Le site vente-privée cesse son activité aux Etats-Unis et se recentre sur l'Europe
Le PDG du site de ventes en ligne évènementielles vente-privee.com a confirmé mardi que son groupe cesserait son activité aux Etats-Unis d'ici la fin de l'année pour se recentrer sur l'Europe, le partenariat noué avec American Express outre-Atlantique n'ayant pas donné les résultats espérés.
"Aujourd'hui nous réalisons un chiffre d'affaires de 50 millions de dollars et comptons 1,2 million de membres (aux Etats-Unis, ndlr), donc ce n'est pas si mal, mais le rythme est trop lent et la profitabilité incertaine", déclare à l'AFP Jacques-Antoine Granjon, PDG de vente-privee.com.
La création d'une coentreprise avec American Express en 2011 pour bénéficier du fichier clients de l'émetteur de cartes de crédit avec un investissement de "20 millions de dollars chacun" n'aura pas survécu quatre ans. "C'est une décision, triste, difficile mais courageuse, prise en commun" avec American Express, ajoute le PDG du site.
Vente-privée propose à ses membres des ventes à durée limitée de produits de déstockage dans le textile, la culture, l'alimentaire, avec des décotes de 40 à 70%.
Les difficultés rencontrées par le groupe viennent notamment du fait qu'aux Etats-Unis les marques sont en droit de fabriquer des articles pour des magasins proposant des produits dégriffés et que les soldes sont autorisés toute l'année.
Vente-privée a dans ce contexte réalisé en 2013 plus de 50 millions de dollars de chiffre d'affaires dans le pays.
Au moment de son lancement aux Etats-Unis fin 2011, le groupe de Jacques-Antoine Granjon avait indiqué qu'il espérait réaliser 500 millions de dollars de ventes d'ici à 2016.
"Nous (avec American Express, ndlr) avons fait le choix de repenser notre association et de se concentrer sur des marchés plus porteurs pour nous, c'est à dire l'Europe", ajoute Jacques-Antoine Granjon.
Vente-privée, qui tire l'essentiel de ses recettes de la France, a enregistré en 2013 un chiffre d'affaires de 1,6 milliard d'euros et une progression de ses ventes de 23%.
Pour le magazine américain Fortune, citant d'anciens employés, les raisons de l'échec sont dues à un problème de management de la coentreprise, faisant notamment état de divergences de points de vue sur la stratégie à suivre, ce que dément le PDG de vente-privee.com, comme le reste des affirmations du magazine.
Fortune souligne encore que Vente-privée pensait qu'American Express se conduirait en investisseur passif alors que se dernier envisageait au contraire d'avoir la main sur la gestion de l’entreprise.