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Lettonie: le parti pro-Poutine en tête, mais le centre droit garde le pouvoir

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Le 5 octobre 2014 à 9h39

Le parti pro-Poutine des russophones lettons devrait sortir en tête des législatives de samedi, malgré le climat politique antirusse dû à la crise ukrainienne, mais sans pour autant ravir le pouvoir à la coalition sortante de centre droit.

Selon des résultats officiels provisoires portant sur 1.000 circonscriptions sur 1.054, Harmonie (gauche), allié au parti au pouvoir en Russie, s'adjuge 23,3% des voix, ce qui devrait se traduire par 25 sièges au Parlement qui en compte 100, contre 31 obtenus par cette formation en 2011.

La principale force de la coalition au pouvoir, le parti Unité, obtient 21,6%, soit 23 sièges.

Ses partenaires -- Verts et Paysans et l'Alliance nationale -- sont crédités de 21 et 17 sièges respectivement, ce qui donne à la coalition 61 sièges au total.

Le scrutin s'est déroulé à l'ombre de la politique agressive de la Russie en Ukraine, mais apparemment cet élément n'a pas découragé les partisans du parti des russophones et l'échiquier politique letton ne devrait pas subir de changements importants.

"Ce n'est pas une surprise, tout est clair à mon avis. Je ne pense pas que l'Unité ait perdu", a déclaré dimanche matin à la télévision le président Andris Berzins.

L'un des leaders du parti Harmonie, Janis Urbanovics, a appelé le président à confier à son parti la mission de former un nouvel exécutif, tâche pourtant vouée à l'échec vue son incapacité à former une coalition viable.

"Nous sommes les vainqueurs des élections (...) et dans un pays démocratique on peut attendre que le plus grand parti soit sollicité pour former un gouvernement", a-t-il déclaré dimanche à la télévision, alors que la Constitution lettone laisse le président totalement libre de choisir son Premier ministre.

Si Unité et le centre droit doivent continuer à gouverner, on ignorait dans l'immédiat si le président Berzins allait demander à la Première ministre sortante, Laimdota Straujuma, de former le nouveau gouvernement.

Plusieurs analystes estimaient qu'il pourrait lui préférer l'ex-commissaire européen au développement Andris Piebalgs, alors que la Lettonie prendra en janvier pour six mois la présidence tournante de l'UE.

L'annexion de la Crimée par la Russie et l'intervention de ce pays dans l'Est de l'Ukraine avaient fortement marqué le climat électoral en Lettonie, petit pays balte de deux millions d'habitants, membre de l'Otan et de l'UE.

Le chef du parti Harmonie, soutenu par l'importante minorité russophone qui représente environ un quart de la population, le populaire maire de Riga Nils Ushakovs, se déclare admirateur du président russe Vladimir Poutine. Harmonie est lié au parti de M. Poutine par un accord de coopération.

- Austérité et croissance de 4% -

Aussi, après avoir glissé son bulletin dans l'urne, Mme Straujuma, une technocrate de 63 ans, a-t-elle estimé qu'il était "important pour la sécurité du pays que le parti Harmonie ne reçoive pas trop de voix (...). Je veux la stabilité", a poursuivi la chef du gouvernement sortant, avant de souligner qu'elle "ne partageait pas l'opinion que Poutine soit le meilleur président possible pour la Russie", comme le clame M. Ushakovs.

Le résultat du vote apporte finalement peu de changements. "C'est plus ou moins la même coalition, et les rapports de forces ne changent que légèrement", a dit à l'AFP un professeur de sciences politiques de l'Université de Lettonie, Ivars Ijabs, sceptique sur d'éventuels changements de cap à venir dans la politique lettonne.

Cependant, "la probabilité de voir quelqu'un d'autre occuper le fauteuil de Mme Straujuma est assez élevée", a-t-il ajouté.

A côté de la peur du grand voisin, l'autre thème de la campagne électorale était la situation économique dans un pays où l'arrivée du capitalisme a creusé les écarts de niveau de vie.

La Lettonie a opéré un rétablissement spectaculaire après la crise de 2008-2009, quand sa production avait baissé de près d'un quart, mais au prix de mesures d'austérité douloureuses ayant laissé des traces.

Les chiffres sont redevenus bons depuis : la croissance a atteint 4% l'année dernière, un record à l'échelle de l'UE.

On s'attendait à près de 5% cette année, marquée par l'entrée de la Lettonie dans la zone euro, mais l'embargo imposé par Moscou en réponse aux sanctions européennes touche durement les pays baltes dont les économies sont encore liées à celle de la Russie.

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Le 5 octobre 2014 à 9h39

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