Turquie: l'espoir se réduit encore pour 18 mineurs bloqués dans une mine
Les espoirs de retrouver vivants les dix-huit mineurs bloqués au fond d'une exploitation de charbon du sud de la Turquie étaient presque réduits à néant mercredi, vingt-quatre heures après l'accident qui a inondé la galerie dans laquelle ils travaillaient.
Le ministre de l'Energie Taner Yildiz a expliqué à la presse que les opérations de pompage de l'eau se poursuivaient mais que des plongeurs avaient été incapables d'entrer profondément dans le boyau inondé, faute de visibilité.
"Chaque minute qui passe est une mauvaise nouvelle pour nos ouvriers", a déclaré M. Yildiz aux journalistes qui se pressent sur le carreau de la mine d'Ermenek, à près de 500 km au sud de la capitale Ankara.
"Le temps joue contre nous", a répété le ministre, "chaque minute qui passe réduit un peu plus nos espoirs".
Cet accident intervient cinq mois à peine après la pire catastrophe minière de l'histoire de la Turquie, qui avait fait 301 morts le 13 mai à la suite d'une explosion et de l'effondrement d'un puits de charbon à Soma (ouest).
Le président Recep Tayyip Erdogan et son Premier ministre Ahmet Davutoglu, qui ont annulé une partie des festivités prévues mercredi pour l'anniversaire de la fondation de la République en 1923, étaient attendus dans l'après-midi sur les lieux de l'accident.
"Nos attentes et nos espoirs persistent. Nos amis et nos ministres continuent leur travail et leurs efforts", a déclaré M. Erdogan lors d'une cérémonie à Ankara.
Selon M. Yildiz, 34 mineurs se trouvaient au fond de la galerie au moment de l'accident, située à plus de 300 m de profondeur, mais seulement 16 d'entre eux ont parvenu à s'en échapper avant que l'eau ne l'envahisse.
Les autorités turques n'ont livré aucun détail sur les causes de l'accident mais plusieurs mineurs cités par les médias turcs ont mis en cause les conditions de sécurité qui régnaient dans la mine exploitée par l'entreprise privée Has Sekerler.
Après la catastrophe de Soma en mai dernier, l'enquête de la justice a également mis en cause de nombreux manquements aux conditions de sécurité, contraignant le gouvernement islamo-conservateur à adopter en urgence une loi les renforçant.
La Turquie figure au troisième rang mondial pour la mortalité au travail, selon l'Organisation internationale du travail (OIT).