Carburants: hausse des prix, silence du gouvernement
Les prix des carburants ont enregistré une nouvelle hausse ce 1er mars. Le litre de gasoil frôle les 9,5 DH chez certaines stations-service à Casablanca. Les pétroliers et Lahcen Daoudi ne se sont plus réunis depuis le 19 février.
Les prix à la pompe ont une nouvelle fois augmenté ce 1er mars. A Casablanca, le litre de gasoil frôle les 9,5 DH dans certaines stations-service.
Sur la route d'El Jadida à Casablanca, ce vendredi 1er mars matin, la majorité des enseignes affichaient des prix qui tournent autour de 9,42 DH. Le moins cher, Winxo, vend le litre à 9,39 DH. Chez Afriquia et Petrom, le litre est à 9,41 DH, tandis qu’il est à 9,46 DH chez Total. Le prix le plus élevé a été constaté chez Shell : 9,47 DH.
Les prix du gasoil et de l’essence peuvent être plus élevés dans d’autres villes à cause du coût de transport.
Les hausses augmentent donc entre 30 et 40 centimes par rapport à la dernière quinzaine du mois de février, comme nous le confirme le ministre des Affaires générales Lahcen Daoudi. « C’est le désordre total, tant qu’il n’y a pas d’accord chacun fait ce qu’il veut. C’est vrai qu’il y a une augmentation des cours à l'international, mais vous allez trouver d’une station à l’autre des hausses différentes », nous explique-t-il.
Troisième hausse successive
C’est la troisième hausse qui s’opère après celles enregistrées durant le mois de février.
Depuis novembre 2018, la tendance était baissière jusqu'à la mi-janvier où le prix était passé sous la barre des 9 DH.
Cette tendance a pris fin début février. Lahcen Daoudi avait justement annoncé sur sa page Facebook que les prix allaient connaître une hausse de 0,3 DH en moyenne. Ce qui a rapproché les prix de la barre des 9 DH le 1er février, sans la dépasser.
Le 16 février, la hausse a été légère mais a placé le curseur des prix au dessus de la barre des 9 DH. Il faut dire que le contexte était tendu en cette période entre le ministère et le Conseil de la concurrence, faisant passer cette augmentation au second plan.
En effet, un jour plus tôt, le Conseil de la concurrence rendait public son avis sur la demande du gouvernement pour plafonner les marges des pétroliers.
L’avis, même s’il n’était pas favorable au plafonnement, a dressé un bilan négatif du secteur dans sa globalité et a clairement avancé que la libération a été mal préparée.
Une tension s’en est suivie entre le Conseil de la concurrence et Lahcen Daoudi. Ce dernier n’a pas manqué de convoquer les opérateurs pour un nouveau round de négociations.
Les prix à l'international ont augmenté
Les consommateurs restent toujours suspicieux. Ces hausses ont-elles pour seule origine la répercussion des augmentations des cours internationaux ou comportent-elles aussi une hausse de marge ?
S’il est difficile, voire impossible, de répondre à cette question, il est certain que la tendance à l’international est à la hausse.
Le pétrole Brent a pris plus de 22% depuis début janvier 2019. Le pétrole WTI (New York) a, quant à lui, augmenté de 23,72% sur cette même période.
Où en est le gouvernement dans ses négociations avec les opérateurs du secteur pour « un plafonnement concerté des marges », comme l’a appelé Lahcen Daoudi ?
« Nous attendons la réponse des opérateurs qui doivent prendre le temps de se concerter », nous répond le ministre des Affaires générales et de la Gouvernance.
Une réforme en profondeur est nécessaire
Mais en dehors des deux réunions qui ont eu lieu juste après l’avis du Conseil de la concurrence, aucune réunion n’est programmée pour l’heure.
Les négociations finiront-elles par aboutir sachant qu’elles durent depuis des mois ? Les opérateurs accepteront-ils de plafonner volontairement leurs marges, sachant que le Conseil de la concurrence estime que le plafonnement est une mesure illégale s'il est basé sur l’article 4 de la loi sur la liberté des prix et de la concurrence ?
Rien n’est sûr. Surtout que le bras de fer sur cette question du plafonnement fausse le débat.
Il est certain que le plafonnement des marges des opérateurs, qui ne peut être que négocié, pourra temporairement empêcher les excès comme ceux enregistrés durant l’année 2016 où les opérateurs répercutaient systématiquement les hausses des cours internationaux contrairement aux baisses, ce qui avait pour effet d’augmenter mécaniquement leurs marges.
Mais la question, aujourd'hui, dépasse ce seul aspect. Ce qui est également reproché dans ce cadre c’est le laisser-aller de l’Etat qui a libéralisé le secteur sans mettre en place les garde-fous pour protéger le citoyen.
Et c’est ce que le Conseil de la concurrence a eu le mérite de rappeler dans son dernier rapport en évoquant « une libéralisation mal préparée ».
Absence de Conseil de la concurrence au moment de la libéralisation; présence de fortes barrières à la concurrence sur le marché des carburants, aussi bien en amont qu’en aval ; marché non concurrentiel et hautement concentré avec une structure oligopolistique…
A tous ces maux, il convient d'apporter une vraie réforme qui mettrait à la fois les opérateurs et l’Etat chacun devant ses responsabilités.
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