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Les autoroutes veulent des péages plus chers en 2015, le gouvernement pas d'accord

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Le 27 novembre 2014 à 17h20

Les discussions qui s'ouvrent entre l'Etat et les sociétés d'autoroutes sur les tarifs 2015 promettent d'être houleuses: ces dernières demandent une hausse de 0,57% au 1er février. "Inadmissible", a répondu la ministre de l'Ecologie en charge des Transports.

Les sociétés qui détiennent les concessions d'autoroutes proposent une augmentation des tarifs de 0,57% au 1er février 2015, dans le cadre de la hausse annuelle, qui sera présentée vendredi lors du comité des usagers, a-t-on appris jeudi de source proche du dossier.

"Inadmissible", a réagi Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, aussi en charge des transports. "On ne leur donnera pas cette autorisation", a-t-elle indiqué sur BFM TV, associant le ministre de l'Economie Emmanuel Macron dans cette décision.

"L'Etat au nom du pouvoir d'achat des Français va prendre ses responsabilités et va leur rappeler leurs droits et leurs devoirs", a-t-elle encore expliqué, interrogée en marge de la conférence environnementale.

Les tarifs des autoroutes augmentent chaque année au 1er février. L'inflation du mois d'octobre, prise en compte dans le calcul de cette hausse, est de 0,38%. Chaque société autoroutière transmet à l'Etat sa proposition de hausse, et des négociations peuvent avoir lieu jusqu'à la fin du mois de janvier pour établir le taux réel de hausse.

Contactée par l'AFP, l'Association des sociétés françaises d'autoroute (Asfa) n'a pas confirmé cette information.

Le comité des usagers doit se tenir vendredi matin au ministère de l'Ecologie, du Développement Durable et de l'Energie.

Mme Royal a qualifié ces demandes de "provocation", une occasion pour les sociétés d'autoroute de "faire un rapport de force", rappelant que la Cour des comptes avait "mis en exergue le fait que les autoroutes ont déjà trop augmenté leurs tarifs par rapport aux droits qui étaient les leurs".

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a déjà promis de renforcer la régulation dans tous les secteurs et de "baisser les tarifs là où c'est possible".

Au 1er février 2014, les tarifs autoroutiers avaient augmenté de 0,80% en moyenne, tandis que la proposition formulée en novembre était de 1,14%. La hausse moyenne annuelle s'élève à 1,90% depuis 2003.

Selon le délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes Pierre Chasseray, contacté par l'AFP, il s'agit d'une "hausse absolument inacceptable alors que le ministre avait promis une baisse".

Il a précisé que l'association compte riposter, et "lancer dès ce soir une grande opération de mobilisation", avec le lancement à 19H30 du site www.stopauxpeagestropchers.com, sur lequel les usagers pourront signer une pétition. Y seront également recensés les parlementaires et présidents de partis politiques qui se sont prononcés contre une hausse des tarifs.

Les concessionnaires autoroutiers sont dans le collimateur du gouvernement, qui s'appuie notamment sur un rapport de l'Autorité de la concurrence, rendu en septembre, et qui faisait état d'une situation de "rente".

L'Autorité pointait aussi une hausse des péages qui a quasiment toujours dépassé l'inflation depuis dix ans et des contrats qui garantissent en outre que les tarifs ne baisseront pas, même en cas de déflation.

La mission d'information parlementaire sur la place des autoroutes dans les infrastructures de transport, qui a rendu un rapport d'étape le 19 novembre, a réclamé un débat public au Parlement et évoqué des pistes alternatives à une renationalisation prônée par certains.

De leur côté, les concessionnaires ont appelé récemment à "sortir de la critique excessive". Sur la durée d'une concession, "la rentabilité sera de 7% par an si tout va bien, elle sera négative si tout va mal, c'est-à-dire si les taux d'intérêt montent et si le trafic baisse", avait expliqué Pierre Coppey, président de Vinci Concessions et de l'Association française des sociétés d'autoroute.

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Le 27 novembre 2014 à 17h20

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