Européennes : l'Europe de l'Est et l'Irlande votent
Les Tchèques et les Irlandais votaient vendredi aux élections européennes, un scrutin qui devrait être marqué par une poussée des europhobes, malgré l'échec essuyé jeudi par les populistes eurosceptiques néerlandais.
Au coup d'envoi de ce scrutin donné par les Pays-Bas - qui élisent 26 députés sur les 751 siégeant au Parlement européen - et le Royaume-Uni (73 députés), le populiste néerlandais Geert Wilders a fait un score décevant. Selon un sondage de sortie des bureaux de vote, il obtiendrait trois sièges, contre cinq précédemment.
Les premiers résultats officiels de ce scrutin de ces élections étalées sur quatre jours dans les 28 pays de l'Union européenne seront communiqués dimanche soir, lorsque les derniers bureaux de vote auront fermé.
D'ores et déjà, le parti britannique Ukip populiste et eurohobe, a revendiqué vendredi une forte poussée aux élections locales de la veille en Angleterre et en Irlande du Nord, au détriment des trois partis traditionnels.
Ce pourrait donner une indication sur le résultat des Européennes en Grande-Bretagne, où l'on ne connaîtra le verdict que dimanche soir.
"Sans vouloir vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué, ça a l'air bien parti", s'est félicité à cet égard le chef de l'Ukip, Nigel Farage, qui veut faire sortir la Grande-Bretagne de "l'Europe politique" et qui a prédit de longue date un "séisme" pour dimanche.
La poussée des eurosceptiques reste attendue aussi en France (74 eurodéputés), où le Front national fait toujours la course en tête avec 23,5% des intentions de vote, selon un sondage publié jeudi.
En Irlande (11 eurodéputés), le vote intervient cinq mois après la sortie de ce pays d'un programme de sauvetage parrainé par l'UE et le FMI.
"Il semble que ce soit l'Europe qui ait poussé à l'austérité, mais je pense que peu de crédit doit aussi aller au gouvernement pour les changements de ces dernières années", a déclaré Noel, 23 ans, dans un bureau de vote à Milltown, dans la banlieue sud de Dublin.
"Cela dit, il semble y avoir parfois une réelle séparation entre l'Irlande et l'Europe", a-t-il dit à l'AFP.
- Les pro-européens en bonne place -
En Europe centrale et orientale, les Tchèques ont ouvert le scrutin à 12H00 GMT et seront suivis samedi par les Slovaques et les Lettons. Dans les autres pays de la région, qui, avec quelque 100 millions d'habitants, envoient au total 199 députés au Parlement européen, les élections auront lieu dimanche.
Les pro-européens devraient arriver en bonne place en République tchèque, longtemps perçue comme le plus eurosceptique de la région. Le parti ANO (centriste, populiste), son allié social-démocrate CSSD dans la coalition au pouvoir et le TOP 09 (opposition de droite) sont donnés favoris.
Le discours eurosceptique de Vaclav Klaus (président 2003-2013) et du parti de droite ODS actuellement dans l'opposition, s'est déjà volatilisé", estime le politologue Jiri Pehe, interrogé par l'AFP.
Selon M. Pehe, c'est le Parti communiste KSCM qui ramasse, outre les voix de l'extrême gauche, celles aussi des nationalistes modérés.
- Faible participation -
Dans cette zone, qui a largement profité de son adhésion à l'UE et que la crise ukrainienne a majoritairement confortée dans cette voie, l'abstention devrait toutefois être importante, comme en Europe occidentale.
Mais, selon les sondages, les électeurs de la plupart des pays de l'Est, pour lesquels l'appartenance à l'UE et à l'Otan constitue une garantie de leur sécurité, devraient s'inscrire en faux contre l'euroscepticisme palpable dans l'ouest du continent.
"La récente absorption par la Russie de la péninsule de Crimée et le potentiel militaire massé à Kaliningrad, enclave russe au bord de la Baltique coincée entre la Pologne et la Lituanie, sont une source d'inquiétude dans une bonne partie de cette région, située aux frontières orientales de l'UE et dominée il y a encore un quart de siècle par l'ex-URSS.
La Hongrie est le seul pays de la région à s'attendre à un succès des eurosceptiques. Le parti ultranationaliste Jobbik, deuxième force politique hongroise, est crédité de quelque 17% des intentions de vote.
En revanche, en Pologne, poids lourd de la région où 51 sièges sont en jeu, la Plateforme civique (PO), parti centriste et pro-européen du Premier ministre Donald Tusk, est au coude à coude avec la formation conservatrice Droit et Justice (PiS), alors que les mouvements résolument antieuropéens sont marginalisés.
En Slovaquie, le parti social-démocrate au pouvoir Smer-SD est crédité d'environ 38% des intentions de vote.
Dans les trois pays baltes, anciennes républiques soviétiques, l'inquiétude à l'égard de la Russie domine.
En Lettonie, où les russophones représentent un quart de la population, un parti pro-Poutine arrivé en tête des dernières législatives pourrait remporter les européennes.