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En pleine négociation avec l'UE, Athènes semble chercher d'autres appuis

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Le 4 avril 2015 à 19h38

En pleine négociation difficile avec ses partenaires de l'Union européenne, Athènes a annoncé samedi la visite du ministre des Finances à Washington, précédant de quelques jours celle du Premier ministre à Moscou.

Yanis Varoufakis rencontrera dimanche la directrice générale du FMI Christine Lagarde, puis lundi des responsables du Trésor américain, dont Nathan Sheets, sous-secrétaire au Trésor américain en charge des affaires internationales. Il s'entretiendra aussi avec Caroline Atkinson, la conseillère de Barack Obama pour les affaires économiques internationales.

Un porte-parole de M. Varoufakis a expliqué à l'AFP que celui-ci voulait associer le FMI au déroulement des négociations en cours avec l'Union européenne, et qu'il était "normal" de présenter les réformes envisagées aux Etats-Unis, premier actionnaire du FMI.

La Grèce attend de l'UE le versement d'une dernière tranche d'aide de 7,2 milliards d'euros, dans le cadre des plans d'aide de 240 milliards d'euros accordés par l'Europe et le FMI depuis 2010.

Le nouveau gouvernement de gauche radicale doit présenter d'ici la fin avril à l'Eurogroupe une liste de réformes suffisamment convaincantes pour obtenir le reliquat d'aide.

Le Fonds monétaire international, lui, a des versements prévus à la Grèce jusqu'en 2016.

Le FMI est souvent apparu plus compréhensif que certains créanciers européens comme l'Allemagne. Quant au gouvernement américain, il souligne à toute occasion le rôle "stabilisateur" précieux de la Grèce à l'est de l'Europe.

- "Confiance et crédibilité" -

Depuis trois semaines, court la rumeur que la Grèce ne pourra pas honorer le 9 avril son prochain versement de 460 millions d'euros de remboursement au FMI. Elle a été alimentée par une lettre alarmiste du Premier ministre Alexis Tsipras à la chancelière allemande Angela Merkel le 15 mars, prévenant que, faute de versement rapide de l'argent attendu de l'UE, la Grèce pourrait ne pas honorer ses prochains remboursements.

Un défaut pourrait avoir des conséquences difficilement calculables. Les craintes sont alimentées par la fuite des capitaux récemment constatée dans les banques grecques (25 milliards de décembre à février) et les moindres rentrées d'impôts dans les caisses de l'Etat.

Certains économistes ont prédit une possible mise en place brutale d'un contrôle des capitaux grecs pendant le week-end de Pâques orthodoxe, la semaine prochaine, comme à Chypre il y a deux ans. Et cette fin de semaine, un article du quotidien britannique Telegraph annonçant le retour de la drachme et un défaut de paiement sur l'échéance du 9 a été la vedette des réseaux sociaux. Mais le gouvernement a affirmé que cette échéance serait honorée.

Ensuite Athènes devra encore trouver quelque 13 milliards d'euros d'ici fin août pour le FMI et la BCE notamment, tout en renouvelant les bons du Trésor à trois et six mois, et en faisant tourner l'Etat.

Pure stratégie de pression sur l'UE, ou vrai besoin d'argent pressant, la visite de M. Varoufakis à Washington précède de peu celle à Moscou de M. Tsipras. L'annonce de cette visite avait surpris, le Premier ministre ayant déjà prévu de se rendre en Russie en mai pour les festivités du 70ème anniversaire de la victoire des Alliés.

Le président du Parlement européen Martin Schulz, interrogé par le journal allemand Hannoversche Allgemeine Zeitung, a demandé à M. Tsipras de "ne pas mécontenter ses partenaires européens" en risquant de rompre l’unanimité de l'UE vis à vis de la Russie. Cela alors que la liste de réformes mise au point par la Grèce et la récente visite de M. Tsipras à Berlin "plaçaient Athènes en position de retrouver confiance et crédibilité".

Dans une interview au Rheinische Post, le ministre allemand de l'Economie Sigmar Gabriel a préféré minimiser le risque stratégique : "Je ne peux imaginer que quiconque à Athènes soit prêt à tourner le dos à l'Europe pour se jeter dans les bras de la Russie", a-t-il dit.

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Le 4 avril 2015 à 19h38

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