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La grève des pilotes d'Air France cloue la moitié des avions au sol

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Le 15 septembre 2014 à 8h12

Au premier jour d'une grève qui pourrait durer, au moins la moitié des avions d'Air France sont cloués au sol lundi faute de pilotes, affirme la compagnie, davantage selon les syndicats qui prédisent la paralysie mercredi.

"Je ne peux pas rentrer chez moi, merci la joie!", râle lundi matin Jean-Marc Ragot, juste arrivé de Nairobi, privé de la correspondance prévue pour Lyon.

Devant le guichet d'échange des billets Air France du terminal F de Roissy, une vingtaine de personnes patientaient en début de matinée.

Stressé car il devait "trouver absolument une solution" pour gagner Munich, un passager se disait néanmoins "solidaire avec les pilotes", "dans un monde qui tire les salaires vers le bas".

Opposé aux conditions de développement de la filiale à bas coût du groupe, Transavia, le SNPL (majoritaire) a appelé à une grève reconductible du 15 au 22 septembre; le Spaf, deuxième syndicat, et Alter (non représentatif) jusqu'au 18.

Un mouvement d'une semaine serait le plus long conflit mené par des pilotes d'Air France (groupe Air France-KLM) depuis 1998. La direction évalue son coût à "10 à 15 millions" d'euros par jour.

Selon la compagnie aérienne, la situation était à 09H00 "conforme" aux prévisions d'un vol assuré sur deux (48%), établies la veille après avoir recensé environ 60% de grévistes.

"Pour l'instant, il n'y a pas de retards lourds", a ajouté un porte-parole d'Air France, qui fera connaître à 11H00 ses prévisions pour mardi.

Mais la situation était pire dans plusieurs aéroports du sud de la France, selon des informations recueillies par l'AFP auprès de sources aéroportuaires: 80% des vols annulés à Toulouse, 70% à Marseille, Lyon et Nice. A Bordeaux, près de la moitié des vols ont été supprimés.

Depuis quelques jours déjà, Air France enjoint ses clients de reporter leur voyage ou se faire rembourser. Et pour limiter les dégâts, elle va s'efforcer de faire voler des avions "de plus grosse capacité".

- La "bérézina" lundi -

Le Spaf avait lui prédit une "bérézina" dès ce lundi avec "80 à 85% de vols annulés".

De plus, "quand la compagnie aura épuisé le réservoir de pilotes de l'encadrement", contraints au repos après avoir été appelés en renfort lundi, "on arrivera au blocage total", a estimé auprès de l'AFP Julien Duboz, son porte-parole.

Un pronostic partagé par Jean-Louis Barber, président du SNPL AF Alpa: "si le taux de grévistes reste aussi élevé" (75% lundi selon lui), "on peut imaginer que ce sera pire encore mardi et, je pense, bloqué mercredi".

Les négociations devaient reprendre vers 10H00 avec les syndicats représentatifs après avoir "achoppé" dimanche, selon M. Barber.

Les syndicats dénoncent dans les projets de la direction une porte ouverte à "l'externalisation des emplois" de pilotes et au "dumping social", quand la compagnie y voit un levier de croissance déterminant.

"L'idée c'est de faire de Transavia un outil de reconquête du marché", face à "une concurrence terrible" des low-costs, a expliqué le PDG du groupe Air France-KLM Alexandre de Juniac dimanche soir, en pressant les pilotes de participer à "un projet magnifique", porteur d'un millier d'emplois en France, dont 250 de pilotes.

Alors qu'un plan de départs volontaires a été ouvert en août pour 200 des 3.760 pilotes d'Air France, le groupe entend augmenter la flotte de Transavia en France de 14 à 37 avions en cinq ans et ouvrir de nouvelles bases en Europe dès 2015, mais avec des pilotes sous contrat local.

M. de Juniac rejette la principale revendication des syndicats d'un contrat unique pour les pilotes aux conditions actuelles d'Air France pour les avions de plus de 100/110 places, quelle que soit la compagnie du groupe Air France (Air France, Transavia, Hop!).

Au sein d'Air France, la grève n'est pas soutenue par les syndicats de pilotes de la filiale régionale Hop!. Et les personnels au sol sont "exaspérés" car "les pilotes ne veulent pas participer aux efforts" de redressement demandés par le groupe à ses salariés depuis 2012, a affirmé lundi le numéro un de la CFDT, Laurent Berger. Cette grève est "corporatiste" et "indécente", assène-t-il.

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Le 15 septembre 2014 à 8h12

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