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Tati: la justice accorde un délai pour améliorer les offres de reprise

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Le 29 mai 2017 à 11h21

Le tribunal de commerce de Bobigny, qui devait examiner lundi les offres de reprise de Tati et de trois autres enseignes d'Eram, avec en jeu le sort de plus de 1.700 emplois, a renvoyé le dossier au 19 juin, à la demande du CE de Tati, pour que les repreneurs améliorent leurs offres.

"Renvoi au 19 juin ! ", a lancé au micro Céline Carlen, de la CGT commerce Paris, à plus d'une centaine de salariés qui manifestaient devant le tribunal pour réclamer le maintien de leurs emplois. L'information a été accueillie par des cris de joie et des applaudissements de la grande majorité d'entre eux.

"On remercie le juge de nous avoir écoutés", a réagi Nicole Coger (CGT Tati Barbès).

"Fondamentalement, c'est une décision sage, qui était souhaitée par un certain nombre de représentants des salariés. Ca devrait permettre une amélioration des offres", a réagi de son côté le PDG de transition d'Agora Distribution (filiale du groupe Eram et maison mère de Tati), Michel Rességuier, interrogé par l'AFP.

Agora Distribution, qui rassemble outre l'enseigne au vichy rose, Fabio Lucci, Gigastore et Degrif'Mania (140 magasins au total), a été placée en redressement judiciaire le 4 mai, plongeant les salariés dans l'inquiétude.

Trois repreneurs sont sur les rangs, dont deux principaux. Le premier est le groupe Philippe Ginestet (GPG), du fondateur des magasins de déco Gifi, qui propose de reprendre 1.300 emplois directs et de conserver la marque Tati.

S'y ajouterait la reprise des 250 salariés des magasins franchisés et affiliés du groupe, ainsi que des reclassements chez Gifi. Son projet prévoit la reprise de 120 magasins, dont 93 détenus en propre et 27 franchisés.

Le second est un consortium regroupant Foir'Fouille, Centrakor, Stokomani, Maxi Bazar et Dépôt Bingo qui propose la reprise de "95 magasins et 1.258 emplois, dont 69 salariés du siège", selon une source proche du dossier.

Enfin, l'enseigne Babou espère reprendre six magasins Tati en région parisienne.

Pour l'avocat du CE de Lilnat (société qui rassemble le plus grand nombre de salariés et de magasins Tati), Mounir Bourhaba, ce report, accordé "pour laisser le temps aux repreneurs de combiner leurs offres et de les améliorer", est "une première victoire".

- "Objectif zéro licenciement" -

"L'objectif c'est zéro licenciement" et "une amélioration du PSE", a-t-il dit, en qualifiant les mesures d'accompagnement de ce plan de sauvegarde de l'emploi de "squelettiques, indigentes, inacceptables".

Pour Karl Ghazi (CGT Commerce Paris), "une étape importante a été franchie" et ce "délai supplémentaire" vise à "contraindre les candidats à la reprise à ne pas licencier et, le cas échéant, abonder au PSE pour permettre des mesures de reclassements consistantes".

La CGT rappelle que ce sont 400 à 600 emplois qui sont menacés de suppression et que les mesures de reclassement se montent aujourd'hui à "1.500 euros par salarié".

"Nous continuons d'exiger que les repreneurs, qui mettent entre 8 et 11 millions d'euros pour une entreprise qui en vaut 130 millions, fassent les efforts nécessaires pour ne pas mettre des centaines de salarié-e-s sur le carreau", a-t-il ajouté.

Selon une source proche du dossier, les stocks de Tati "ont une valeur comptable de 100 millions d'euros" et "des fonds de commerce estimés par un expert à 30 millions d'euros".

En revanche, Tahar Benslimani (CFDT), élu au CE de Vetura, l'une des trois sociétés d'Agora Distribution, s'est dit "déçu". "Trois semaines" jusqu'à la prochaine audience, "c'est long pour les salariés psychologiquement" et "c'est long aussi pour la logistique".

"On espère qu'ils vont" en profiter pour "agréger l'offre du consortium à celle (du fondateur) de Gifi", qu'il juge plus favorable, et ainsi sauver le maximum d'emplois, a-t-il ajouté.

Le consortium "reste totalement déterminé (...) pour l'emporter" et "présenter l'offre la plus performante en matière de projet industriel et en matière d'emploi", a assuré à l'AFP un porte-parole, sans se prononcer sur une amélioration de l'offre.

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Le 29 mai 2017 à 11h21

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