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Equateur: Lenin Moreno, nouveau président qui veut consolider la gauche

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Le 24 mai 2017 à 17h43

Lenin Moreno a été investi mercredi président de l'Equateur, avec l'objectif de consolider le "Socialisme du XXIe siècle" impulsé par son prédécesseur Rafael Correa, un espoir pour une gauche affaiblie en Amérique latine, voire en crise comme au Venezuela.

Lenin Moreno, 64 ans, diplômé en administration publique, a prêté serment devant le Congrés en présence d'une dizaine de chefs d'Etat de la région, notamment de Bolivie, de Colombie, du Chili ou encore du Pérou.

Nicolas Maduro, président d'un Venezuela en pleine tourmente politico-économique, était absent.

"Vous êtes légalement et constitutionnellement intronisé président des Equatoriens", a déclaré José Serrano, président de l'Assemblée nationale, chambre unique du Parlement, dominé par le parti présidentiel Alliance Pais (AP - Patria Altiva i Soberana: Patrie altière et souveraine - l'acronyme jouant sur le mot "pays" en espagnol).

Paraplégique depuis une attaque à main armée en 1998, M. Moreno devient l'un des rares chefs d'Etat, avec Franklin Roosevelt (Etats-Unis, 1933-1945), à se déplacer en fauteuil roulant et le premier de ce pays pétrolier, en difficultés économiques avec la chute des cours du brut.

Ancien vice-président (2007-2013) de M. Correa, il entend poursuivre une politique économique de gauche, soutenue par l'Etat, mais avec une gestion adéquate des ressources pour plus de justice sociale. Son programme vise à "approfondir les changements obtenus, à défendre les avancées sociales".

- Modèle socialiste en crise -

Grâce aux recettes pétrolières, son prédécesseur, resté dix ans au pouvoir, a privilégié les investissements sociaux pour combattre les inégalités et maintenu les subventions aux carburants, en impulsant une "révolution citoyenne". Mais il laisse un pays en crise.

Cette dernière décennie, la dette externe a grimpé de 150%, à près de 25,7 milliards de dollars (26,3% du PIB). L'économie s'est contractée de 1,5% en 2016 et le baril de pétrole, premier produit d'exportation, a fondu de 98 dollars en 2012 à 35 en 2016, avant de remonter à 45 dollars au cours du trimestre passé.

Le modèle de Rafael Correa, fondé sur un Etat interventionniste, "a besoin d'une aubaine économique pour se maintenir" et "est en crise", estime Pablo Ospina, analyste de l'Université andine Simon Bolivar à Quito.

Pour Simon Pachano, de la Faculté latino-américaine de sciences sociales (Flacso), la conjoncture pour M. Moreno "va être très difficile surtout du fait de la situation économique".

Le politologue doute qu'il puisse maintenir le niveau de dépenses sociales du corréisme, qui assure avoir réduit la pauvreté de 36,7% en 2007 à 22,9% en 2016 et la misère extrême de 16,5% à 8,7%.

M. Moreno a dévoilé mardi un cabinet composé de chefs d'entreprise, de dirigeants sociaux et de fonctionnaires de l'ancienne équipe, tels que Maria Fernanda Espinosa et Miguel Carvajal, qui restent respectivement ministre des Affaires étrangères et de la Défense.

- 'Président du dialogue' -

Il a supprimé six ministères coordinateurs, comme celui de Politique économique, et octroyé les Finances à Carlos De la Torre, ex-conseiller de la Banque centrale, et les Hydrocarbures à Carlos Perez, ex-dirigeant de la compagnie pétrolière américaine Halliburton pour les Amériques.

"C'est le moment de renouveler les engagements comme d'affronter ensemble de nouveaux défis. Je travaillerai pour chacun d'entre vous, pour ceux qui ont voté en ma faveur comme ceux qui ne l'ont pas fait", déclarait-il déclaré la semaine dernière.

Au terme de l'élection présidentielle la plus disputée de ces dix dernières années en Equateur, Lenin, comme l'appelle ses partisans, l'a emporté de 2,3 points au second tour du 2 avril face à son adversaire de droite, le banquier Guillermo Lasso.

Mais l'opposition a gagné du terrain au Parlement: la majorité présidentielle détient encore 74 des 137 sièges, mais plus celle des deux-tiers comme auparavant, ce qui lui permettait de réformer la Constitution.

"Je serai le président du dialogue", a affirmé Lenin Moreno.

Rafael Correa, élu pour la première fois fin 2006, puis réélu deux fois dès le premier tour, a décidé de se consacrer à sa famille et à l'enseignement de l'économie, sans toutefois écarter un éventuel retour en politique.

"Je m'en vais le coeur plein de gratitude pour mon peuple, qui ne nous a jamais fait défaut", a-t-il tweeté lundi.

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Le 24 mai 2017 à 17h43

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