Accord entre Daoudi et les pétroliers sur un “plafonnement concerté”
Lahcen Daoudi a rencontré les distributeurs de carburants le mardi 19 février. Le principe d'un plafonnement concerté des marges, en dehors de l'article 4 de la loi sur la concurrence, a été approuvé. Il reste à négocier le seuil à appliquer. Daoudi rencontrera ce mercredi 20 février les représentants des stations-service.
Le ministre chargé des affaires générales et de la gouvernance, Lahcen Daoudi, a tenu une réunion le mercredi 19 février avec les pétroliers pour discuter des marges appliquées dans le secteur à la suite de la publication, vendredi 15 février, de l'avis du Conseil de la concurrence sur le plafonnement.
Un avis défavorable à l'idée d'appliquer l'article 4 de la loi sur la liberté des prix et de la concurrence pour plafonner les marges des distributeurs.
Malgré les critiques lancées par Lahcen Daoudi contre le rapport du Conseil de la concurrence, il ne pouvait pas ignorer son avis. D'autant plus, selon des sources sûres, que le chef du gouvernement ne semblait pas acquis à l'application de ce plafonnement bien avant la publication de l'avis du conseil, en raison de la détente actuelle sur les prix à la pompe.
La réunion du mardi 19 février avec les pétroliers avait donc pour objectif de trouver un consensus qui éviterait à Lahcen Daoudi de passer par la loi tout en appliquant une sorte de plafonnement des marges.
>> Lire aussi : Carburants: Pourquoi le gouvernement n'applique pas le plafonnement
D'après le ministre joint par Médias24, la réunion a été fructueuse. "Nous allons vers une solution négociée", nous assure le ministre. "Au lieu d'appliquer un plafond de façon unilatérale, nous avons convenu d'aller vers un plafond concerté", ajoute le ministre.
Entendez, l'application de l'article 4 de la loi sur la liberté des prix et de la concurrence, c'est-à-dire "l'application d'un plafond de façon unilatérale", qui permet au gouvernement d'intervenir pour réguler les prix dans un secteur libéralisé selon des conditions prédéfinies n'est plus à l'ordre du jour.
Au lieu de cela, "le principe d'un plafond concerté est acquis", insiste notre interlocuteur. En d'autres termes, le gouvernement et les opérateurs du secteur négocieront un plafond que ces derniers s'engageront à respecter dans le cadre d'un gentlemen's agreement.
"Ils (les opérateurs) sont déjà d'accord sur l'idée. Les négociations sont actuellement en cours pour fixer le seuil de ce plafond", affirme le ministre.
Quelle marge maximale appliquer ?
Selon nos informations, les pétroliers sont sortis assez satisfaits de la réunion avec Daoudi, car ils ont évité le pire: une application de la structure des prix qui prévalait en 2015. En négociant, ils sont certains d'avoir plus que ce qu'ils avaient en 2015. Le consommateur, de son côté, sera protégé des excès dans la mesure où le plafond fixé lors de ces négociations ne devra théoriquement pas être dépassé par les opérateurs.
Toute la question est de savoir à quel niveau le curseur sera placé. Rappelons que le Groupement des Pétroliers du Maroc (GPM), association professionnelle représentant les distributeurs, a transmis au gouvernement en septembre dernier une lettre proposant une marge minimale de 1,10 DH le litre. "0,65 DH pour les distributeurs et 0,45 DH pour les détaillants".
Le GPM parlait bien d'une marge minimale car il voulait en plus appliquer une marge complémentaire variable selon l'évolution des cours internationaux:
- 1% du Platt's (Cours de référence du gasoil raffiné, NDLR) pour un prix Platt's supérieur à 700$/TM.
- 1,5% du Platt's pour un prix Platt's compris entre 500 et 700$/TM.
- 2% Platt's pour un prix Platt's inférieur à 500$/TM.
Cette proposition a été, selon nos sources, rejetée par Lahcen Daoudi.
Les représentants des gérants des stations-service ont également soumis leur proposition au gouvernement lors des précédents rounds de négociations. Ils réclamaient une marge de 70 cts/le litre hors TVA. Pour information, leur marge est passée d’une moyenne de 34 cts/litre avant la libéralisation à 55 cts après.
La négociation avec les gérants des stations-service reprendront ce mercredi 20 février. Un réunion est prévue dans la journée avec le ministre.
Ce qui est certain, c'est que Lahcen Daoudi est engagé dans des négociations marathoniennes pour clore ce dossier qui dure depuis des mois.
>>Lire aussi: Carburants: Voici la position officielle des pétroliers sur le plafonnement
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