Espagne : La prison
Le pacte d'Etat signé lundi entre le gouvernement et le principal parti de l'opposition en Espagne, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), pour lutter contre le terrorisme jihadiste comprend une mesure incluant notamment la prison à vie pour les personnes qui commettront des attentats terroristes meurtriers dans le pays.
Actuellement en Espagne, peu importe le crime, la sentence maximale est de 40 ans, et il est rare qu'un condamné passe autant d'années en prison.
Le chef gouvernement central Mariano Rajoy et le secrétaire général du PSOE, Pedro Sanchez se sont accordés lundi pour introduire de nouvelles dispositions législatives destinées à prévenir le départ de leurs citoyens vers des zones de conflit et des attaques terroristes sur le territoire espagnol.
La prison permanente révisable, prévue dans ce document, était l'un des principaux points de divergence entre le gouvernement et le PSOE pour signer le texte, qui a été adopté après plus de deux semaines de négociations. Ledit pacte sera débattu le10 février au Congrès des députés (Chambre basse du parlement).
La nouvelle législation antiterroriste couvrira de ce fait la diffusion de messages sur Internet, le financement d'activités criminelles et les déplacements vers des zones de conflits.
De même, les ressources de la justice et de la police seront renforcées afin qu'elles puissent mieux combattre toutes les formes de terrorisme, y compris celle des "Loups solitaires" qui agissent en dehors de toute organisation terroriste.
Ainsi, selon la nouvelle loi, toute personne reconnue coupable d'avoir perpétré un attentat terroriste ayant causé la mort pourra être condamnée à la prison à perpétuité. Et après 35 ans de détention, une commission de révision judiciaire décidera si le condamné serait admissible à une libération conditionnelle, selon la nouvelle loi.
Le texte réduit toutefois de 8 à 5 ans la peine maximale pour ceux qui se rendent à des zones de conflits comme la Syrie et l'Irak. Il prévoit également des peines de 20 ans pour trafic d'armes.
Si cette législation sera adoptée par le Parlement où le PP dispose de la majorité, ce sera la première fois que la justice espagnole autorise la prison à vie depuis la fin de l'époque du général Francisco Franco en 1975.
Dans une déclaration après la signature de ce pacte d'Etat, Mariano Rajoy a affirmé que cet accord est la preuve que l'Espagne est "l'une des démocraties les plus consolidées du monde", qualifiant cet accord de "pas conjoint important".
Le dirigeant espagnol a souligné que ce consensus avec le PSOE contribue à faire de l'Espagne "un pays plus sûr et des Espagnols un peuple plus libre", ajoutant que cet accord constitue aussi un "message clair" aux radicaux que la société espagnole est "cohérente" et dote l'Espagne de "meilleurs outils juridiques et opérationnels" pour garantir la liberté des Espagnols face à la "grande menace de nos jours", qu'est le terrorisme.
"Contre le terrorisme et pour la liberté, nous avons été toujours ensemble et nous le serons toujours, populaires et socialistes", a dit Rajoy précisant que les deux principales forces politiques du pays constituent "une seule force" quand il s'agit de défendre ce que veulent "tous" les Espagnols, à savoir "le droit de vivre dans une société libre sans peur".
De son côté, le secrétaire général du PSOE a mis l'accent sur l'importance de "l'unité" entre toutes les forces politiques du pays pour lutter contre le fléau du terrorisme, invitant les autres formations politiques à adhérer à ce pacte, qui selon lui, constitue un accord "indispensable" apportant plus d'efficacité à la lutte contre le terrorisme, sans toutefois "limiter" les libertés des citoyens.
Ce pacte est intervenu trois semaines après les attentats terroristes perpétrés à Paris, faisant 17 morts et plusieurs blessés.
KN---BI.
TI. MAP 031220 GMT fév 2015