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France: pour la première fois, la dette au-delà des 2.000 milliards d'euros

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Le 30 septembre 2014 à 11h45

La dette publique de la France a dépassé pour la première fois la barre symbolique des 2.000 milliards d'euros à la fin du deuxième trimestre, et a doublé en dix ans, noircissant encore le tableau pour le gouvernement à la veille de la présentation du budget 2015.

Les sommes dues par l'Etat, la Sécurité sociale et les collectivités locales ont ainsi atteint un nouveau record à la fin juin, à 2.023,7 milliards d'euros, a annoncé mardi l'Institut national de la statistique et des études économiques.

Ce montant a pratiquement doublé en 10 ans: fin juin 2004, la dette brute du pays s'établissait à 1.081,6 milliards d'euros.

Sur le seul deuxième trimestre, cette dette publique brute, mesurée selon les critères du traité de Maastricht, a encore progressé de 28,7 milliards d'euros. Une hausse imputable à l'Etat, dont la contribution à la dette a augmenté de 35,2 milliards d'euros, tandis que celle des administrations de Sécurité sociale a diminué de 3,9 milliards et celle des administrations publiques locales, de 1,6 milliard.

Après la publication de l'Insee, le gouvernement a rappelé avoir largement hérité de cette situation d'endettement croissant. Le ministère des Finances souligne ainsi que la dette avait déjà doublé entre 2002 et 2012, passant de 930 à 1.860 milliards d'euros, dont 600 milliards entre 2007 et 2012 (soit pendant la présidence de Nicolas Sarkozy).

La courbe de la dette publique française montre une nette accélération à partir de fin 2007, pour cause de crise financière puis économique. "Chaque fois qu'on perd un point de PIB, l'Etat perd 10 milliards (...) en recettes fiscales, en cotisations sociales", rappelle Henri Sterdyniak, économiste à l'OFCE.

A cet égard, "il n'y a pas de spécificité française", souligne-t-il: si le ratio dette sur produit intérieur brut (PIB) a bondi d'environ 30 points en France pendant la crise, la hausse a été de 50 points au Royaume-Uni, et de quelque 60 points en Espagne.

- La crise n'explique pas tout -

Mais l'économiste signale aussi que la France est entrée dans la crise avec un déséquilibre budgétaire déjà relativement élevé, du fait des politiques de relance du gouvernement Jospin et des réductions d'impôts au début du quinquennat Sarkozy: "La crise a aggravé un phénomène qui existait déjà".

Rapportée au revenu national, la dette publique atteint 95,1% du PIB à la fin du deuxième trimestre, soit 1,1 point de plus qu'au trimestre précédent. L'Allemagne elle, qui avait creusé sa dette moins fortement durant la crise (de moins de 20 points de PIB), a déjà commencé à la réduire, la ramenant à 78,4% fin décembre contre 81% en 2012.

Dans ses dernières prévisions, le gouvernement tablait sur une dette publique à 95,1% du PIB seulement à la fin de l'année, et sur une décrue à partir de 2016, mais ces prévisions n'ont pas été mises à jour après l'abaissement des estimations de croissance et le relèvement de celles concernant le déficit, le 10 septembre.

Dans un contexte de croissance atone et d'inflation extrêmement réduite, Bercy table sur un déficit public de 4,4% du PIB cette année, après 4,2% en 2013, et le budget 2015, qui sera présenté mercredi, devrait confirmer un reflux seulement léger, à 4,3%. Un déficit que le pays doit financer en empruntant, et donc en s'endettant davantage.

"La politique menée par (l'actuel) gouvernement, qui repose à la fois sur un assainissement des finances publiques avec un programme d'économies et sur une stratégie de croissance avec le CICE (Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, NDLR) et le Pacte de responsabilité, doit permettre de stopper la croissance de la dette", affirme Bercy.

Mais à court terme, avec un numérateur (la dette brute) qui progresse et un dénominateur (la production économique) qui stagne, le ratio dette/PIB va mécaniquement continuer à progresser.

Certains économistes jugent même désormais inévitable qu'il arrive à 100% en 2016 ou 2017, un niveau déjà atteint ou dépassé par plusieurs pays européens, dont la Grèce, Chypre et le Portugal, ainsi que l'Irlande, l'Italie et la Belgique.

Dans ce panorama sombre, une raison de se réjouir toutefois: la France emprunte toujours à des taux très bas - environ 1,35% pour le taux à 10 ans, qui fait référence -, ce qui permet d'éviter que les intérêts ne viennent encore alourdir davantage la facture.

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Le 30 septembre 2014 à 11h45

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