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Coronavirus: la planète en état d'alerte maximal, rayon d'espoir en Chine (Photo AFP)

Coronavirus: la planète en état d'alerte maximal, rayon d'espoir en Chine

Le 19 mars 2020 à 11:15

Modifié le 19 mars 2020 à 12:38

De l'Europe à l'Australie, en passant par des pays longtemps sceptiques comme les Etats-Unis, la planète entière est désormais en état d'alerte maximal face au coronavirus, malgré un signe d'espoir venu de Chine où aucune contamination locale n'est plus enregistrée.

Pour faire face à cet "ennemi de l'humanité", comme l'a qualifié l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a déjà contaminé près de 210.000 personnes et en a tué plus de 8.700, menaçant de plonger le monde dans la récession, des centaines de milliards d'aide publique ont été annoncés, notamment en Europe et aux Etats-Unis. Les Bourses européennes ont semblé apprécier en reprenant quelques couleurs jeudi après une véritable descente aux enfers.

C'est l'Italie qui paie le plus lourd tribut sur le Vieux Continent en approchant le seuil des 3.000 morts, alors que le "pic" de l'épidémie ne semble pas encore atteint.

Une semaine après le début du confinement généralisé, la péninsule a enregistré mercredi 475 décès en 24 heures, le plus grave bilan quotidien dans un seul pays, dépassant même les données chinoises au plus fort de la maladie à Wuhan, son premier épicentre.

A ce rythme, l'Italie (2.978 morts au total) risque de dépasser dès jeudi la Chine (3.245 morts) comme pays ayant dénombré le plus de décès.

La Chine n'a en revanche rapporté jeudi aucune nouvelle contamination d'origine locale, une première depuis le début de l'épidémie apparue en décembre dans ce pays. Mais les autorités sanitaires ont fait état de 34 cas "importés" supplémentaires.

 Silence angoissant 

Le coronavirus a aussi fait un premier mort en Afrique subsaharienne, au Burkina Faso. L'Afrique doit "se réveiller" et se "préparer au pire", a prévenu le patron de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Un premier décès a aussi été annoncé en Russie.

De son côté, le Royaume-Uni, où le seuil des 100 morts a été franchi, a ordonné la fermeture des écoles à compter de vendredi 19 mars. Selon l'Unesco, plus de 850 millions de jeunes dans le monde, soit près de la moitié des élèves et étudiants, ont leur établissement scolaire fermé.

Pour tenter de limiter la propagation du virus, les restrictions à la liberté de circulation se multiplient. Australie et Nouvelle-Zélande ont encore durci leurs restrictions aux frontières.

Plus d'un demi-milliard de personnes dans le monde sont appelées par leurs autorités à rester confinées chez elles, selon un décompte réalisé par l'AFP.

"La seule chose qui m'angoisse, c'est le silence!", confiait à Rome Roberto Fichera, un fringant octogénaire à l'abondante chevelure blanche. "On n'entend pas un bruit, pas une voiture, les rues sont vides... Quand on sort marcher et qu'on entend des pas derrière soi, on a presque peur et on se retourne inquiet".

Les mesures de confinement en Italie seront "prolongées à leur échéance", initialement prévue le 3 avril, ont annoncé les autorités.

La France entame sa troisième journée de confinement, le centre de Paris, avec ses grands boulevards habituellement grouillants de vie, ayant désormais des allures de ville morte.

 Gérer son stress avec du cannabis 

Comme leurs voisins espagnols ou italiens ces derniers jours, des milliers de Français ont applaudi mercredi soir, souvent depuis le balcon de leur appartement, le personnel soignant, en première ligne contre la pandémie. Dans les rues de Paris, Lyon ou Marseille, la clameur s'est faite entendre à 19H00 puis de nouveau à 20H00.

En Allemagne, la chancelière Angela Merkel a appelé ses concitoyens à suivre les recommandations pour limiter ses déplacements, "indispensables pour sauver des vies".

