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Le pape cite l'Albanie en modèle et rejette la violence au nom de Dieu

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Le 21 septembre 2014 à 11h56

Le pape François a exalté dimanche en Albanie le "modèle" de la coexistence politique et religieuse entre musulmans, catholiques et orthodoxes, et a fustigé vigoureusement l'utilisation de Dieu comme "bouclier" par les mouvements fondamentalistes religieux.

"Que personne ne pense pouvoir se faire de Dieu un bouclier lorsqu’il projette et accomplit des actes de violence et de mépris! Que personne ne prenne prétexte de la religion pour accomplir ses propres actions contraires à la dignité de l'homme et à ses droits fondamentaux", a-t-il lancé devant les dirigeants albanais, donnant le ton de sa visite.

Toutes les religions étaient concernées par cet avertissement mais nul doute que le pape pensait aux exactions des jihadistes de l'organisation de l'Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak, et celles de Boko Haram au Nigéria. Selon lui, une "guerre mondiale, par morceaux" est en cours dans le monde, en raison des livraisons d'armes alimentant les groupes violents.

Le pape a reçu l'accueil fervent de centaines de milliers de personnes sur le grand boulevard et sur la place Mère Teresa où il a célébré la messe sous une pluie légère. Plus de dix mille étaient venus de la région, dont quelque 3.000 du Kosovo voisin.

Dans sa jeep découverte, le long du boulevard orné de photos de martyrs chrétiens du communisme, il s'est arrêté plusieurs fois pour serrer des mains et prendre des enfants dans ses bras. A la fin de la messe, il a cheminé un moment à pied dans la foule.

Les mesures de sécurité avaient été rehaussées, par crainte d'hypothétiques menaces que feraient courir au pape la mouvance jihadiste en Europe.

Tirana avait mobilisé 2.500 policiers et des tireurs d'élite sur les immeubles et la police avait dressé 29 points de contrôle. Tous les participants à la messe ont été fouillés.

Devant le président Bujar Nishani, François a salué avec chaleur le "pays des Aigles", "un pays de héros qui ont sacrifié leur vie pour l'indépendance de la Nation et un pays de martyrs qui ont témoigné de leur foi face aux persécutions".

Le pape a fait un éloge appuyé de l'attitude des responsables politiques et religieux albanais: "le climat de respect et de confiance réciproque, entre catholiques, orthodoxes et musulmans est un bien précieux pour le pays et acquiert une signification spéciale dans notre époque. Puisse l'Albanie poursuivre sans cesse sur cette route, devenant pour de nombreux pays un modèle".

Lors de la prière de l'Angelus, le pape s'est adressé aux jeunes nombreux, alors que la société albanaise connait de rapides mutations: "dites non à l'idolâtrie de l'argent, à la fausse liberté individuelle, aux dépendances".

Hysen Doli, 85 ans, un musulman venu avec les dix membres de sa famille, a exprimé sa joie de voir le pape: "Nous appartenons à une autre communauté religieuse mais par reconnaissance nous sommes venus obtenir la bénédiction du pape", a-t-il dit.

Durant ce marathon de 11 heures, François devait encore déjeuner avec les évêques, saluer les chefs des religions et réunir les forces vives du catholicisme. Cette journée s'achèvera dans un centre social à 20 km de Tirana, "Béthanie", où il rencontrera orphelins et handicapés.

- Martyrs de la foi -

François a rendu hommage à une Église en plein essor après une terrible dictature marxiste, précédée de cinq siècles de domination ottomane.

La porte a longtemps été "bloquée par le verrou des interdictions et des prescriptions d'un système qui niait Dieu", a-t-il rappelé.

"En repensant à ces décennies d’atroces souffrances et de très dures persécutions contre les catholiques, les orthodoxes et les musulmans", le pape a exalté l’unité des Albanais dans l’épreuve.

"Combien de chrétiens ne se sont pas pliés devant les menaces, mais ont continué sans vaciller sur la route entreprise", a-t-il loué, alors qu'un procès de béatification de 40 martyrs catholiques a commencé en 2002. Certains Albanais ont regretté qu'il n'aille pas comme Jean Paul II en 1993 à Shkodra (nord), fief de la résistance catholique sous le communisme.

Après la Deuxième guerre mondiale, sous la dictature communiste d'Ever Hoxha, 1.820 églises, orthodoxes, catholiques, ont été détruites. Entre 1945 et 1985, 7 évêques, 111 prêtres, 10 séminaristes et 8 religieuses sont morts en détention ou exécutés.

En Albanie, l'islam est majoritaire (56%) et les catholiques représentent 15% de la population, soit plus que les orthodoxes (11%).

Le culte de la Bienheureuse Mère Teresa de Calcutta, Albanaise d'origine macédonienne, et la venue de nombreux religieux étrangers ont aidé à la renaissance du catholicisme dans le pays, où le christianisme était apparu dès le premier siècle.

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Le 21 septembre 2014 à 11h56

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