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Venezuela: Maduro persiste avec son projet polémique de Constituante

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Le 23 mai 2017 à 21h52

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a lancé mardi son processus d'Assemblée constituante "populaire", malgré les critiques de l'opposition qui y voit une manière de confisquer le pouvoir, dans un climat de vives protestations ayant fait 53 morts en près de deux mois.

Devant des milliers de sympathisants arborant t-shirts et casquettes rouges, le chef de l'Etat socialiste a signé le décret fixant les modalités d'élection des 540 membres de cette assemblée appelée à rédiger une nouvelle Constitution.

Pour l'opposition, c'est une manoeuvre pour éviter toute élection et façonner un texte fondateur "à son image".

En outre, la Constituante siégera dans l'hémicycle du Parlement, seul pouvoir public contrôlé par l'opposition depuis sa large victoire aux législatives de fin 2015. Ce qui revient de fait à déloger les actuels députés élus, dont le sort n'a pas été précisé.

Dans une déclaration, adoptée en fin d'après-midi, le parlement a dénoncé la convocation d'une assemblée constituante "frauduleuse".

"Ce n'est rien d'autre que la continuation du coup d'Etat contre la Constitution", avait réagi plus tôt Julio Borges, président du Parlement.

Les anti-Maduro, qui dénoncent les tentatives du président de s'arroger les pleins pouvoirs, multiplient depuis le 1er avril les manifestations: si ces rassemblements ont réuni presque chaque jour des milliers de personnes, ils ont aussi été émaillés de violences.

Le parquet a annoncé mardi la mort de deux jeunes manifestants dans l'Etat de Barinas (ouest), portant à 53 le nombre de décès en 53 jours de protestations, qui ont également fait un millier de blessés.

Pour le président socialiste, dont sept Vénézuéliens sur dix rejettent la gestion et pourtant élu jusqu'à fin 2018, la Constituante est l'unique chemin "vers la paix": "Cela suffit, le fascisme", a lancé M. Maduro, accusant ses adversaires de fomenter la violence.

Il a expliqué que 176 membres de cette assemblée seront désignés par des groupes sociaux (syndicats, retraités, étudiants...) - que l'opposition accuse d'être sous sa coupe -, les autres 364 membres devant être élus selon un découpage par circonscriptions municipales.

C'est "une élection sur-mesure, un processus conçu pour que le vote chaviste (du nom du défunt ex-président Hugo Chavez, 1999-2013, ndlr) vaille plus que celui de l'opposition", a réagi sur Twitter l’analyste Eugenio Martinez.

- Nouvelle manifestation mercredi -

Une fois le décret signé, le texte sera remis officiellement par les fidèles de Nicolas Maduro aux autorités électorales, elles aussi accusées par l'opposition de défendre les intérêts du gouvernement.

"Que ce soit le peuple qui le remette (...) Des élections, vite! Une Constituante démocratique, pas de haine, de fascisme, de bandes armées qui pillent et volent", a-t-il déclaré.

Cette mobilisation des pro-gouvernement intervient au lendemain d'une nouvelle journée de manifestation des antichavistes émaillée de pillages et d'incendies de bâtiments dans l'Etat de Barinas, où trois personnes ont été tuées par balle.

Le président Maduro et son camp accusent les dirigeants de l'opposition d'"actes de terrorisme" en vue de perpétrer un coup d'Etat.

Ils se disent aussi victimes de persécution internationale, alors que Washington, l'Union européenne ou encore l'ONU ont exprimé leur inquiétude face à la dégradation de la situation. Les chavistes "sont les Juifs du 21e siècle", se lamente M. Maduro.

De son côté, l'opposition, qui dénonce une "répression sauvage" des forces de l'ordre, ne compte pas s'arrêter.

"Mercredi nous retournons dans la rue. Est-ce que ça va continuer? Oui, ça va continuer au nom de ceux qui sont tombés (morts, ndlr) et pour les enfants qui meurent faute d'antibiotiques", a déclaré lundi le député antichaviste José Manuel Olivares.

Mais la violence, de plus en plus forte - samedi, un jeune de 21 ans a été arrosé d'essence puis grièvement brûlé lors d'une manifestation à Caracas - pourrait jouer en défaveur de l'opposition.

"La violence générée lors des manifestations de l'opposition est son principal ennemi: 78% des personnes interrogées confient ne pas participer par peur" de ces débordements, met en garde le politologue Nicmer Evans.

Le mécontentement populaire est nourri par la profonde crise économique: autrefois le plus riche pays de la région grâce à ses immenses réserves pétrolières, le Venezuela est désormais ruiné par l'effondrement des cours du brut qui se traduit par une grave pénurie d'aliments et de médicaments.

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Le 23 mai 2017 à 21h52

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