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Total engage une cure drastique pour affronter la faiblesse du pétrole

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Le 12 février 2015 à 8h17

Total a annoncé jeudi une coupe drastique de ses coûts et investissements cette année après une forte baisse de ses résultats en 2014, pénalisés par la dégringolade des cours du pétrole et des dépréciations massives d'actifs.

Comme les autres majors du secteur, l'entreprise fait face à une conjoncture très dégradée, du fait de l'effondrement des cours de l'or noir. Ceux-ci ont dégringolé de plus de 50% depuis juin et évoluaient depuis plusieurs semaines autour de 50 dollars le baril en raison d'une offre surabondante et d'une demande peu vigoureuse.

Le géant pétrolier français a vu son résultat net chuter de 62% à 4,24 milliards de dollars pour un chiffre d'affaires en repli de 6% à 236,12 milliards.

Très suivi par le marché, le bénéfice net ajusté, qui exclut des éléments volatils comme l'effet stock, a lui reculé de 10% à 12,84 milliards de dollars.

Le groupe a déprécié pour 7,1 milliards de dollars d'actifs dans les sables bitumineux au Canada, le gaz de schiste aux Etats-Unis et le raffinage européen, qui fera prochainement l'objet d'une restructuration.

Pour faire face à cette situation, Total prévoit de réduire de plus de 10% ses investissements, qui devraient atteindre 23 à 24 milliards de dollars, en levant le pied sur des gisements matures de mer du Nord et en Afrique de l'Ouest, mais aussi des projets d'hydrocarbures de schiste aux Etats-Unis.

"Nous allons arrêter tous nos investissements sur le domaine du +shale gas+ américain", le niveau actuel du baril ne permettant pas de les rentabiliser, a déclaré lors d'une conférence de presse le directeur général Patrick Pouyanné, qui a pris les rênes du groupe après la mort accidentelle de l'emblématique PDG Christophe de Margerie en octobre dernier.

- Moins d'exploration et de raffinage -

Le budget d'exploration sera lui coupé de 30% à 1,9 milliard de dollars, tandis que les réductions de coûts sont amplifiées et portées à 1,2 milliard de dollars, contre 800 millions prévu précédemment.

Le programme de cession d'actifs, de 15 à 20 milliards de dollars sur la période 2012-2014, sera poursuivi et atteindra 10 milliards jusqu'en 2017.

Ces mesures doivent permettre à Total d'abaisser de 40 dollars le baril, à environ 70 dollars, son "point mort" (seuil de rentabilité) et de générer une trésorerie de 8 milliards de dollars cette année.

"Nous devons être rentables et durables, quel que soit le prix du baril", a expliqué M. Pouyanné.

Ces annonces, qui faisaient monter le titre de 0,84% à 47,35 euros vers 10H15 (09H15 GMT) à la Bourse de Paris, ne remettent pas en cause les objectifs de production du groupe: celle-ci devrait croître de plus de 8% cette année, un peu au-dessus de 2,3 millions de barils par jour (mbj), grâce au démarrage de grands projets et au renouvellement d'une énorme concession pétrolière à Abou Dhabi.

La production avait souffert l'an dernier, déclinant de 7% à 2,15 mbj, en raison justement de l'expiration de la licence précédente dans ce pays.

Le dividende est également préservé, et même augmenté de 2,5% au titre de 2014 par rapport à l'année précédente, à 2,44 euros par action. Il pourra être payé en numéraire ou en actions nouvelles.

Outre l'exploration-production, le raffinage est aussi dans la ligne de mire de Total.

Le groupe prépare un plan de restructuration du secteur, notamment en France, qui demeure en surcapacité chronique face à une consommation de carburants en baisse sur le Vieux Continent. Et ce, malgré un léger rebond de la marge de raffinage en 2014, à 18,7 dollars la tonne, contre 17,9 l'année précédente.

"Cette tendance lourde ne va pas s'inverser", a prévenu Patrick Pouyanné.

Première étape de cette restructuration, le groupe a annoncé la suppression d'environ 30% des 580 effectifs de sa raffinerie anglaise de Lindsey, dont la capacité de raffinage sera réduite de moitié, soit 5 millions de tonnes par an.

Au total, le spécialiste des hydrocarbures entend réduire ses effectifs de 2.000 personnes en 2015, essentiellement par le biais d'un gel des embauches dans l'exploration-production et le raffinage-pétrochimie.

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Le 12 février 2015 à 8h17

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