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Le Pakistan ensanglanté par des attentats à l'approche de l'Aïd

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Le 23 juin 2017 à 15h46

Des attentats ont ensanglanté le dernier vendredi du mois sacré du ramadan au Pakistan, faisant plus de 25 morts et des dizaines de blessés, un bilan qui pourrait encore grimper selon les autorités.

Un premier attentat à la mi-journée a fait au moins 13 morts devant un QG de la police au Baloutchistan, province instable du sud-ouest.

Bien plus au nord, un marché bondé de Parachinar, à la frontière afghane, a été frappé en pleine heure de pointe, alors que les chalands s'affairaient à l'approche des festivités de l'Aïd.

Le double attentat dans cette ville majoritairement chiite, capitale de la Zone tribale de Kurram, a fait au moins 13 morts et 124 blessés selon les autorités locales.

Une première explosion a retenti en fin d'après-midi, a indiqué Nasrullah Khan, un haut responsable local.

"Quand les secours se sont précipités sur le site pour aider les blessés, il y a eu une deuxième explosion", a-t-il précisé, faisant état de plus de 24 blessés, et d'un bilan qui pourrait encore grimper.

Le médecin chef du principal hôpital de Parachinar, Sabir Hussain, a indiqué avoir reçu 13 corps et 124 blessés.

Les autorités locales n'ont pas pu préciser la nature de l'explosion, qui n'a pas été revendiquée dans l'immédiat.

Le Premier ministre Nawaz Sharif a appelé à un renforcement de la sécurité à travers le pays et condamné l'attaque "atroce".

Les marchés de cette ville reculée, proche de la frontière afghane, ont déjà été visés par deux attentats majeurs cette année, qui avaient fait 22 et 24 morts.

Depuis, "les bazars sont protégés par des barrières, et les véhicules n'y sont pas autorisés", a indiqué Sajid Hussain Turi, un élu local propriétaire du marché visé vendredi.

La zone de Kurram, connue pour les heurts récurrents entre chiites et sunnites, est l'une des sept Zones tribales qui sont gouvernées selon des lois et coutumes spécifiques.

Les musulmans chiites, représentant environ 20% de la population pakistanaise, sont considérés comme des hérétiques par nombre de groupes armés pakistanais d'obédience sunnite, qui les prennent régulièrement pour cible.

-- police visée --

A Quetta, capitale du Baloutchistan, l'attentat visant une voiture de police a été revendiqué à la fois par les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) et par Jamaat-ul-Ahrar, une faction du mouvement taliban pakistanais (TTP).

Les deux organisations ont donné des détails divergents, selon SITE, un centre américain spécialisé dans la surveillance en ligne des mouvances extrémistes.

L'EI Province de Khorasan, la branche du groupe au Pakistan et en Afghanistan, a revendiqué plusieurs attentats ces derniers mois au Baloutchistan, parfois en alliance avec des groupes islamistes locaux, dont le Jamaat-ul-Ahrar.

L'explosion a fait 13 morts et une vingtaine de blessés, touchés par des schrapnels, a indiqué le docteur Fareed Ahmed, médecin en chef de l'Hôpital civil.

Parmi les victimes, neuf policiers ont été tués, selon le chef de la police de la ville, Abdul Razzak Cheema.

A l'hôpital, des enfants s'inquiétaient au chevet de leurs proches allongés sur des civières souillées de sang.

"J'étais assis quand il y a eu l'explosion, je suis tombé", a raconté à l'AFP une victime, Gulzar Ahmad, trop hébété pour donner davantage de détails.

Cette région riche en ressources naturelles mais marginalisée est stratégique car c'est là que débouche le corridor économique sino-pakistanais (CPEC), un ambitieux projet de liaison routière, énergétique et de télécommunications ralliant la Chine à la mer d'Arabie via le port en eaux profondes de Gwadar au Baloutchistan.

Le Pakistan est aux prises de longue date avec des groupes armés, notamment dans les zones tribales du nord-ouest, où une myriade de mouvements islamistes armés opéraient en toute impunité jus qu’il y a peu, ainsi qu'au Baloutchistan, où, outre les islamistes, les forces de sécurité font face à une insurrection séparatiste.

La sécurité s'est nettement améliorée dans le pays ces dernières années, après une offensive militaire d'envergure lancée, notamment dans les zones tribales, en réaction au pire attentat qu'ait connu le pays, un assaut des talibans contre une école gérée par l'armée à Peshawar. Cette attaque fin 2014 avait fait plus de 150 morts, en majorité des élèves.

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Le 23 juin 2017 à 15h46

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