords entre les participants.

« Les seuls sur lesquels nous n'avons pas encore trouvé de terrain d'entente devraient rapidement être réglés comme le seuil électoral, le type de scrutin, les listes nationales ou régionales, le nombre de sièges réservés à la jeunesse, la participation des MRE, le nombre de votants par circonscription …

« En fait, ce n’est qu’une fois que l'agenda des scrutins régional, communal, et législatif aura été fixé, que nous pourrons nous réunir à nouveau pour nous prononcer dans un sens ou dans un autre.

"Les discussions des partis avec le ministère de l'Intérieur finiront à la fin du mois de septembre"

« Nous devrions être fixés rapidement car d’une part, les négociations devraient s’achever à la fin du mois courant et d’autre part, le chef de la majorité s’implique personnellement pour hâter le processus.

« En effet, Ssi Elotmani va accueillir ce soir [mercredi 16 septembre NDLR] pour un dîner tous les dirigeants des grands partis politiques (majorité et opposition) pour essayer de résoudre les désaccords actuels relatifs au processus électoral et éventuellement se prononcer sur l'avenir des trois scrutins », conclut, optimiste, Bouanou pour qui les partis politiques sont condamnés à s'entendre rapidement avant de décider d’un report ou pas.

Un éventuel report serait une première depuis 30 ans

Pour sa part, le président du groupe parlementaire de l’USFP, Abdelhamid Fatihi, pense que si le maintien des élections est pour l’instant une question de principe, les choses peuvent changer.

« Depuis 1997, le Maroc a scrupuleusement respecté les dates électorales imposées par la Constitution mais si l'état d'urgence sanitaire impose des restrictions, nous n’aurons pas le choix.

« En effet, on a bien vu qu’une grande démocratie comme la France n'avait eu d'autre choix que d'ajourner le 2ème tour de ses élections municipales à cause de la forte contamination du 1er tour.

« Ainsi, si la crise sanitaire et notre situation socio-économique ne le permettent pas, une décision de report des scrutins devra certainement être prise unanimement par tous les acteurs politiques.

« En cas de maintien des élections, l'adhésion des citoyens sera très minime et certainement pire qu’aux dernières élections législatives avec un taux de participation qui n'avait pas dépassé les 38%.

"Les seuls programmes audibles seront ceux qui contiendront des mesures de sauvetage de l’économie du pays"

« Aujourd'hui, si on devait s'adresser aux électeurs dans cette situation de crise, l'axe principal de notre communication consistera à leur proposer des mesures d’urgence pour remédier à la crise actuelle.

« Pour être crédible dans une campagne électorale, les programmes de tous les partis devront se concentrer sur la sauvegarde des emplois et in fine sur le sauvetage de l'économie et de notre pays.

« C'est la seule chose susceptible d'intéresser les électeurs et les pousser à se déplacer pour voter », conclut Fatihi en ajoutant que l’USFP avait proposé de tenir un mercredi les 3 scrutins pour encourager les Marocains à aller voter massivement.

Impossibilité de mobiliser ses électeurs avec des meetings politiques interdits ?

Questionné à son tour, le vice-président de l’Alliance des économistes de l’Istiqlal, Adnane Benchekroun, a tout d’abord tenu à préciser qu’il s'exprimait à titre personnel et pas au nom de son parti qui, comme le reste des acteurs politiques, n’a pas appelé au report des échéances électorales.

Selon lui, en cas de poursuite de la pandémie, l’interdiction d'organiser des réunions électorales va désavantager la majorité des partis qui auront donc beaucoup de mal à convaincre les électeurs.

« Le canal digital, une solution de rechange boiteuse »

« Si Abdelilah Benkirane a prouvé qu'il pouvait réunir autour de sa seule personne des millions de personnes sur le net, je pense sincèrement qu'aucun autre homme politique n'est capable de rassembler et de galvaniser dans le même temps autant de gens sur un canal numérique.

« Selon moi, remplacer des grands meetings populaires par des meetings numériques est une solution par défaut qui ne donnera pas lieu à une grande mobilisation sur le terrain politique.

"En l’absence de recette magique, les programmes des partis ne seront pas crédibles"

A la question de savoir s'il était possible, en pareilles circonstances, de présenter un programme électoral qui soit audible et crédible, l'économiste répond clairement par la négative.

