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Les Israéliens commencent à voter pour tourner ou pas la page Netanyahu

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Le 17 mars 2015 à 10h08

Les Israéliens élisaient leurs députés mardi à l'occasion d'un vote très incertain qui dira s'ils veulent encore du conservateur Benjamin Netanyahu, Premier ministre depuis mars 2009, ou si l'heure du changement a sonné au bout de six ans.

Sous la pression de sondages défavorables - de la panique disent ses adversaires -, M. Netanyahu a donné un sévère coup de barre à droite quelques heures avant le scrutin et enterré publiquement l'idée d'un Etat palestinien s'il reste à son poste.

Jusqu'à 20h00 GMT, 5,88 millions d'électeurs sont appelés à choisir leurs 120 députés pour quatre ans. C'est à l'un de ces députés que le président Reuven Rivlin confiera la tâche compliquée d'essayer de former une coalition de gouvernement: M. Netanyahu donc, ou bien son principal adversaire Isaac Herzog, qui deviendrait le premier chef de gouvernement travailliste depuis Ehud Barak en 2001, ou bien encore un autre en fonction d'une arithmétique délicate.

Les Israéliens devraient avoir une idée précise de la formation de leur 20e Parlement avec les premiers sondages à la sortie des urnes, immédiatement après 20h00 GMT. Mais les tractations qui commenceront ensuite pourraient prendre des jours, voire des semaines.

- Des motivations très diverses -

Poussés par le soleil, les enjeux, l'incertitude du résultat, les Israéliens sont allés voter dès les premières heures de cette journée électorale traditionnellement fériée. Des dizaines d'électeurs étaient devant les portes avant l'ouverture du bureau de l'école Ziv, dans le quartier de Beit Hakerem à Jérusalem, prenant de court les officiels qui n'étaient pas prêts à l'heure dite et provoquant des échanges d'invectives.

Devant les bureaux, les électeurs exposaient à l'AFP la diversité de leurs préoccupations: l'économie, la sécurité, le conflit israélo-palestinien, l'identité juive...

Heitner Chaim, juif d'une cinquantaine d'années portant la kippah, vote pour les ultra-orthodoxes parce qu'on "a mal traité les harédis (les juifs orthodoxes) ces dernières années" et qu'en "tant que médecin appelé à les traiter, (il est) bien placé pour voir que la pauvreté augmente".

Yaacobi Gideon, 60 ans, choisit la liste du nouveau venu, Moshé Kahlon, ancien du Likoud (droite) de M. Netanyahu qui ratisse au centre et à qui tout le monde ou presque prédit le rôle de faiseur de roi au moment de former une coalition. "La gauche, la droite, rien ne change. Alors je vote Kahlon, c'est le seul en qui j'ai confiance pour changer les choses dans le domaine économique".

Shulami Laron, une cinquantaine d'années, s'inquiète de la survie de son parti de toujours, Meretz (gauche). A la différence de beaucoup d'Israéliens, elle pense que la question palestinienne est essentielle. Elle voudrait "voir Netanyahu disparaître pour de nombreuses, nombreuses années".

- Netanyahu perdra-t-il son pari ?-

Mais M. Netanyahu est toujours là; lui et son épouse Sara ont voté quelques minutes seulement après l'ouverture dans une école de Jérusalem.

"Il n'y aura pas de gouvernement d'union avec le Parti travailliste", a-t-il dit, "je formerai un gouvernement national", c'est-à-dire de droite.

A l'approche des élections, M. Netanyahu s'est démené pour ramener au bercail les déçus du Likoud et rallier les indécis.

"Le choix est entre le changement et l'espoir d'un côté, le désespoir et la désillusion de l'autre", a répondu M. Herzog à distance en votant à Tel-Aviv.

C'est M. Netanyahu, 65 ans, lui-même qui a provoqué ces élections plus de deux ans avant l'échéance prévue en rompant fin 2014 la coalition gouvernementale qu'il avait forgée à grand-peine moins de deux ans auparavant, trop indisciplinée à son goût.

M. Netanyahu se pensait alors en position de force face à tous ses adversaires, à commencer par M. Herzog, 54 ans, avocat de formation, plusieurs fois ministre par le passé, aussi policé que M. Netanyahu peut être abrupt, volontiers raillé pour son absence de charisme.

Les derniers sondages accordaient cependant une avance de quatre sièges (25 ou 26 sur 120) à la liste Union sioniste que conduit M. Herzog avec la centriste Tzipi Livni sur celle du Likoud de M. Netanyahu.

- Sécurité contre inégalité -

Etant donné la dispersion des voix entre 25 listes en compétition et la complexité des alliances possibles entre les 11 d'entre elles (de droite, de gauche, du centre, ultra-orthodoxes et arabe) qui devraient avoir des élus, le vote risque de n'être que le prélude à d'intenses tractations pour la formation d'un gouvernement.

Au cours de la campagne, M. Netanyahu s'est posé en garant de la sécurité d'un pays qui, officiellement, a livré huit guerres depuis sa création en 1948. Mais ses discours alarmistes, son intervention exceptionnelle devant le Congrès américain sur le nucléaire iranien n'ont pas suffi à inverser les sondages.

M. Herzog et Mme Livni ont attaqué M. Netanyahu de préférence sur le terrain de la cherté de la vie, du prix des logements et des inégalités.

Avec le système israélien, ce n'est pas nécessairement le chef de la liste arrivée en tête qui sera appelé le premier par le président Rivlin à tenter de former un gouvernement mais celui, parmi les 120 députés élus, qui sera le plus à même de constituer une coalition.

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Le 17 mars 2015 à 10h08

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