Inde: la croissance sous la barre des 5% en 2013/14, casse-tête pour Modi
La croissance en Inde a atteint 4,7% sur l'exercice 2013/14 (clos fin mars), un rythme inférieur aux prévisions du gouvernement et qui illustre l'ampleur des défis qui attendent le nouveau Premier ministre Narendra Modi.
L'Inde enregistre une croissance du PIB inférieure à 5% pour la deuxième année consécutive, une hausse inférieure à la prévision de 4,9% formulée par le gouvernement conduit par le parti du Congrès récemment défait aux législatives.
Pour le seul quatrième trimestre (janvier-mars), la croissance a atteint 4,6% sur un an, selon les chiffres officiels publiés vendredi.
L'Inde avait connu une croissance de près de 10% pendant environ une décennie avant de plonger depuis trois ans.
L'industrie manufacturière a affiché l'an dernier une contraction de 0,7% de son activité, reflétant les difficultés de production d'un pays qui souffre d'un manque d'infrastructures. L'agriculture a enregistré de son côté une croissance de 4,7% sur un an.
Sur le seul dernier trimestre de l'exercice, l'activité de l'industrie manufacturière s'est contractée de 1,4% tandis que l'agriculture a progressé de 6,3%.
Le Premier ministre Narendra Modi, qui a pris ses fonctions lundi fort d'une large majorité au parlement, a promis une relance de l'activité et de l'emploi mais il doit affronter une situation délicate, conjuguant croissance au ralenti et inflation galopante. La hausse des prix frôle les 10% depuis un an.
"La tentation existe de considérer ces chiffres comme de l'histoire ancienne étant donné que la situation a beaucoup changé depuis", relèvent les économistes de Capital Economics dans une note, en référence à la large victoire de Modi qui lui donne les coudées franches pour mettre en place ses réformes.
"Mais ils sont un rappel de la force des vents contraires qui rendent un soudain retournement de l'économie improbable", ajoutent-ils. Le consensus des économistes table sur une accélération de la croissance à +5,3% en 2014/15.
Pour faciliter le redémarrage de l'activité, ils s'attendent à ce que Modi facilite les autorisations pour les projets de construction d'infrastructures et d'exploitation de mines et qu'il relève les plafonds d'investissements étrangers dans plusieurs secteurs de l'industrie.
La fédération patronale FICCI a estimé de son côté que le ralentissement de l'économie appartenait au passé et que la reprise s'annonçait.
"La croissance de l'industrie manufacturière déçoit. La tendance doit être inversée", estime cependant Sidharth Birla, président de la FICCI, dans un communiqué.
"Les contraintes procédurales et réglementaires doivent être revues pour promouvoir l'esprit d'entreprise", a-t-il ajouté.
Le nouveau ministre des Finances, Arun Jaitley, a récemment reconnu qu'il prenait ses fonctions dans une "période difficile".
Il a rencontré mercredi le gouverneur de la banque centrale indienne (RBI), Raghuram Rajam, alors que les analystes s'interrogent sur de possibles divergences entre la volonté de la RBI de juguler l'inflation et celle du gouvernement de relancer la croissance.
La RBI, qui a relevé trois fois ses taux depuis septembre, réunit son comité de politique monétaire mardi. Elle devrait maintenir ses taux inchangés, selon les économistes.