Pour gérer leur stress, supporter une quarantaine ou faire des stocks par crainte d'une pénurie, Canadiens et touristes se ruent depuis plusieurs jours sur les magasins et les sites de vente de cannabis, une drogue douce légale depuis fin 2018 dans le pays.

"Il y en a qui paniquent, d'autres qui ne s'en font pas assez, puis moi j'ai décidé de venir gérer mon stress en fumant du cannabis", a expliqué à Montréal Michel Benoît.

Le monde économique est de plus en plus à l'arrêt. General Motors et Ford ont ainsi annoncé la suspension de leur production de voitures en Amérique du Nord. Les Etats-Unis ont par ailleurs mis un frein à l'immigration en suspendant les délivrances de visas depuis "la plupart des pays du monde", sauf urgence.

 Avenir de l'aviation menacé 

La pandémie menace jusqu'à 25 millions d'emplois à travers le monde, en l'absence de réponse coordonnée à l'échelle internationale, a averti l'Organisation internationale du Travail.

Pour le patron de Lufthansa, dont plus de 90% des avions sont désormais cloués au sol, "l'avenir de l'aviation" est menacé sans aides publiques si la crise dure.

La pandémie a fait plonger les Bourses à travers le monde, suscitant des initiatives inédites.

La Banque centrale européenne (BCE) a ainsi fait part du déblocage d'une enveloppe de 750 milliards d'euros destinés à des rachats de dette publique et privée.

Le président français, Emmanuel Macron, a salué ces mesures et appelé les Etats de l'UE à des "interventions budgétaires".

Le président américain Donald Trump, qui a longtemps semblé minimiser le risque, a promulgué un plan d'aide sociale de 100 milliards de dollars pour les travailleurs touchés par l'impact de l'épidémie, tandis que les négociations se poursuivaient pour un plan de relance autrement plus ambitieux. Il pourrait atteindre 1.300 milliards de dollars.

Les Bourses européennes ont bien réagi jeudi matin à ces annonces, Paris ouvrant en hausse de 2,11% et Francfort de 0,74%.

(Avec AFP)

(Photo AFP)

Coronavirus: la planète en état d'alerte maximal, rayon d'espoir en Chine

Le 19 mars 2020 à11:15

Modifié le 19 mars 2020 à 12:38

De l'Europe à l'Australie, en passant par des pays longtemps sceptiques comme les Etats-Unis, la planète entière est désormais en état d'alerte maximal face au coronavirus, malgré un signe d'espoir venu de Chine où aucune contamination locale n'est plus enregistrée.

Pour faire face à cet "ennemi de l'humanité", comme l'a qualifié l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a déjà contaminé près de 210.000 personnes et en a tué plus de 8.700, menaçant de plonger le monde dans la récession, des centaines de milliards d'aide publique ont été annoncés, notamment en Europe et aux Etats-Unis. Les Bourses européennes ont semblé apprécier en reprenant quelques couleurs jeudi après une véritable descente aux enfers.

C'est l'Italie qui paie le plus lourd tribut sur le Vieux Continent en approchant le seuil des 3.000 morts, alors que le "pic" de l'épidémie ne semble pas encore atteint.

Une semaine après le début du confinement généralisé, la péninsule a enregistré mercredi 475 décès en 24 heures, le plus grave bilan quotidien dans un seul pays, dépassant même les données chinoises au plus fort de la maladie à Wuhan, son premier épicentre.

A ce rythme, l'Italie (2.978 morts au total) risque de dépasser dès jeudi la Chine (3.245 morts) comme pays ayant dénombré le plus de décès.

La Chine n'a en revanche rapporté jeudi aucune nouvelle contamination d'origine locale, une première depuis le début de l'épidémie apparue en décembre dans ce pays. Mais les autorités sanitaires ont fait état de 34 cas "importés" supplémentaires.

 Silence angoissant 

Le coronavirus a aussi fait un premier mort en Afrique subsaharienne, au Burkina Faso. L'Afrique doit "se réveiller" et se "préparer au pire", a prévenu le patron de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Un premier décès a aussi été annoncé en Russie.

