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Le sort de Mobilier européen devant la justice commerciale

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Le 18 novembre 2014 à 16h41

L'avenir du groupe en difficulté Mobilier européen, qui emploie plus de 3.600 salariés dans ses magasins Fly, Atlas et Crozatier partout en France, se jouait mardi devant un tribunal de Mulhouse, appelé à valider un plan de sauvetage qui devrait se solder par la perte de près d'un millier d'emplois.

Au total, neuf offres de reprise jugées "convaincantes et crédibles" par les administrateurs judiciaires étaient présentées à la chambre commerciale du tribunal de grande instance, a précisé à l'AFP un porte-parole du groupe.

Le tribunal, qui entendait à nouveau les différentes parties à huis clos, doit annoncer sa décision vendredi à 14 heures, selon l'un des candidats à la reprise partielle.

Mobilier européen (détenu par le groupe familial Rapp), numéro 4 du secteur en France, a été placé en redressement judiciaire en septembre.

Pendant que les juges se penchaient sur les offres de reprise, quelque 100 à 150 salariés manifestaient leur colère aux abords du siège de l'entreprise, implanté dans une vaste zone commerciale à Kingersheim (banlieue de Mulhouse).

Les protestataires, réunis devant un magasin Atlas qui a définitivement fermé ses portes il y a quelques semaines, brandissaient des pancartes proclamant "salariés en liquidation, à prix sacrifiés".

"C'est un vrai gâchis! Moi qui pensais finir tranquillement ma vie professionnelle ici, je suis tombée de haut", témoigne Véronique Arnoux, 52 ans dont 33 ans au service comptabilité du siège de l'entreprise. Désormais elle souhaite "partir dignement".

Pour Patrick Marets, délégué CFTC, "il y a des gens qui ont plus de trente ans de boîte, et qui aujourd'hui se retrouvent sur le carreau à 56 ou 57 ans. Ils auront du mal à retrouver du travail".

Les salariés ont obtenu de l'Etat 2.000 euros par salarié licencié pour financer un plan de reclassement. Ils demandent à la direction de l'entreprise - jusqu'ici, en vain - de rajouter à cette somme 1.000 euros par salarié.

Si la chambre commerciale valide les offres de reprise, le groupe devrait être cédé par morceaux à plusieurs repreneurs. Mais certains magasins devront mettre la clef sous la porte.

- Concurrence agressive -

Les 91 magasins franchisés (exploités sous les marques Fly, Atlas et Crozatier) devraient tous être repris, et leurs 1.600 emplois maintenus - à condition toutefois que les gérants actuels des franchisés Atlas parviennent à racheter cette marque.

En revanche, sur les 95 magasins gérés directement par Mobilier européen, seuls 52 font l'objet d'une proposition de reprise.

Au total, en prenant en compte les salariés affectés au siège, seuls 2.733 emplois sur 3.676 pourraient être préservés (dont 124 personnes qui pourraient être reclassées dans d'autres établissements appartenant aux repreneurs). La perte nette serait donc de 943 emplois, dans le meilleur des scénarios, dont plus de 300 à Kingersheim.

La déconfiture de Mobilier européen survient dans un contexte très morose pour l'ensemble du marché. Depuis 2012, les ventes de meubles en France ont décroché de 13%.

"C'est la crise pour tout le monde. Alors pour les gens les dépenses en ameublement ne sont plus forcément prioritaires", observe M. Marets.

"La direction n'a jamais voulu se remettre en question", accuse de son côté Emilie Abemonty, secrétaire du Comité d'entreprise. "Elle n'a pas su prendre certains tournants quand c'était nécessaire: par exemple, l'offre internet a été développée très tard, bien après les concurrents."

Une "concurrence de plus en plus agressive", voire "acharnée", serait justement l'une des difficultés majeures qui ont précipité l'entreprise dans le rouge, selon un porte-parole du groupe, qui a évoqué notamment, sans les nommer, des "géants qui bénéficient d'économies d'échelle".

Pendant ce temps, le géant suédois Ikea poursuit son expansion: ses responsables viennent de poser la première pierre de leur futur 31e magasin français, à... Mulhouse.

Une perspective évoquée par les syndicalistes de Mobilier Européen, sur un tract distribué mardi aux badauds. On y voit le responsable d'un magasin Rapp se désoler devant le chantier du futur Ikea, avec ces mots "nous, à côté de ça, on n'arrive même pas à sauver les meubles!"

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Le 18 novembre 2014 à 16h41

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