ExxonMobil mis à l'amende pour non respect de sanctions contre la Russie sous Tillerson
Le département du Trésor a infligé jeudi une amende de 2 millions de dollars à ExxonMobil pour n'avoir pas respecté les sanctions contre la Russie alors que le secrétaire d'Etat Rex Tillerson dirigeait encore le géant pétrolier.
Il est reproché à Exxon d'avoir enfreint en mai 2014 les sanctions liées à l'Ukraine. Deux de ses filiales avaient signé des contrats avec un responsable pétrolier russe qui était sur la liste noire des sanctions du Trésor.
Le groupe pétrolier américain est accusé d'avoir signé des documents relatifs à des projets d'exploitation de gas et de pétrole en Russie avec Igor Sechin, président du géant pétrolier et gazier russe Rosneft.
Deux mois plus tôt, dans le cadre des sanctions économiques américaines décrétées en réponse aux actions de la Russie visant à déstabiliser la situation en Ukraine, les avoirs de M. Sechin ont été bloqués. Il a été interdit à tout ressortissant ou entreprise américaine de faire des affaires avec lui, rappelle le Trésor. Le groupe Rosneft lui-même n'était pas l'objet des sanctions.
ExxonMobil, dirigé à l'époque par Rex Tillerson, l'actuel secrétaire d'Etat de Donald Trump, s'est défendu jeudi dans une réaction obtenue par l'AFP.
"L'action de l'OFAC", l'agence du Trésor qui applique les sanctions financières, "est fondamentalement injuste", affirme le groupe qui accuse l'agence gouvernementale de "tenter de faire appliquer rétroactivement une nouvelle interprétation incompatible avec les directives de la Maison-Blanche et du Trésor" de l'époque.
"ExxonMobil a suivi ces directives claires (...) quand ses collaborateurs ont signé avec Rosneft, une entité non-bloquée (par les sanctions), des documents à propos d'activités gazières et pétrolières en Russie", explique le groupe américain.
Il ajoute que ces documents ont été signés "au nom de Rosneft par le PDG Igor Sechin qui agissait en sa qualité de représentant officiel" du groupe russe.
L'OFAC a récusé ces arguments faisant une distinction entre la capacité "professionnelle" et "personnelle" du responsable russe. Elle cite des facteurs "aggravants" dans l'infraction commise par Exxon jugeant que le groupe texan a "démontré un mépris flagrant pour les exigences des sanctions" et connaissait le statut de M. Sechin par rapport à ces sanctions.
Le chef de la diplomatie américaine, Rex Tillerson, est un ingénieur texan de 65 ans qui a passé 28 ans chez Exxon. Il a dirigé le groupe pendant dix ans. Il est considéré comme un proche du président russe Vladimir Poutine qui l'avait décoré en 2013 de l'ordre de l'Amitié russe.