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Nucléaire iranien: Kerry à la recherche d'un front uni à Paris

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Le 7 mars 2015 à 12h17

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry tente samedi d'obtenir de ses homologues européens un front uni dans les négociations avec Téhéran sur son programme nucléaire controversé, alors que la France vient de réclamer un accord plus solide que celui envisagé.

La réunion se tient dans l'après-midi au Quai d'Orsay avec les chefs de la diplomatie française Laurent Fabius, britannique Philip Hammond et allemand Frank-Walter Steinmeier. La chef de la diplomatie de l'Union européenne Federica Mogherini sera également présente.

Cette rencontre vient clôturer une semaine de négociations sur le programme nucléaire iranien à Montreux (Suisse), où M. Kerry a rencontré à plusieurs reprises son homologue iranien Mohammed Jawad Zarif. Les négociations doivent reprendre le 15 mars, probablement à Genève.

Elles sont censées aboutir à un règlement politique avant le 31 mars, alors que la finalisation des détails techniques est espérée d'ici le 1er juillet.

Lancé dans un marathon diplomatique pour tenter de respecter ce calendrier serré, John Kerry ne semble pas encore avoir convaincu tous ses partenaires européens.

Vendredi, Laurent Fabius a ainsi laissé poindre un certain scepticisme, jugeant la situation "encore insuffisante".

"Il y a des progrès à faire", a-t-il indiqué en faisant allusion au nombre de centrifugeuses iraniennes que Téhéran pourrait conserver, le "breakout time", c'est-à-dire le temps qu'il faudrait à l'Iran pour fabriquer une bombe et le contrôle qui serait exercé par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur les stocks de combustible nucléaire iraniens.

Peu avant, l'Italienne Federica Mogherini avait au contraire affiché son optimisme. "Je crois qu'un bon accord est à portée de main", a-t-elle affirmé à des parlementaires européens. "Il nous faut désormais courir le dernier kilomètre, qui est une distance faite plus de volonté politique que de négociations techniques", a-t-elle ajouté.

- Dissonnances franco-américaines -

Officiellement Paris assure qu'il "n’y a pas de divergence entre la France et les Etats-Unis" ni au sein du groupe international chargé de négocier avec Téhéran, "ni sur le rythme des négociations, ni sur leur contenu".

Des voix dissonnantes se font toutefois entendre de source proche des négociations.

Il y a "désaccord" entre la France et les Etats-Unis qui poussent parfois de manière précipitée pour un accord avec Téhéran et les Européens ne sont pas à la table des négociations entre Américains et Iraniens. In fine, il y aura une "décision politique" mais ce ne sera "pas un bon accord, moins que ce que veut la France", indique cette source sous couvert d'anonymat.

Le groupe 5+1 (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Allemagne) exige que l'Iran réduise ses capacités nucléaires afin d'empêcher Téhéran de rassembler suffisamment d'uranium enrichi pour pouvoir fabriquer un jour une bombe atomique.

L'Iran revendique de son côté son droit à une filière nucléaire civile complète et demande la levée totale des sanctions économiques occidentales.

Samedi, Ali Akbar Salehi, chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, a souligné que des progrès avaient été réalisés avec la partie américaine lors des dernières négociations en Suisse.

"Sur l'enrichissement et (le réacteur à eau lourde d')Arak, nous avons fait de très bons pas. Nous avons réussi à répondre à leurs inquiétudes (...) en faisant des propositions techniques tout en défendant nos intérêts nationaux et notre industrie nucléaire. Nous avons mis fin aux impasses techniques", a-t-il affirmé à la télévision iranienne, sans autre précision.

Dans leurs marges de manoeuvres, les grandes puissances doivent aussi composer avec l'inquiétude des monarchies sunnites du Golfe face aux conséquences d'un éventuel accord avec l'Iran chiite.

Qu'il y ait ou non un accord, les Etats-Unis demeureront "pleinement engagés" face aux "actes déstabilisateurs" de l'Iran, "y compris son soutien au terrorisme", a assuré récemment en Arabie saoudite M. Kerry.

L'Iran s'est impliqué dans la lutte contre le groupe Etat islamique en Syrie et en Irak, et est accusé de soutenir la milice chiite des Houthis au Yémen qui s'est récemment emparée du pouvoir dans la capitale Sanaa.

La question du nucléaire iranien oppose la communauté internationale et l'Iran depuis une douzaine d'années. Les négociations, relancées en novembre 2013, ont déjà été prolongées à deux reprises.

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Le 7 mars 2015 à 12h17

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