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Espagne : la cellulle jihadiste “démantelée”, un homme encore en fuite

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Le 19 août 2017 à 20h26

Une cellule "démantelée" selon les autorités, mais un homme encore en fuite : la traque d'un des derniers membres du groupe qui a commis les attentats de cette semaine en Espagne, revendiqués par le groupe Etat Islamique, se poursuivait samedi.

Après l'avoir fait pour l'attentat à la camionnette-bélier de jeudi à Barcelone dont le bilan est de 13 morts et de plus de 120 blessés, l'organisation jihadiste a en effet clamé samedi la responsabilité de celui de Cambrils, qui a fait un mort et six blessés, vendredi juste après minuit.

L'EI a en outre revendiqué l'attaque au couteau qui a fait samedi sept blessés à Sourgout, en Sibérie.

En Espagne, "la cellule a été démantelée", s'est empressé d'affirmer le ministre espagnol de l'Intérieur Juan Ignacio Zoido.

Mais la police catalane a tenu à nuancer, rappelant qu'"une personne [faisait] toujours l'objet d'un avis de recherche".

Samedi, l'imam Abdelbaki Es Satty du village catalan de Ripoll, d'où sont originaires une partie des auteurs présumés des attaques, des enfants d'immigrés marocains, concentrait l'attention, la presse s'interrogeant sur son rôle dans l'éventuelle radicalisation très rapide des auteurs.

Le domicile de l'homme, qui a disparu depuis mardi, a été perquisitionné à l'aube, selon Nourddem, son colocataire qui a assisté à l'opération de police.

Et, pendant ce temps, les policiers recherchaient toujours Younès Abouyaaqoub, un Marocain de 22 ans dont la photo a été diffusée.

- Bougies -

Le roi d'Espagne Felipe VI a voulu redonner confiance.

Il s'est recueilli devant un autel improvisé fait de fleurs et de bougies rouges sur les Ramblas, la fameuse avenue de Barcelone visée par l'attentat.

Le monarque a repris l'expression devenue le slogan d'une ville qui refusait samedi soir de perdre sa joie de vivre : "Nous n'avons pas peur".

"Et nous n'aurons pas peur à l'avenir", a-t-il déclaré après s'être rendu avec son épouse Letizia au chevet des blessés, dont 12 sont entre la vie et la mort, dans les deux hôpitaux de Barcelone.

Sur cette avenue emblématique, la vie a doucement repris son cours samedi.

Une grappe de taxis jaunes a défilé en klaxonnant, avec des pancartes "No tinc por", "je n'ai pas peur" en catalan, et des ballons blancs.

- Garde à vue -

Ailleurs, au moins quatre suspects étaient toujours en garde à vue, qui en Espagne, en matière de terrorisme, peut durer jusqu'à cinq jours.

La "cellule" mise au jour était comptait au moins dix membres : les cinq auteurs de l'attaque de Cambrils, qui s'est produite huit heures après celle de Barcelone, tous abattus; une personne tuée dans l'explosion accidentelle de gaz dans une maison à Alcanar, à 200 km sud de Barcelone; une deuxième, qui pourrait aussi avoir péri; les quatre personnes interrogées et l'homme encore recherché.

D’après le quotidien El Pais qui cite des sources policières, l’imam pourrait avoir été tué dans l'explosion d'Alcanar.

"La dernière fois que je l’ai vu, c’était mardi (la veille de l'explosion) et il m’a dit qu’il allait voir sa femme au Maroc", a raconté Nourddem, un voisin, à l’AFP.

La déflagration d'Alcanar aura peut être évité un drame bien plus important : les policiers ont découvert plus de 30 bombonnes de gaz, qui auraient pu servir à la fabrication d'engins explosifs.

Le gouvernement a décidé samedi de maintenir le niveau d'alerte terroriste à 4, évitant son niveau maximum, 5, synonyme de risque d'attentat imminent, mais renforçant encore les mesures de protection à un moment où la haute saison touristique bat son plein.

L'annonce de l'implication présumée d'un dénommé Moussa Oukabir et de son frère Driss (27 ans, arrêté jeudi) dans les attentats a suscité une onde de choc chez leurs proches, à Melouiya, une bourgade sans histoire du Moyen Atlas au Maroc, qui affirment qu'ils "ne montraient aucun signe de radicalisation".

La récente vague d'attentats qui a touché de nombreux pays européens (France, Belgique, Royaume-Uni, Allemagne, etc.) avait jusqu'ici épargné l'Espagne, frappée en 2004 par des attaques qui avaient fait 191 morts dans la région de Madrid.

Samedi, la Russie a également été touchée : un homme a attaqué au couteau des passants à Sourgout, une ville de 330.000 habitants, avant d'être abattu par la police. L'assaillant était "un soldat de l'EI", a assuré l'Etat islamique.

Après une messe solennelle dimanche à 10h00 (8h00 GMT), le président catalan Carles Puigdemont donnera une conférence de presse avec les correspondants étrangers.

Barcelone tentera aussi dimanche de revenir à la normale avec un premier match dans son fameux Camp Nau.

Il opposera le Betis de Séville au F.C. Barcelone dans la soirée, à la fin de son troisième et dernier jour de deuil.

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Le 19 août 2017 à 20h26

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