Wall Street choisit de croire au printemps malgré les mauvaises nouvelles
Wall Street restait optimiste mercredi à la mi-journée, décidant de croire au retour des beaux jours en dépit d'indicateurs médiocres aux Etats-Unis, encouragée par le succès revendiqué par la Banque centrale européenne: le Dow Jones gagnait 0,32% et le Nasdaq 0,43%.
Vers 16H00 GMT, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average progressait de 57,92 points à 18.094,62 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, de 21,37 points à 4.998,66 points.
L'indice élargi S&P 500, très suivi par les investisseurs, montait de 0,45%, soit 9,45 points, à 2.105,29 points.
Pour Jack Ablin, chez BMO, "c'est probablement dû aux déclarations de la BCE", qui s'est félicitée mercredi de l'efficacité de ses premiers rachats massifs d'actifs, et a promis de les poursuivre en dépit des signes d'amélioration de l'économie en zone euro.
Après les annonces de la BCE, les Bourses de Paris et Londres ont fini la séance en hausse, et Francfort à l'équilibre.
Selon M. Ablin, le ralentissement de la croissance en Chine, qui a glissé à 7% sur un an au premier trimestre, est un motif d'inquiétude et semblait préparer une séance dans le rouge à New York avant l'ouverture. "C'est un vent contraire, mais l'optimisme pour le monde développé est en hausse", a-t-il souligné.
En outre les cours du pétrole brut étaient en nette hausse mercredi, bénéficiant de l'annonce d'une nouvelle petite baisse de la production américaine début avril. Toute hausse des cours bénéficie aux entreprises du secteur pétrolier, qui pèsent lourd dans les indices boursiers.
ExxonMobil prenait 1,73% à 88,13 dollars, Chevron 1,24% à 110,19 dollars, et Halliburton 3,25% à 47,70 dollars.
- Insensible aux mauvaises nouvelles -
Globalement, les mauvaises nouvelles ne manquaient pas. Mais "que les nouvelles soient bonnes ou mauvaises, tout est toujours considéré comme étant +pas mal, pas mal, pas mal+", s'étonnait Patrick O'Hare chez Briefing.com.
Il relevait notamment que l'activité manufacturière de la région de New York a connu une forte baisse en avril, chutant de 8 points pour s'établir en territoire négatif à -1,2 point. "C'est encore une statistique médiocre, qui cette fois couvre le deuxième trimestre et non le premier trimestre victime des intempéries - mais mai est censé être meilleur, n'est-ce pas?" ironisait-il.
La production industrielle a reculé de 0,6% en mars, "et pourtant cela semble ne pas avoir beaucoup d'importance parce que tout le monde attend un tournant en avril", ajoutait-il.
Du côté des entreprises, Intel (+4,41% à 32,88 dollars), un membre de l'indice Dow Jones, a rassuré mardi après la clôture avec un chiffre d'affaires stable au premier trimestre et qui devrait le rester sur l'ensemble de l'année. Mais M. O'Hare notait que la prévision de dépenses d'investissements avait été revue en baisse.
Bank of America (-0,95% à 15,67 dollars) est revenue aux bénéfices, mais a tout de même fait moins bien qu'attendu, et son chiffre d'affaires a reculé.
La compagnie aérienne Delta Air Lines (+3,39% à 44,54 dollars), qui bénéficie du pétrole bon marché mais souffre du dollar fort à l'international, a dépassé les attentes tant pour ses bénéfices que pour son chiffre d'affaires.
Le géant d'internet Google, accusé par la Commission européenne d'abus de position dominante mais "fermement en désaccord" avec cette procédure et impatient de défendre ses arguments, perdait 0,26% à 538,36 dollars. Les autorités européennes ont également ouvert une enquête distincte pour déterminer si Google n'enfreignait pas les règles européennes de concurrence avec son système d'exploitation pour téléphone portable Android.
Enfin les chemins de fer CSX, dont le réseau couvre tout l'est des Etats-Unis de Chicago à la Floride et à Boston, prenaient 0,21% à 33,28 dollars. Leurs bénéfices ont certes augmenté, et ils ont annoncé un programme de rachat d'actions, mais le chiffre d'affaires a stagné et ils ont réduit leur prévision de bénéfice annuel.
Le marché obligataire était en petite hausse. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans baissait à 1,882% contre 1,896% lundi soir, et celui des bons à 30 ans à 2,533% contre 2,541% précédemment.
NasdaqNyse