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Israël: Netanyahu déjoue les pronostics et reste dans la course gouvernementale

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Le 17 mars 2015 à 23h24

Le Premier ministre israélien sortant Benjamin Netanyahu a déjoué tous les pronostics en faisant au moins jeu égal avec son rival travailliste Isaac Herzog aux élections mardi et en semblant disposer d'une marge de manœuvre plus favorable pour former le prochain gouvernement.

"Contre tous les pronostics: une grande victoire pour le Likoud! Une grande victoire pour le peuple d'Israël!" a tweeté M. Netanyahu malgré les résultats apparemment serrés.

M. Herzog, dans son style aux antipodes de celui de M. Netanyahu, s'est montré plus prudent tout en assurant que les résultats, les meilleurs du parti travailliste depuis 1992 selon lui, lui permettaient de "construire un véritable gouvernement social".

Mais "il faut attendre les véritables résultats parce que pour le moment, tout ce que nous avons, ce sont des sondages", a-t-il dit à ses supporteurs rassemblés à Tel-Aviv.

Le Likoud de M. Netanyahu était crédité de 28 sièges sur les 120 de la Knesset, soit un de plus que la liste centre gauche Union sioniste de M. Herzog, dans le sondage à la sortie des urnes de la chaîne de télévision Channel 2. Les deux listes étaient en revanche à égalité avec 27 mandats dans deux autres projections de Channel 1 et Channel 10.

La dispersion des voix entre une dizaine de partis et la complexité des alliances possibles rend encore incertain le nom du prochain Premier ministre appelé à gérer les relations dégradées avec le grand allié américain, faire face à l'offensive diplomatique palestinienne et aux menaces sécuritaires, et répondre aux vives attentes économiques et sociales exprimées pendant la campagne.

- La fête chez les Arabes israéliens -

Mais M. Netanyahu, au pouvoir depuis mars 2009, semble mieux placé que M. Herzog pour être appelé par le président Reuven Rivlin à former un gouvernement. Il s'agirait de son troisième mandat consécutif de Premier ministre, le quatrième au total avec celui de 1996 à 1999.

"Netanyahu a réussi son coup. Il est parvenu à remonter la pente au finish. Il peut soit former un gouvernement de droite avec les partis religieux et Avigdor Lieberman, soit un gouvernement d’union nationale", dit à l'AFP Claude Klein, spécialiste de droit constitutionnel à l’Université hébraïque de Jérusalem. "Sur le papier, Herzog n’a aucune chance de constituer une majorité qui dépendrait du soutien de la liste arabe".

"Nous sommes déçus", ne cachait pas un sympathisant de M. Herzog, "Netanyahu a remonté la pente ces trois derniers jours. Il a pris énormément de voix à Lieberman et (Naftali) Bennett", deux têtes de liste de droite.

L'heure était au contraire à la fête à Nazareth, au quartier général de la liste représentant les Arabes israéliens, descendants des Palestiniens restés sur leurs terres à la création d'Israël en 1948.

Elle a créé un autre évènement de ce scrutin en terminant troisième, avec 12 ou 13 sièges, selon les sondages. Mais son soutien à la liste de centre gauche pourrait faire perdre à M. Herzog d'autres partenaires éventuels.

- Au président de jouer -

Les sondages confirment le rôle de faiseur de roi prédit à Moshé Kahlon, un ancien du Likoud qui ratissait au centre et s'est jalousement gardé d'énoncer ses intentions. Dans son offensive de dernière minute, M. Netanyahu lui a promis le portefeuille des Finances.

Une fois que les résultats officiels auront été proclamés, peut-être d'ici à la fin de la semaine, M. Rivlin aura sept jours pour accomplir la tâche capitale de choisir auquel des 120 députés élus confier la formation du gouvernement.

Les consultations ont commencé dès mardi.

Si les sondages sont confirmés, M. Netanyahu a déjà réussi à faire mentir les enquêtes d'opinion qui annonçaient son parti quatre sièges derrière l'Union sioniste.

Ces élections auxquelles ont participé 71,8% des électeurs (contre 67,8% en 2013) passaient dans une large mesure pour un référendum pour ou contre M. Netanyahu.

C'est M. Netanyahu lui-même qui les a provoquées plus de deux ans avant l'échéance en rompant fin 2014 une coalition gouvernementale trop indisciplinée à son goût.

Il se pensait en position de force face à ses adversaires, à commencer par M. Herzog, un avocat de formation de 54 ans, plusieurs fois ministre, volontiers raillé pour son absence de charisme.

- Bec et ongles jusqu'au bout -

Durant la campagne, M. Netanyahu s'est posé en garant de la sécurité d'un pays qui, officiellement, a livré huit guerres depuis sa création en 1948.

Avant les élections, ses discours alarmistes et son intervention exceptionnelle devant le Congrès américain sur le nucléaire iranien semblaient ne pas devoir suffire face aux attaques de M. Herzog et de son alliée centriste Tzipi Livni sur le terrain de la cherté de la vie, du prix des logements et des inégalités.

Devant les sondages défavorables, M. Netanyahu s'est démené dans les derniers jours pour ramener au bercail les déçus du Likoud et rallier les indécis.

Lundi, il a encore fait monter les enchères en enterrant l'idée d'un Etat palestinien coexistant avec Israël s'il conservait son poste.

Le jour même du vote, il se battait encore bec et ongles, allant jusqu'à organiser une intervention devant la presse à sa résidence et à s'attirer une interdiction de diffusion en direct de la part de la commission électorale.

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Le 17 mars 2015 à 23h24

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