« Toute la difficulté sera d'essayer d'être crédible auprès de nos électeurs avec un programme qui se veut réalisable, mais au regard de l'incertitude dans laquelle nous évoluons et dans laquelle nous resterons certainement à la veille des élections, c'est un pari qui sera difficile voire impossible à tenir », conclut l’économiste en ajoutant que les partis ne seront ni crédibles ni audibles s’ils doivent s'accommoder à l'avance d'une campagne tronquée sans meeting direct et d'une participation faible.

Le PAM "n’envisage pas un instant le report des scrutins"

Invité à donner son avis sur le maintien ou le report des élections, après de nombreuses tentatives, le secrétaire général du PAM, Abdellatif Ouahbi, nous a déclaré d'un ton très irrité que son parti n’envisageait pas d'autre solution que de participer victorieusement aux scrutins de 2021 et qu'il n'avait pas l'habitude de répondre aux sollicitations des journalistes durant son déjeuner (à 15 heures).

Au final, les partis et le ministère de l’Intérieur devraient, en attendant de voir l’évolution de la pandémie, maintenir la tenue des 3 scrutins en les reportant au maximum au 1er octobre 2021 soit une semaine avant l’ouverture de la 11ème législature censée démarrer le 2ème vendredi d’octobre soit le 8 de ce mois.

La majorité des partis n’excluent plus un report des élections de 2021

Le 16 septembre 2020 à18:21

Modifié le 16 septembre 2020 à 22:05

La situation sanitaire actuelle a installé une conjoncture qui rend de plus en plus difficile une organisation sereine et dans les temps des scrutins prévus l’an prochain. En effet, en cas de poursuite de la pandémie jusqu’à 2021, les grands meetings resteront interdits et les Marocains, durement éprouvés par la crise économique, seront moins sensibles aux programmes des partis politiques. Si pour l’instant, ces derniers réclament tous le maintien du calendrier électoral, réuni en une seule journée, leurs dirigeants excluent de moins en moins un report si aucun vaccin n’est découvert rapidement.

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Si récemment encore, la constitutionnaliste Nadia Bernoussi nous déclarait qu’aucun élément constitutionnel ne s’opposait au maintien de la date des élections, l’aggravation de la situation sanitaire et surtout l'absence de visibilité pourraient bien changer la donne et plaider pour un report jusqu’à la fin de la crise.

En 2021, sont prévues les élections législatives, communales et régionales. La date butoir sera obligatoirement définie par le calendrier législatif. L'ouverture de la nouvelle législature doit avoir lieu le 8 octobre 2021. Les législatives devront donc être tenues au plus tard le 1er octobre pour laisser le temps au  dépouillement et à la proclamation des résultats. Quant aux communales-régionales, elles pourront avoir lieu le même jour ou à une date antérieure.

Cette contrainte du 1er octobre comme date butoir impose que la décision soit prise de préférence six mois au minimum auparavant, donc le 1er avril; car un scrutin nécessite une grosse organisation: choix des candidats, dépôt des candidatures, campagne électorale à organiser...

Le maintien du calendrier électoral n’est pas gravé dans le marbre

Méedias24 a sollicité plusieurs responsables partisans pour demander s'il était pertinent de reporter ou de maintenir les élections prévues en 2021

Contacté en premier, le secrétaire général du Mouvement populaire, Mohand Laenser, nous déclare que son parti réclame toujours le maintien des scrutins à moins que la situation sanitaire ne s’aggrave.

Sans meeting politique, pas de campagne électorale efficace

« Si la pandémie reste au niveau actuel, il sera très difficile d’assurer une campagne électorale dans de bonnes conditions mais à ce jour, nous avons encore deux ou trois mois avant de prendre une décision.

« En effet, qui dit élections dit forcément campagne électorale avec de nombreux contacts humains.

« Sachant cela, si l’obligation de la distanciation physique devait continuer, il ne sera pas possible d’organiser une campagne avec des meetings rassemblant des milliers de personnes", explique Laenser.

Confrontés à une crise économique sans précédent, les Marocains iront moins voter

À la question de savoir si la situation économique catastrophique n'allait pas désintéresser les électeurs des promesses électorales, le SG du MP confirme que la crise induite par la pandémie aura certainement des répercussions très négatives sur le taux de participation.

