La Bourse de Paris se reprend un peu après la déception Draghi
La Bourse de Paris était en hausse vendredi à la mi-journée (+0,68%) dans l'attente des chiffres de l'emploi aux Etats-Unis, sans effacer la chute provoquée la veille par un discours jugé décevant du président de la BCE.
A 11h45, l'indice CAC 40 gagnait 28,92 points à 4.271,59 points, dans un volume d'échanges de 700 millions d'euros. La veille, il avait cédé de 2,81%.
Mario Draghi s'est gardé jeudi de préciser le volume anticipé pour le programme de rachats d'actifs de la Banque centrale européenne, même s'il a fixé un calendrier. L'institution rachètera notamment des titres adossés à des prêts bancaires, les fameux ABS ou "asset-backed securities", dès le quatrième trimestre.
"Mario Draghi rate son oral", a estimé Franklin Pichard, directeur de Barclays Bourse, dans une note. "Par ailleurs le spectre d'une correction du marché américain après deux années d'une course effrénée commence aussi à faire douter les investisseurs", a-t-il précisé, alors que la Bourse de New York a fini jeudi en ordre dispersé.
"La saison des résultats du troisième trimestre qui va débuter prochainement viendra infirmer ou confirmer ces inquiétudes", a-t-il ajouté. "Dans l'immédiat, la séance d'hier confirme l'absence de visibilité à très court terme sur les indices actions."
Pour l'heure, le marché reste prudent avant la publication cet après-midi des chiffres officiels de l'emploi aux Etats-Unis pour septembre. En août, 142.000 emplois s'étaient créés, alors que les analystes tablaient sur 223.000 créations d'emplois.
"Le consensus de marché table sur 218.000 créations d’emplois en septembre", a noté Christopher Dembik, économiste chez Saxo Banque. "Nous n’excluons pas une hausse beaucoup plus forte vers les 250.000 créations d’emplois. (...) Si ce scénario se confirme, il y a de fortes chances que les pertes d'hier soit partiellement ou totalement effacées."
Dans la matinée, les investisseurs ont peu réagi à un nouveau recul de l'activité du secteur privé en France, et à une décélération de la croissance dans la zone euro, selon des indices établis pour le mois dernier par le cabinet Markit.
"Ce n’est pas une surprise", a souligné M. Dembik. "Le marché ne s’attendait en aucune façon à de bonnes performances."
Parmi les valeurs, Airbus profitait (+1,34% à 48,51 euros) de la confirmation par la petite compagnie aérienne japonaise Skymark que des négociations étaient en cours sur le montant des pénalités réclamées par l'avionneur européen à la suite d'une annulation de commande.
Peugeot gagnait 3,04% à 10,33 euros après les déclarations de son PDG, Carlos Tavarès, sur la technologie originale mêlant moteur thermique et air comprimé. Mise en vedette par PSA-Peugeot Citroën au Mondial de l'automobile, elle est prête à être industrialisée mais ne sera pas commercialisée sans assurance de rentabilité.
LVMH montait de 1,55% à 127,85 euros après une note positive d'Exane Paribas, qui a estimé que le groupe français et son concurrent Hermes étaient les mieux armées pour affronter une période qui s'annonce tendue pour l'industrie du luxe. Hermès gagnait de son côté 0,32% à 237,40 euros.
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