Découvrir l'univers pour une éventuelle vie ailleurs
Nous avons toujours vécu sur une planète en évolution, mais nombre des variations notées dans les états climatiques et écologiques adviennent exceptionnellement vite, et sont liées à notre comportement. Notre quête de vie ailleurs dans l’univers offrirait une nouvelle perspective.
NEW YORK – Notre civilisation technologiquement avancée – regorgeant d’outils remarquables et de notables maux de têtes – doit tout à notre histoire cosmique et planétaire. Prenons par exemple le pétrole, le gaz et le charbon. Ces substances sont composées d’un ensemble chimique complexe de carbone produit par la biologie et la géophysique opérant au cœur d’un rythme profond de variations et d’évolutions dont l’origine remonte à un âge vraiment très lointain. Les minéraux et les éléments de terre rare que nous exploitons pour fabriquer nos dispositifs ingénieux – prolongements de nos corps et de nos esprits – font aussi partie de ce rythme, et ne sont accessibles que grâce à un enchaînement de circonstances, dont les origines planétaires, les plaques tectoniques et les impacts d’astéroïdes.
Notre trajectoire en tant qu’espèce est intrinsèquement liée à ce système bio-géo-chimique de plus de quatre milliards d’années qui a profondément manié et remanié l’environnement planétaire, depuis les bactéries jusqu’aux urbanistes, en passant par l’oxygène atmosphérique et les moulins à papier. En supplément de nos propres gènes, chacun porte en soi les gènes de mille milliards de passagers microbiens. Ces minuscules organismes secrètent des codes pour des processus métaboliques qui ont été préservés au fil des siècles – ces mêmes processus qui ont façonnés le monde. C’est une base plausible pour une présence de vie n’importe où, même si les détails biochimiques diffèrent.
Y a-t-il une vie ailleurs ?
Nos petites affaires quotidiennes ignorent généralement ce contexte existentiel. Notre combat pour façonner notre avenir, pour éviter les désastres humanitaires provoqués par la guerre, la maladie, ou la famine, laisse peu de place pour philosopher sur notre place sur cette miette de poussière cosmique. Mais de nombreux chercheurs, dont je fais partie, ont le sentiment que l’univers pourrait être sur le point de se retourner et de nous donner une claque métaphorique en plein visage.
Depuis quelques décennies, l’entreprise scientifique moderne connue sous le nom d’astrobiologie cherche à déterminer si oui ou non, tout cela – la vie, la mort, et l’évolution – a aussi eu lieu ailleurs dans le cosmos. Les hommes se posent depuis des lustres cette question, mais manquent de preuves – de données brutes.
Les astronomes ont aujourd’hui découvert une abondance remarquable de planètes en orbite autour d’autres étoiles. Les chiffres nous indiquent que 15 à 20% des étoiles de même nature que le soleil possèdent des mondes de taille comparable à celle de la Terre, avec des parents stellaires en orbite à des distances qui laissent supposer que leurs surfaces pourraient être tempérées. Nous sommes loin d’avoir découvert un tel monde, mais statistiquement, il devrait se trouver à environ quinze années lumière de nous – un jet de pierre en termes cosmiques. Il y a de fortes chances pour que nous le trouvions, lui et ses frères, dans la décennie à venir, et recherchons des signes d’une biosphère extraterrestre dans les compositions atmosphériques ou les climats de ces mondes.
Dans le système solaire, le rover Curiosity de la Nasa a découvert ce qui pourrait s’avérer être du carbone organique dans la boue fossilisée du fond d’un ancien lac martien. On a constaté qu’Europa, la lune glacée de Jupiter, rejetait dans l’espace de l’eau provenant d’un océan caché qui pourrait contenir deux fois le volume de tous les océans de la Terre. Le hasard pourrait nous ouvrir les portes d’un domaine abyssal susceptible d’être porteur de vie. Il nous faut juste aller sentir d’un peu plus près ces embruns salés.
Réchauffement climatique : il faut se préparer au pire
Mais il est tout aussi intéressant de ne rien trouver dans ces endroits, parce ces nouvelles données ont un pouvoir prédictif, réduisant le territoire de planètes, ou de lunes, susceptibles de porter la vie. La Nature contient les données expérimentales essentielles dont nous avons besoin pour enfin pouvoir replacer la Terre dans son contexte, au cœur d’un zoo de mondes émergeants de l’âge de glace, de mondes se précipitant dans les enfers de l’effet de serre, de jeunes mondes, de vieux mondes, de mondes stériles, et peut-être aussi de mondes qui font équipe avec la vie. Et cela signifie que nous aurons de nouvelles données disponibles permettant d’orienter les décisions pour guider notre planète.
En d’autres termes, l’étendue cosmique peut nous aider à démêler les systèmes et les histoires terrestres complexes auxquels nous appartenons. Ce n’est pas un exercice frivole. Au contraire, ce pourrait être la clé pour dépasser notre ignorance scientifique. On pourrait supposer les conséquences générales du réchauffement climatique dans les vingt prochaines années, mais certains détails restent difficile à prédire, comme l’avenir lointain. Les réseaux biologiques changent, les équilibres chimiques changent, des espèces s’éteignent, des écosystèmes se défont et de nouveaux émergent. Une meilleure connaissance du contexte cosmique pourrait grandement nous aider à démêler tout cela.
Beaucoup de gens ont du mal à avaler le fait que du temps et de l’argent soient consacrés à de tels entreprises extra-terrestres. Mais si nous voulons maintenir notre espèce dans un avenir proche, nous devons prendre les bonnes grandes décisions. Il est temps d’envisager les choses avec une vision à long terme, parce que nous avons essayé avec le petit bout de la lorgnette, et cela n’a pas fonctionné.
© Project Syndicate 1995–2014
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