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Les bourses européennes dégringolent, frustrées par le discours de Draghi

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Le 2 octobre 2014 à 16h45

Les Bourses européennes ont dégringolé jeudi, le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi ayant frustré les investisseurs en s'abstenant d'annoncer de nouvelles mesures de soutien en faveur de l'économie de la zone euro.

"La réunion de ce mois-ci n'a pas vraiment apporté d'éléments nouveaux", a observé la société de gestion d'actifs Quilvest Gestion.

Le magie du verbe de M. Draghi, à l'origine de maints rebonds boursiers, n'a pas fonctionné cette fois-ci.

Chez Rothschild & Cie Gestion, l'analyste Emmanuel Petit reconnaît que "la BCE s'est montrée plus frileuse par rapport à ses deux réunions précédentes".

Les investisseurs s'attendaient à davantage de détails quant aux modalités des rachats d'actifs décidés en septembre par la BCE pour complèter les mesures exceptionnelles déjà prises dans un contexte économique encore préoccupant en zone euro.

Les investisseurs prévoyaient la mise en oeuvre de ces rachats d'actifs "dans les jours suivant la conférence" mais M. Draghi a simplement précisé que ceux-ci interviendraient à partir de mi-octobre et s'étaleraient sur au moins deux ans, note Quilvest Gestion.

Le président de la BCE n'a pas non plus précisé de volume anticipé pour ce programme, qui vient complèter la série de prêts exceptionnels et avantageux (TLTROs) lancés en faveur des banques.

"Après le succès mitigé du premier LTRO (...) les analystes pensaient que la BCE allait devoir faire plus pour ramener son bilan au niveau de 2012", fait remarquer Quilvest Gestion.

Au lieu de cela, M. Draghi a insisté sur le fait que tout ne dépendait pas de l'institution monétaire et "a préféré recentrer l'attention sur les objectifs d'inflation", note M. Petit.

"Le seul et ultime mandat auquel nous devons nous conformer, c'est de ramener l'inflation à un niveau qui soit proche de mais inférieur à 2%", a fait remarquer le patron de la BCE.

Il a également exhorté certains pays de la zone euro, sans les nommer, à "clairement accélérer" la mise en oeuvre de réformes, pour accompagner la politique monétaire accommodante conduite par la BCE.

La BCE a par ailleurs, comme prévu, laissé inchangés ses taux directeurs après leur baisse du début septembre.

Le taux principal de refinancement reste à 0,05%, le taux marginal à 0,30%.

L'Eurostoxx 50 a chuté de 2,77%.

A la Bourse de Paris, le CAC 40 a perdu 2,81% à 4.242,67 points, dans un volume d'échanges important de 4,9 milliards euros.

Les poids lourds de la cote Total (-4,98% à 48,18 euros) et Sanofi (-3,13% à 86,07 euros) ont pesé, tout comme les valeurs bancaires. Société Générale a perdu 5,05% à 38,61 euros, Crédit Agricole 3,35% à 11,39 euros et BNP Paribas 3,48% à 50,53 euros.

Saint Gobain a perdu 4,63% à 34,53 euros, et ArcelorMittal 4,18% à 10,19 euros.

LVMH a terminé sur un recul de 1,14% à 125,90 euros. Son rival Hermès a gagné de son côté 0,64% à 236,65 euros.

Orange (-2,45% à 11,13 euros) n'a pas bénéficié de l'annonce de l'arrivée des services de vidéo par abonnement de Netflix sur sa box.

A Londres, l'indice FTSE-100 a perdu 1,69% à 6.446,39 points.

Sainsbury a reculé de 3,93% à 224,8 pence après l'avertissement de la veille sur ses ventes.

Le groupe de luxe Burberry a perdu 2,78% à 1.435 pence, alors que les troubles se poursuivent à Hong Kong, l'un de ses marchés importants avec le reste de la Chine.

Le groupe de défense BAE Systems a abandonné 2,03% à 453,8 pence, pâtissant des déboires de l'avion de combat Eurofighter.

A Francfort, le Dax a laissé 1,99% à 9.195,68 points, la plupart des 30 valeurs de l'indice terminant dans le rouge.

