Le genre africain
Des progrès significatifs ont été accomplis en terre d’Afrique en vue de combler les écarts entre les sexes et réduire les inégalités d’accès aux services et aux opportunités. En 2008, il y avait 91 filles pour 100 garçons à l'école primaire, contre 85 filles en 1999.
Les femmes en Afrique subsaharienne ont un taux d'activité le plus élevé dans le monde (61%). En dépit de ces acquis, elles continuent à faire face à des faits sombres et vivent l’exclusion et la marginalisation sous différentes formes.
En matière d’éducation par exemple, les filles sont encore moins susceptibles que les garçons de bénéficier d'un enseignement secondaire.
Une femme africaine fait face à 1 chance sur 31 de mourir de complications dues à la grossesse ou à l'accouchement, comparée à une chance de 1 sur 4.300 dans le reste du monde.
En outre, les femmes et les filles ont souvent peu d'influence sur les ressources et les normes, limitant leur potentiel de gains dans le marché du travail. Les emplois, considérés comme appropriés pour les femmes, sont d’une faible valeur ajoutée et généralement sous-payés.
La voix des femmes passe sous silence lorsqu’il s’agit de violences domestiques ou dans le lieu de travail, les taux de ces violences atteignent des niveaux alarmants.
Des inégalités faiblement dénoncées
En outre, le manque d'accès aux droits légaux, aux services de santé sexuelle et reproductive, à la liberté de mouvement et à la représentation politique posent des contraintes supplémentaires pour les femmes. Les attitudes et les coutumes perpétuent nombre de ces inégalités entre les générations.
Le Rapport sur le développement dans le monde de 2012 de la Banque mondiale sur l'égalité entre les sexes et le développement soutient ces inégalités qui restent faiblement dénoncées.
Plusieurs rapports d’ailleurs notent que l'Afrique paie un prix très élevé en maintenant des politiques sexistes et discriminatoires, estimant que les pertes économiques totales dues à l'inégalité des genres sur le marché du travail en 2014 ont coûté à la région 105 milliards de dollars, soit 6% de son produit intérieur brut.
En somme, relativement peu de solutions efficaces et évolutives sont présentées à ces défis. Pour y remédier, les gouvernements doivent d’abord s’engager à incorporer le genre dans le travail opérationnel et analytique à travers diverses approches. Investir dans l'égalité entre les sexes et l'autonomisation des femmes n'est pas seulement une question de droits humains, mais c'est une bonne économie et en même temps un impératif de développement.
Les économistes de l’ONU soulignent que le Rwanda est l'un des rares pays africains à avoir augmenté le niveau de son indice de développement humain, c'est-à-dire son espérance de vie, son éducation et son revenu par habitant.
Evidemment, certaines choses commencent à changer pour le meilleur en Afrique, dans certains pays plus que d’autres. Les droits reproductifs deviennent acceptables dans les pays du Niger et du Burkina Faso où la planification familiale était, autrefois, taboue. Le Maroc quant à lui s’est vu attribuer la mention honorable du prix Confucius-Unesco en 2012 pour son programme d’alphabétisation qui associe l’alphabétisation à l’intégration socio-économique des femmes.
Des réformes juridiques s'imposent
La Gambie et le Zimbabwe par exemple ont interdit le mariage des jeunes filles. Les mutilations génitales sont proclamées interdites par le protocole de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, relatif aux droits des femmes en Afrique et adopté en 2003 par l’Assemblée du second sommet de l’Union africaine à Maputo, au Mozambique.
Au Maroc, la Constitution de 2011 fut un tournant décisif pour l’ancrage des droits humains et de l'égalité entre les citoyens, à travers notamment la lutte contre toutes les formes de discrimination, y compris celles basées sur le sexe. Ainsi, plusieurs mécanismes ont été mis en place pour la promotion de l’égalité des sexes, comme la création du Réseau de concertation interministérielle, l’Observatoire de l’approche genre dans la fonction publique ou encore l'Observatoire national de violence à l’égard des femmes, qui intègre à la fois les départements gouvernementaux, la société civile ainsi que les centres universitaires de recherche.
En effet, et partout dans le continent Africain, les 20 dernières années ont vu l'émergence de législations contre la violence à l'égard des femmes, notamment la violence sexuelle, et de nombreux pays africains s'orientent vers une meilleure protection des femmes, notamment dans le domaine des droits et de l'égalité.
Cependant, ces approches restent nationales et locales, l’Union africaine, à travers ces nombreuses institutions, doit élaborer un plan stratégique pour l’égalité des sexes afin d’unifier les efforts et consolider les acquis. Cette stratégie distincte en faveur des droits des femmes visera à donner des opportunités égales aux Africains et aux Africaines en corrigeant les inégalités et en définissant clairement les indicateurs d’égalité entre les sexes à tous les domaines d’action et à tous les niveaux de gouvernance.
Les pays africains sont appelés à adopter des réformes juridiques, à donner aux femmes des opportunités et des chances plus équitables, à écouter leur voix dans la prise de décision, à promouvoir activement l’égalité et l’autonomisation des femmes et à leur garantir l’appropriation des biens et la gestion des ressources.
Les Africaines ont encore une longue marche à faire sur le chemin de l’égalité.
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