« Il est évident que nos arguments porteront moins sachant que les gens auront d'autres soucis en tête et seront moins enclins à nous faire confiance », s’inquiète le président du Conseil régional de Fès-Meknès qui propose de réunir les 3 scrutins en un seul jour pour limiter le taux d'abstention.

"En cas de maintien, les 3 scrutins seront organisés le même jour" 

En cas de maintien du processus électoral, Laenser révèle que son parti vient de demander au ministère de l'Intérieur d’étudier la faisabilité technique pour organiser le même jour les 3 scrutins.

« Les services en charge des élections sont en train d'étudier plusieurs formules pratiques comme par exemple essayer de multiplier le nombre d'urnes ou alors de créer un seul bulletin pour les 3 élections.

« Sachant que nos concitoyens ont souvent tendance à faire le pont, notre parti a réclamé au ministère d’éviter d’organiser le vote pendant les 3 derniers jours de la semaine pour maximiser la participation »

Le MP tranchera sur un éventuel report en janvier 2021

 « Ceci dit, d'ici la fin de l'année, on peut encore espérer un retournement de situation mais si en janvier prochain, la situation sanitaire reste la même, il sera très difficile de ne pas appeler à un report tout en respectant la Constitution », conclut le secrétaire général qui ajoute que le MP se prononcera définitivement pour un maintien ou un report au courant du mois de janvier prochain.

Le PJD est dans une dynamique de maintien des scrutins

À l'instar de son confrère de la coalition gouvernementale, le président du groupe parlementaire du PJD, Abdallah Bouanou, nous déclare que son parti se prépare à participer aux scrutins de 2021.

Interrogé sur un éventuel appel du PJD à reporter l'organisation des élections, en cas de poursuite et d'aggravation de la crise sanitaire en 2021, le député répond tout d'abord par la négative.

« Nous espérons tous qu'un vaccin sera disponible en octobre ou novembre afin que la distanciation physique ne soit plus qu'un souvenir et que l'on puisse donc organiser une campagne électorale normale.

« Comme nous sommes loin des échéances électorales, nous avons encore du temps et préférons donc d'abord nous mettre d'accord avec les autres partis sur l'agenda électoral.

"Une décision définitive de tous les acteurs politiques sera prise entre avril et juin"

«  En fait, ce n'est que quand nous aurons déterminé, tous ensemble, l'agenda électoral à savoir le jour des votes, que nous pourrons voir, en fonction de la situation sanitaire, si le maintien est possible.

« Cela ne nous empêche pas de suivre avec attention l'évolution de la crise et à un moment donné, s’il le faut, nous aviserons et prendrons peut-être une autre décision en avril ou en juin prochains.

« Sachant que les conséquences d’un report seront importantes, au niveau politique et constitutionnel, cette décision doit être prise par tous les acteurs politiques et pas seulement par le PJD.

"Régler les désaccords partisans avant de se prononcer sur le maintien ou le report"

« Selon moi, tout dépendra de l'avancée des discussions qui se déroulent actuellement avec le ministère de l'Intérieur et les autres partis. Ainsi, lors de la dernière réunion les partis politiques avec le MI, il y avait plus de points d'accord que de désaccords entre les participants.

« Les seuls sur lesquels nous n'avons pas encore trouvé de terrain d'entente devraient rapidement être réglés comme le seuil électoral, le type de scrutin, les listes nationales ou régionales, le nombre de sièges réservés à la jeunesse, la participation des MRE, le nombre de votants par circonscription …

« En fait, ce n’est qu’une fois que l'agenda des scrutins régional, communal, et législatif aura été fixé, que nous pourrons nous réunir à nouveau pour nous prononcer dans un sens ou dans un autre.

"Les discussions des partis avec le ministère de l'Intérieur finiront à la fin du mois de septembre"

« Nous devrions être fixés rapidement car d’une part, les négociations devraient s’achever à la fin du mois courant et d’autre part, le chef de la majorité s’implique personnellement pour hâter le processus.

« En effet, Ssi Elotmani va accueillir ce soir [mercredi 16 septembre NDLR] pour un dîner tous les dirigeants des grands partis politiques (majorité et opposition) pour essayer de résoudre les désaccords actuels relatifs au processus électoral et éventuellement se prononcer sur l'avenir des trois scrutins », conclut, optimiste, Bouanou pour qui les partis politiques sont condamnés à s'entendre rapidement avant de décider d’un report ou pas.