Commerzbank a été la plus affectée (-5,15% à 11,14 euros), parmi les autres grosses chutes RWE (-3,73% à 29,52 euros) et ThyssenKrupp (-3,71% à 19,49 euros) se sont illustrées.

Allianz, qui a annoncé le départ l'an prochain de son patron Michael Diekmann, a lâché 1,61% à 125,30 euros.

Deutsche Börse a fini en tête d'indice (+0,76% à 52,02 euros), profitant de deux introductions en Bourse avec des volumes élevés d'échanges.

Les intéressés en revanche n'ont pas brillé. Zalando a perdu 11,63% à 19 euros à son deuxième jour de cotation, et le nouveau venu du jour, Rocket Internet, s'est enfoncé de 12,94% à 37 euros.

La Bourse de Milan a lourdement chuté, l'indice FTSE Mib perdant 3,92% et passant sous la barre symbolique des 20.000 points, à 19.894 points.

Le groupe d'aéronautique et de défense Finmeccanica a clôturé à -6,44% à 7,12 euros et le site de prêt-à-porter en ligne Yoox a dégringolé de 5,45% à 16,66 euros.

Les banques italiennes accusaient également le coup, Banca Popolare chutant de -6,19% à 11,07 euros, de même que Banca Popolare Emilia Romagna (-5,87% à 5,935 euros) et Intesa San Paolo (-5,50% à 2,266 euros).

A Madrid, l'indice Ibex-35 des principales valeurs a chuté de 3,12% à 10.418,1 points.

Toutes les valeurs ont terminé dans le rouge. Parmi les plus fortes baisses, figurait le groupe de technologies Abengoa qui a plongé de 8,76% à 3,698 euros.

Gamesa, l'un des leaders mondiaux de la fabrication d'éoliennes, reculait de 6,11% à 7,966 euros, malgré l'annonce jeudi d'un nouveau contrat de 110 turbines au Brésil.

Le secteur bancaire souffrait également: Santander, numéro un de la zone euro par capitalisation, a perdu 3,92 % à 7,259 euros, BBVA, numéro 2 du secteur en Espagne, a reculé de 3,61% à 9,248 euros, et CaixaBank a abandonné 4,05% à 4,614 euros.

La Bourse suisse a bouclé sur un recul de 1,53% à 8.654,71 points. Toutes les valeurs de l'indice ont terminé dans le rouge.

Transocean, l'opérateur de plateformes pétrolières, a chuté de 6,21% à 29,01 francs suisses et SGS, le spécialiste de l'inspection et de la certification de produits, a dévissé de 4,32% à 1.881 francs suisses.

Bruxelles a perdu 2,09% à 3.131,84 points.

Toutes les valeurs du Bel 20 ont chuté, à commencer par le bancassureur KBC qui a dévissé de 3,46% à 41,29 euros.

Parmi les principales baisses figurent aussi le groupe diversifié Ackermans & Van Haaren (-2,87% à 94,90 euros), GDF Suez (-2,49% à 19,23 euros) ou le laboratoire pharmaceutique UCB (-2,46% à 70,46 euros).

Amsterdam a clôturé en baisse jeudi de 2,54% à 406,22 points, l'ensemble des titres terminant la séance dans le rouge.

La baisse la plus importante a été enregistrée par le groupe de prospection géologique Fugro, qui a cédé 4,92% à 21,94 euros, suivi par le groupe de dragage et d'aménagement des ports Boskalis, qui a perdu 4,90% à 42,28 euros.

A Lisbonne, l'indice PSI a fini la séance sur une chute de 3,30% à 5.495,70 points, tiré à la baisse par les valeurs bancaires.

La banque BPI a dévissé de 4,29% à 1,56 euro et sa concurrente BCP a perdu 3,44% à 0,10 euro.

Autres perdants, le constructeur Mota Engil a dégringolé de 5,89% à 4,66 euros, le groupe gazier et pétrolier Galp Energia a perdu 4,39% à 12,09 euros et le groupe énergétique EDP a baissé de 4,16% à 3,29 euros.

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Le 2 octobre 2014 à 16h45

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