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Ukraine: pourparlers gaziers à Bruxelles sur fond de tensions dans l'Est

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Le 29 octobre 2014 à 12h52

Ukrainiens, Russes et Européens devaient tenter mercredi à Bruxelles de trouver un accord dans le conflit gazier qui menace d'affecter l'approvisionnement de l'Europe, sur fond d'une nouvelle escalade verbale autour du conflit dans l'est séparatiste prorusse de l'Ukraine.

Les pourparlers se déroulent au lendemain de déclarations de Moscou en faveur des élections séparatistes à venir dans l'est de l'Ukraine, fustigées par Washington. Kiev a pour sa part dénoncé des attaques contre ses soldats tandis qu'un responsable rebelle a annoncé qu'il se préparait "à la guerre".

Un ministre ukrainien s'est dit pessimiste quant à une issue positive pour les négociations à Bruxelles, qui visent à rétablir l'approvisionnement de l'Ukraine en gaz russe coupé depuis juin.

"J'ai l'impression que personne ne veut se mettre d'accord, en premier lieu les Russes", a-t-il assuré, cité par l'agence Interfax.

Si Kiev et Moscou se sont mis d'accord sur un prix provisoire, le règlement de la dette gazière ukrainienne reste pour l'heure en suspens. Pour relancer les livraisons, la Russie réclame 1,45 milliard de dollars d'arriérés et 1,6 milliard de dollars pour le paiement par anticipation des livraisons pour novembre et décembre. Moscou exclut toute livraison avant paiement.

La Commission européenne examine pour sa part la demande par Kiev d'un prêt additionnel de 2 milliards d'euros.

"Tant qu'un accord n'est pas signé, il y a un risque de perturbation pour les clients de l'Union européenne. La question pour Moscou est de savoir qui va payer les arriérés et les livraisons à venir", explique Chris Weafer du groupe Macro-Advisory pour la Russie et les ex-républiques soviétiques.

Environ 15% du gaz consommé par les Européens transite par l'Ukraine.

- 'Nous nous préparons à la guerre' -

Sur le terrain, la mairie de Donetsk a fait état mercredi d'un civil tué en 24 heures dans des bombardements de quartiers proches de l'aéroport, l'un des points chauds où les combats n'ont pas cessé depuis la mise en place du cessez-le-feu le 5 septembre.

Des porte-paroles militaire ukrainiens ont affirmé que les forces ukrainiennes avaient subi six attaques dans le secteur de l'aéroport et ont également essuyé des tirs au mortier près de Marioupol (sud), port stratégique au bord de la mer d'Azov, qui ont fait trois blessés.

Le "Premier ministre" de la république autoproclamée de Donetsk, Alexandre Zakhartchenko, a pour sa part accusé l'Ukraine de ne pas respecter ses engagements sur la création d'une zone tampon de 30 km, une déclaration qualifiée par Kiev de "provocation".

"Nous nous préparons à la guerre", a lancé sans ambages M. Zakhartchenko, cité par l'agence Interfax, en annonçant des pertes s'élevant à 384 hommes dans ses rangs depuis le début du conflit en avril, qui a fait selon l'ONU plus de 3.700 morts.

- Moscou 'viole ses engagements' -

La veille, les rebelles ont reçu un soutien politique de poids, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov annonçant que Moscou reconnaîtrait les élections organisées dimanche dans l'Est par les séparatistes, qui ont boycotté les législatives anticipées du 26 octobre organisées dans le reste de l'Ukraine et remportées par des formations pro-occidentales.

"Toute élection dans les régions de Donetsk et de Lougansk en violation des lois ukrainiennes ne serait pas reconnue par la communauté internationale et menacerait le processus de paix", a réagi mercredi le président ukrainien Petro Porochenko.

Moscou qui, selon Kiev et l'Otan, soutient militairement l'insurrection armée prorusse, n'avait pas formellement reconnu en mai les référendums d'indépendance organisés par les séparatistes, contrairement à celui qui avait permis deux mois plus tôt l'annexion de la Crimée par la Russie.

Le secrétaire d’État américain John Kerry a vivement condamné les déclarations de M. Lavrov. "Cela constituerait une violation claire des engagements pris par la Russie et les séparatistes lors des accords de Minsk", a-t-il déclaré.

"Les États-Unis et la communauté internationale ne reconnaîtront pas les élections des séparatistes à moins qu'elles ne s'inscrivent dans le cadre de la loi de statut spécial adoptée" par les autorités à Kiev, a averti le responsable américain.

L'Union européenne a de son côté décidé mardi de maintenir ses sanctions économiques contre la Russie. Ces dernières ont un impact sur son économie, au bord de la récession, notamment sur le rouble qui bat des records de faiblesse.

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Le 29 octobre 2014 à 12h52

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