La France arraisonne un cinquième pétrolier de la flotte fantôme russe
La marine française a intercepté mardi en Méditerranée centrale un nouveau pétrolier soupçonné de faire partie de la "flotte fantôme" russe, Paris affichant sa détermination à empêcher la Russie de contourner ainsi les sanctions économiques prises en raison de la guerre en Ukraine.
"La Marine Nationale a arraisonné mardi le pétrolier Deliver alors qu'il transitait au large de la Sicile en infraction avec le droit de la mer", a écrit le président Macron sur le réseau social X.
Il s'agit du cinquième pétrolier soupçonné de faire partie de cette flotte fantôme arraisonné par la France depuis septembre 2025.
"Nous ne laisserons pas la flotte fantôme contourner les sanctions et financer l'effort de guerre russe", a-t-il poursuivi.
"L'Europe est déterminée. Elle poursuivra tous les efforts nécessaires pour accroître le coût de la guerre pour la Russie et permettre l'avènement d'une paix robuste et durable en Ukraine", ajoute-t-il.
Le président a posté une vidéo sur laquelle on voit l'intervention de commandos hélitreuillés à bord du navire.
Le Deliver arborait "un pavillon camerounais" et naviguait "en provenance de Primorsk en Russie", a précisé de son côté la préfecture de la Méditerranée.
L'opération de contrôle française, "menée sur la base de l'article 110 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (...) visait à vérifier la nationalité du navire soupçonné d'arborer un faux pavillon", a poursuivi la préfecture maritime dans un communiqué.
"L'examen des documents a confirmé les doutes quant à la régularité du pavillon arboré. Un signalement a été fait au procureur de Marseille, compétent au titre du tribunal maritime", qui a demandé à ce que le navire soit dérouté.
Le Deliver est en conséquence "actuellement escorté par des moyens de la Marine nationale vers un point de mouillage pour la poursuite des vérifications".
Le deux précédents pétroliers de la flotte fantôme russe interceptés en Méditerranée avaient été escortés puis retenus au large du port de Fos-sur-Mer, près de Marseille.
- Amendes -
L'interception de ce pétrolier est la cinquième de ce type effectuée par la France après celles du Tagor le 31 mai en plein milieu de l'océan Atlantique, du Deyna et du Grinch, arrêtés en Méditerranée respectivement en mars et janvier 2026, et celle du Boracay, arraisonné en septembre 2025 au large de Ouessant (Finistère).
Le Tagor est toujours immobilisé, quand le Deyna, le Grinch et le Bocaray avaient été bloqués puis avaient pu repartir, après paiement d'amendes pour les deux derniers.
Le montant exact des amendes n'a pas été révélé, mais le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait évoqué "plusieurs millions d'euros" dans le cas du Grinch.
La France a annoncé le 8 avril vouloir doubler les peines applicables aux infractions de défaut de pavillon et de refus d'obtempérer.
"Enrayer l'économie de guerre russe, c'est couper les circuits qui financent l'agression contre l'Ukraine", a souligné sur le réseau X la ministre des Armées Catherine Vautrin en se félicitant de cette nouvelle opération.
Lors du dernier arraisonnement de ce type, celui du Tagor, Moscou avait dénoncé début juin une opération "à la limite de la piraterie internationale".
Le Cameroun avait de son côté fermement condamné l'utilisation frauduleuse de son pavillon par le Tagor.
Signe de la détermination européenne sur ce dossier, les forces britanniques ont intercepté de leur côté le 14 juin dans la Manche un pétrolier de la flotte fantôme russe.
L'interception du Deliver a d'ailleurs été "menée en étroite coopération avec l'opération européenne Eunavfor Med Irini et avec nos alliés dont le Royaume-Uni", selon la préfecture maritime.