Un éventuel report serait une première depuis 30 ans

Pour sa part, le président du groupe parlementaire de l’USFP, Abdelhamid Fatihi, pense que si le maintien des élections est pour l’instant une question de principe, les choses peuvent changer.

« Depuis 1997, le Maroc a scrupuleusement respecté les dates électorales imposées par la Constitution mais si l'état d'urgence sanitaire impose des restrictions, nous n’aurons pas le choix.

« En effet, on a bien vu qu’une grande démocratie comme la France n'avait eu d'autre choix que d'ajourner le 2ème tour de ses élections municipales à cause de la forte contamination du 1er tour.

« Ainsi, si la crise sanitaire et notre situation socio-économique ne le permettent pas, une décision de report des scrutins devra certainement être prise unanimement par tous les acteurs politiques.

« En cas de maintien des élections, l'adhésion des citoyens sera très minime et certainement pire qu’aux dernières élections législatives avec un taux de participation qui n'avait pas dépassé les 38%.

"Les seuls programmes audibles seront ceux qui contiendront des mesures de sauvetage de l’économie du pays"

« Aujourd'hui, si on devait s'adresser aux électeurs dans cette situation de crise, l'axe principal de notre communication consistera à leur proposer des mesures d’urgence pour remédier à la crise actuelle.

« Pour être crédible dans une campagne électorale, les programmes de tous les partis devront se concentrer sur la sauvegarde des emplois et in fine sur le sauvetage de l'économie et de notre pays.

« C'est la seule chose susceptible d'intéresser les électeurs et les pousser à se déplacer pour voter », conclut Fatihi en ajoutant que l’USFP avait proposé de tenir un mercredi les 3 scrutins pour encourager les Marocains à aller voter massivement.

Impossibilité de mobiliser ses électeurs avec des meetings politiques interdits ?

Questionné à son tour, le vice-président de l’Alliance des économistes de l’Istiqlal, Adnane Benchekroun, a tout d’abord tenu à préciser qu’il s'exprimait à titre personnel et pas au nom de son parti qui, comme le reste des acteurs politiques, n’a pas appelé au report des échéances électorales.

Selon lui, en cas de poursuite de la pandémie, l’interdiction d'organiser des réunions électorales va désavantager la majorité des partis qui auront donc beaucoup de mal à convaincre les électeurs.

« Le canal digital, une solution de rechange boiteuse »

« Si Abdelilah Benkirane a prouvé qu'il pouvait réunir autour de sa seule personne des millions de personnes sur le net, je pense sincèrement qu'aucun autre homme politique n'est capable de rassembler et de galvaniser dans le même temps autant de gens sur un canal numérique.

« Selon moi, remplacer des grands meetings populaires par des meetings numériques est une solution par défaut qui ne donnera pas lieu à une grande mobilisation sur le terrain politique.

"En l’absence de recette magique, les programmes des partis ne seront pas crédibles"

A la question de savoir s'il était possible, en pareilles circonstances, de présenter un programme électoral qui soit audible et crédible, l'économiste répond clairement par la négative.

« Toute la difficulté sera d'essayer d'être crédible auprès de nos électeurs avec un programme qui se veut réalisable, mais au regard de l'incertitude dans laquelle nous évoluons et dans laquelle nous resterons certainement à la veille des élections, c'est un pari qui sera difficile voire impossible à tenir », conclut l’économiste en ajoutant que les partis ne seront ni crédibles ni audibles s’ils doivent s'accommoder à l'avance d'une campagne tronquée sans meeting direct et d'une participation faible.

Le PAM "n’envisage pas un instant le report des scrutins"

Invité à donner son avis sur le maintien ou le report des élections, après de nombreuses tentatives, le secrétaire général du PAM, Abdellatif Ouahbi, nous a déclaré d'un ton très irrité que son parti n’envisageait pas d'autre solution que de participer victorieusement aux scrutins de 2021 et qu'il n'avait pas l'habitude de répondre aux sollicitations des journalistes durant son déjeuner (à 15 heures).

Au final, les partis et le ministère de l’Intérieur devraient, en attendant de voir l’évolution de la pandémie, maintenir la tenue des 3 scrutins en les reportant au maximum au 1er octobre 2021 soit une semaine avant l’ouverture de la 11ème législature censée démarrer le 2ème vendredi d’octobre soit le 8 de ce mois.

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