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Mongolie: une présidentielle sur fond de scandales

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Le 26 juin 2017 à 13h07

Près de trois décennies après avoir quitté l'orbite soviétique, les Mongols se choisissent lundi un président, une élection dont les trois candidats --un éleveur de chevaux, un judoka et un maître de feng shui-- sont mis en cause dans des scandales de corruption.

Depuis les steppes les plus éloignées jusqu'aux faubourgs de la capitale, les électeurs de ce vaste pays de trois millions d'habitants --dont une majorité d'éleveurs nomades-- ont convergé vers les urnes tout au long de la journée, souvent dans des yourtes faisant office de bureaux de vote.

Vêtus de deels (manteaux longs traditionnels), de chapeaux mous et de bottes de cuir, des éleveurs votaient ainsi dans une yourte dans la localité d'Erdene Sum, à 100 km à l'est de la capitale Oulan-Bator, a constaté l'AFP.

"Il faut que la justice s'impose dans tous les secteurs (économiques)", affirme à l'AFP l'un des votants, Dendev Boris, 63 ans, assurant n'avoir "pas trop porté attention" aux multiples accusations de corruption qui ont plombé la campagne.

La Mongolie, parfois qualifiée d'"oasis démocratique" entre la Chine et la Russie, reste enfoncée dans la pauvreté malgré la richesse de ses ressources minières.

Victime de la chute des cours du cuivre et de l'essoufflement économique de son grand voisin chinois, le pays a vu la croissance de son PIB s'effondrer à 1% l'an dernier contre 17% en 2011. Le chômage, principale préoccupation des électeurs, touche 9% de la population active.

Au pied du mur, Oulan-Bator a dû se résoudre à accepter début 2017 un prêt de 5,5 milliards de dollars (5,2 milliards d'euros) élaboré par le Fonds monétaire international (FMI).

- Arbre généalogique -

Mais des scandales en tous genres ont volé la vedette aux questions économiques. "Nous sommes obligés de choisir entre le moins pire des trois" candidats, s'est désolée Dugersurengiin Sukhjargalmaa, membre d'une association qui milite pour l'égalité des sexes.

Candidat du Parti du peuple mongol (PPM), majoritaire au Parlement, Mieygombo Enkhbold représente le mieux "l'establishment" en tant qu'ancien Premier ministre et maire d'Oulan-Bator.

Mais celui qui se présente comme un humble éleveur de chevaux a été accusé d'avoir tenté de monnayer des emplois publics contre l'équivalent de 20 millions d'euros, enregistrement accablant à l'appui.

Face à lui, Khaltmaa Battulga, magnat de l'immobilier et ex-président de la fédération de judo du pays, est le charismatique candidat du Parti démocrate (PD), auquel appartient le président sortant, Tsakhia Elbegdorj. Ce dernier ne se représente pas, après deux mandats de quatre ans.

Or, Khaltmaa Battulga a été accusé par ses adversaires de détenir des comptes à l'étranger, tandis que plusieurs de ses proches ont été arrêtés en avril pour corruption.

En guise de contre-attaque, il a passé une bonne partie de sa campagne à accuser son rival Enkhbold d'avoir des ancêtres chinois... poussant ce dernier à publier son arbre généalogique pour le démentir.

- Troisième homme -

Leur face à face pourrait être bousculé par le troisième homme, Sainkhuu Ganbaatar, issu du Parti révolutionnaire du peuple mongol (PRPM): son ascension attendue devrait forcer l'organisation d'un deuxième tour, pour la toute première fois.

"Ganbaatar est le seul qui parle des gens ordinaires. Pendant 27 ans, les deux grands partis ont alterné au pouvoir, mais ils n'ont rien fait", commente Zundui Gombojav, un sexagénaire handicapé au chômage.

Mais Sainkhuu Ganbaatar, ex-responsable syndical et ancien maître de feng shui (géomancie chinoise), n'échappe pas aux controverses: il lui est reproché d'avoir touché un don illégal de 40.000 euros de la secte sud-coréenne Moon.

"Tous les trois sont enfoncés jusqu'aux genoux dans les scandales", observe Mogi Badral Bontoi, qui dirige un cabinet d'études de marché.

De quoi peser sur le taux de participation: or, l'élection ne peut être validée que si 50% des électeurs se sont exprimés. La participation était déjà tombée à 64% lors du dernier scrutin en 2013.

Jamiynsurengiin Olzod, une couturière de 35 ans qui habite une yourte avec ses trois enfants, rêverait elle d'un maintien du statu quo.

"Enkhbold est expérimenté et sa réputation pourrait aider à obtenir davantage d'aide internationale", souligne-t-elle. La seule chose qu'elle attend du nouveau gouvernement: une subvention pour pouvoir enfin s'acheter une nouvelle machine à coudre.

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Le 26 juin 2017 à 13h07

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