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Nucléaire iranien: Washington et Téhéran font état de “progrès”

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Le 19 mars 2015 à 16h26

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif ont fait état jeudi de "progrès" dans leurs discussions sur le nucléaire iranien, même si un négociateur européen a prévenu qu'on était "loin" d'un accord politique.

Lausanne accueille depuis lundi un nouveau cycle de pourparlers entre le groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) et l'Iran pour espérer sceller un règlement dit "politique" sur le nucléaire avant le 31 mars, voire avant le Nouvel an iranien du 21 mars. Un tel document très général garantirait que l'Iran ne fabrique jamais la bombe atomique, en échange d'une levée des sanctions internationales.

"Nous discutons de certains sujets difficiles mais nous avons fait des progrès", a déclaré John Kerry de manière inopinée à quelques journalistes en sortant d'une réunion avec la délégation iranienne dans un palace de la ville suisse.

M. Kerry, qui ne s'était pas exprimé publiquement depuis dimanche, a ensuite répondu qu'il ne savait jusqu'à quand son équipe resterait à Lausanne.

M. Zarif, de son côté, qui souffle le chaud et le froid depuis quatre jours, a jugé que les parties "avançaient très bien mais qu'il reste beaucoup de travail à accomplir", selon l'agence officielle Irna.

Le 5+1 et l'Iran sont entrés "dans la dernière phase des négociations qui nécessite des discussions très intenses", qui sont "très compliquées", a estimé le ministre iranien. "A mon avis c'est un très bon signe, a-t-il souligné, cela veut dire que nous sommes en train d'arriver à quelque chose."

Ses négociateurs iraniens resteront "le temps qu'il faudra" à Lausanne pour parvenir à un accord "politique" sur le programme nucléaire controversé de la République islamique, a-t-il ajouté.

Le dossier du nucléaire iranien empoisonne la communauté internationale depuis plus de douze ans.

Après 18 mois de pourparlers intenses et un accord provisoire en novembre 2013 entre le 5+1 et Téhéran, les discussions de Lausanne sont totalement dominées par les entretiens Kerry-Zarif.

Les autres ministres du 5+1 sont absents et représentés par leurs directeurs politiques.

Européens et Américains sont, depuis le début de la semaine sceptiques, voire pessimistes, sur les chances de conclure cette semaine.

"L'idée qu'on ait un accord vendredi soir, je n'y crois pas du tout", a prévenu un haut négociateur européen. "Je pense qu'on est assez loin d'un accord. On n'y est pas du tout", a-t-il insisté auprès de quelques journalistes.

Il a ajouté que son pays "ne soutiendrait pas" un règlement politique si ce texte restait "en l'état" actuel des discussions.

Au contraire, la partie iranienne s'affiche optimiste, même si le ministre Zarif avait aussi minimisé mercredi les chances d'une percée avant le Nouvel an iranien samedi.

- "L'Iran avance, recule" -

"Les Iraniens reculent, avancent, ça change tous les jours", a ironisé le diplomate européen.

Le 5+1 et l'Iran ont repoussé par deux fois la date butoir pour un accord définitif. Washington a prévenu qu'il n'y aurait pas d'autre prolongation. En cas d'accord politique dans les prochains jours, les parties sont convenues de finaliser au 30 juin-1er juillet tous les détails techniques d'un accord complet.

"Nous sommes prêts à continuer de négocier. Notre date limite est le 30 juin", a insisté le négociateur européen.

L'accord politique fixerait les grands chapitres pour garantir le caractère pacifique des activités nucléaires iraniennes. Il établirait aussi le principe du contrôle des infrastructures de l'Iran, la durée de l'accord et le calendrier d'une levée progressive des sanctions.

Sur ce dernier point, Téhéran et le 5+1 s'affrontent.

L'Iran voudrait une levée en une seule fois de sanctions de l'ONU, des Etats-Unis et de l'UE, qui l'étouffent économiquement et l'isolent diplomatiquement.

Sur les sanctions dites "universelles" de l'ONU concernant la prolifération "c'est hors de question" de les lever immédiatement, a-t-on averti du côté européen.

Il y a aussi divergence sur la durée de l'accord - dix ou quinze ans - et sur la période dite de "breakout time" - une année - qui laisserait assez de temps au 5+1 pour réagir si l'Iran violait ses engagements. Autre point de discorde: la capacité d'enrichissement d'uranium qui serait permise à l'Iran et donc le nombre de centrifugeuses.

Le président Barack Obama a promis qu'il ferait tout, y compris militairement, pour empêcher l'Iran d'avoir la bombe. Mais depuis 2013, il mise sur la diplomatie et a fait d'un rapprochement avec la puissance chiite une priorité de sa politique étrangère.

Un scénario qui met en rage le Congrès américain, contrôlé par les républicains, et l'allié israélien. Mais la victoire électorale du Premier ministre Benjamin Netanyahu n'aura pas "d'impact" sur les négociations avec l'Iran, a assuré le département d'Etat.

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Le 19 mars 2015 à 16h26

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