De son côté, le Royaume-Uni, où le seuil des 100 morts a été franchi, a ordonné la fermeture des écoles à compter de vendredi 19 mars. Selon l'Unesco, plus de 850 millions de jeunes dans le monde, soit près de la moitié des élèves et étudiants, ont leur établissement scolaire fermé.

Pour tenter de limiter la propagation du virus, les restrictions à la liberté de circulation se multiplient. Australie et Nouvelle-Zélande ont encore durci leurs restrictions aux frontières.

Plus d'un demi-milliard de personnes dans le monde sont appelées par leurs autorités à rester confinées chez elles, selon un décompte réalisé par l'AFP.

"La seule chose qui m'angoisse, c'est le silence!", confiait à Rome Roberto Fichera, un fringant octogénaire à l'abondante chevelure blanche. "On n'entend pas un bruit, pas une voiture, les rues sont vides... Quand on sort marcher et qu'on entend des pas derrière soi, on a presque peur et on se retourne inquiet".

Les mesures de confinement en Italie seront "prolongées à leur échéance", initialement prévue le 3 avril, ont annoncé les autorités.

La France entame sa troisième journée de confinement, le centre de Paris, avec ses grands boulevards habituellement grouillants de vie, ayant désormais des allures de ville morte.

 Gérer son stress avec du cannabis 

Comme leurs voisins espagnols ou italiens ces derniers jours, des milliers de Français ont applaudi mercredi soir, souvent depuis le balcon de leur appartement, le personnel soignant, en première ligne contre la pandémie. Dans les rues de Paris, Lyon ou Marseille, la clameur s'est faite entendre à 19H00 puis de nouveau à 20H00.

En Allemagne, la chancelière Angela Merkel a appelé ses concitoyens à suivre les recommandations pour limiter ses déplacements, "indispensables pour sauver des vies".

Pour gérer leur stress, supporter une quarantaine ou faire des stocks par crainte d'une pénurie, Canadiens et touristes se ruent depuis plusieurs jours sur les magasins et les sites de vente de cannabis, une drogue douce légale depuis fin 2018 dans le pays.

"Il y en a qui paniquent, d'autres qui ne s'en font pas assez, puis moi j'ai décidé de venir gérer mon stress en fumant du cannabis", a expliqué à Montréal Michel Benoît.

Le monde économique est de plus en plus à l'arrêt. General Motors et Ford ont ainsi annoncé la suspension de leur production de voitures en Amérique du Nord. Les Etats-Unis ont par ailleurs mis un frein à l'immigration en suspendant les délivrances de visas depuis "la plupart des pays du monde", sauf urgence.

 Avenir de l'aviation menacé 

La pandémie menace jusqu'à 25 millions d'emplois à travers le monde, en l'absence de réponse coordonnée à l'échelle internationale, a averti l'Organisation internationale du Travail.

Pour le patron de Lufthansa, dont plus de 90% des avions sont désormais cloués au sol, "l'avenir de l'aviation" est menacé sans aides publiques si la crise dure.

La pandémie a fait plonger les Bourses à travers le monde, suscitant des initiatives inédites.

La Banque centrale européenne (BCE) a ainsi fait part du déblocage d'une enveloppe de 750 milliards d'euros destinés à des rachats de dette publique et privée.

Le président français, Emmanuel Macron, a salué ces mesures et appelé les Etats de l'UE à des "interventions budgétaires".

Le président américain Donald Trump, qui a longtemps semblé minimiser le risque, a promulgué un plan d'aide sociale de 100 milliards de dollars pour les travailleurs touchés par l'impact de l'épidémie, tandis que les négociations se poursuivaient pour un plan de relance autrement plus ambitieux. Il pourrait atteindre 1.300 milliards de dollars.

Les Bourses européennes ont bien réagi jeudi matin à ces annonces, Paris ouvrant en hausse de 2,11% et Francfort de 0,74%.

(Avec AFP)

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