La transformation digitale, nouveau nerf de la guerre dans le secteur de l'énergie
Service public, citoyen, éco responsable, matière première épuisable, souvent importée à des prix non maîtrisés, technologies complexes, gestion opérationnelle complexe, impératifs de rentabilité, de continuité de service… Personnellement, je vois mal comment quelqu’un à la tête d’un opérateur énergétique pourrait fermer l’œil, ne serait-ce que pour une heure par jour! Mais est-ce que tout le monde est vraiment conscient de l’importance de ce secteur?
Bien entendu, tant que tout fonctionne, aucune réelle raison de se poser cette question… Au pire, pour le commun des mortels, on fera avec des bougies lors des courtes coupures…
Pourtant, on est bel et bien sur une problématique vitale: l’énergie nous entoure, nous alimente, nous transporte, nous éclaire, nous permet de gagner de l’argent, améliore notre confort, nous fait simplement vivre…
Pendant ce temps là, les opérateurs d’énergie sont confrontés à un dilemme:
- En tant que service public, les opérateurs d’énergie courent derrière la couverture, la qualité de service, la continuité du service…
- En tant qu’entreprises citoyennes, socialement responsables, éco responsables, ils courent derrière la recherche et développement, les énergies renouvelables, pour anticiper sur la finitude des ressources, le cours non maîtrisés des matières organiques… Toujours en tant qu’entreprises citoyennes, les opérateurs d’énergie se positionnent en partenaires de l’ensemble du tissu économique national, ils se doivent aussi de limiter le gaspillage, la déperdition… Par ailleurs, ces mêmes opérateurs se doivent d’être disciplinées, de respecter la réglementation en vigueur, les normes, la nature…
- Enfin, et même s’ils sont publics, les opérateurs d’énergie ne sont pas tenus de payer l’addition pour tout l’écosystème, ils doivent assurer leur rentabilité ou à minima, rentrer dans leur frais. Ils doivent donc aussi courir derrière les chiffres
Et les technologies dans tout ça?
Les technologies deviennent de plus en plus le nerf de la guerre dans ce secteur et sont à la fois moteurs des stratégies et moyens pour les développer.
En effet, en tant que moteurs, les nouvelles technologies amènent aujourd’hui les opérateurs à repenser leur modèle, proposent des alternatives aux énergies organiques… On oublie les contrats cadres d’achat de matière première, place à la surveillance en temps réel des cours du pétrole, aux ordres d’achat adressés au bon fournisseur, au bon moment… On oublie aussi les modes de facturation archaïques basés sur la relève manuelle, les factures estimatives et tout ce que cela engendre en termes de complexité de gestion: ajustements, contestations Clients… Place aux compteurs intelligents pour l’électricité par exemple…
En tant que moyens, les nouvelles technologies supportent de mieux en mieux les opérations, particulièrement la logistique, véritable casse-tête dans ce secteur ou encore l’exploitation du réseau.
Vous voudriez surveiller votre réseau? Vous assurer que les pertes techniques sont maîtrisées? Qu’il n’y ait pas de panne? Des outils puissants sont désormais à votre disposition pour y arriver, permettant la supervision en temps réel de votre réseau, l’analyse temps réel de millions d’informations, grâce à la Big Data pour prévenir les pannes…
Vous voudriez optimiser vos coûts de maintenance, améliorer l’efficacité des interventions de vos techniciens, les outils de mobilité sont désormais accessibles pour vous faciliter la tâche. Ainsi, une tablette peut presque s’apparenter à un expert dépêché sur le terrain, soufflant à l’oreille du technicien les procédures à suivre pour détecter la source et les causes des pannes, les réparer…
Bref, la révolution digitale est bel et bien en marche dans le secteur énergétique, mais est-ce que les différents acteurs l’ont bien compris? Est-ce qu’ils ont vraiment adopté les bonnes approches pour réussir une mutation en conséquence?
La transformation digitale n’est pas qu’une affaire de technologie
Personnellement, j’ai remarqué que la plupart des opérateurs énergétiques, tout comme beaucoup d’acteurs d’autres secteurs d’ailleurs, ont inscrit une ligne, voire plusieurs, s’appelant "transformation digitale" dans leur plan.
Jusque là, tout va bien. Après, sur le terrain, ces acteurs s’aperçoivent de plusieurs difficultés, principalement:
- Certains croient que c’est une affaire de direction informatique. Pas du tout, ce ne sera jamais un informaticien qui dira que la télé-relève remplace désormais la relève manuelle, qu’il faudra repenser les process métier, réorienter les agents terrain…
- On s’aperçoit que tout le monde a des idées, souvent très bonnes, mais qu’on a du mal à consolider, à structurer…
· Bien que le rêve soit permis, voire à encourager absolument, à un moment, il faut redescendre sur terre et mener des actions réalistes dans notre contexte, se concentrer sur ces actions et opérer les changements petit à petit
-Il ne faut pas oublier qu’on traite avec des humains, habitués à faire autrement, parfois depuis très longtemps et qui se posent cette question: "on risque d’être dépassés, quel est notre avenir?"
Il faut donc savoir combiner approche collaborative au moment de la collecte d’idées et leadership, au moment de la décision, rêve et pragmatisme… Mais d’autres l’ont fait? Pourquoi pas nous, après tout…
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