Donald Trump se ressource auprès de ses partisans à Phoenix
Au lendemain d'une allocution solennelle sur l'Afghanistan, le président américain Donald Trump retrouve mardi sa base électorale lors d'un meeting dans l'Arizona, où des manifestants se sont également donné rendez-vous.
Comme il le fait régulièrement depuis son accession au pouvoir il y a sept mois, le dirigeant devait s'exprimer devant des milliers de supporteurs dans un grand centre de convention à Phoenix. Son discours pourrait mêler priorités politiques et commentaires sur l'actualité --et peut-être un appel à "l'amour" similaire à celui lancé lundi, lorsqu'il a dénoncé les "préjugés" et "l'intolérance".
Plusieurs centaines de personnes faisaient la queue pendant des heures sous un soleil de plomb en l'attendant, dans le calme.
Beaucoup étaient vêtues en blanc, bleu et rouge, tandis que des vendeurs présentaient les inévitables casquettes "Make America Great Again", son slogan de campagne. Sur les pancartes, une phrase revenait sans cesse: "Trump a gagné, allez-y, pleurez".
Megan, employée de 25 ans dans un centre de service après-vente, s'intéresse d'abord à l'Afghanistan, ayant de la famille dans l'armée. "Quoiqu'il dise, je le soutiendrai", dit-elle. "A ce stade je trouve qu'il fait bien son boulot".
Un peu plus loin, Dale Clinton, 64 ans, souligne que "les médias, les démocrates, et même des membres de son parti sont contre lui, donc je suis venu lui dire que je le soutiens".
L'actualité est brûlante, après les violences de Charlottesville entre militants d'extrême droite et manifestants anti-racistes, vis-à-vis desquelles la réaction du milliardaire a été jugée ambivalente.
Des manifestations importantes sont prévues dans le centre de la ville démocrate, à l'appel notamment de groupes de défense des immigrés et d'autres organisations appelant à protester contre le racisme.
Devant une église réputée pour sa tolérance, une petite manifestation de "cosplay", ces adeptes de costumes de super-héros, devait avoir lieu en fin de journée, avec force Wonder Women et princesses Disney.
"Quand je vois que les nazis sont suffisamment à l'aise pour marcher dans la rue avec des torches, et après Charlottesville, je ne pouvais pas rester les bras croisés chez moi", dit l'organisatrice, Anabel Martinez, à l'AFP.
Craignant que Donald Trump ne mette de l'huile sur le feu, le maire démocrate Greg Stanton l'avait enjoint de reporter sa visite. En vain.
- Moins de clandestins depuis janvier -
La Maison Blanche a en revanche fait baisser la tension en mettant fin à une rumeur que Donald Trump avait lui-même lancée: le président n'accordera pas de grâce mardi à l'ancien shérif du comté de Maricopa, incluant Phoenix, Joe Arpaio, condamné pour avoir enfreint un jugement fédéral en pourchassant excessivement les sans-papiers.
Le vieux policier est un héros aux yeux des Américains hostiles à l'immigration. Mais "aucune action ne sera prise sur ce front aujourd'hui", a mis au point la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders.
Le discours présidentiel devait commencer à 19H00 locales (02H00 GMT).
Auparavant, le commandant en chef a atterri à Yuma, dans l'Arizona à proximité de la frontière avec le Mexique, afin de vanter les mérites du mur qu'il entend ériger sur toute la longueur de celle-ci.
Le secteur désertique de Yuma est l'un des premiers à avoir été équipé de clôtures renforcées depuis une loi votée en 2006, un obstacle qui a permis de diviser par dix les franchissements de clandestins à cet endroit, selon l'administration, bien que d'autres secteurs aient entre temps connu un afflux.
M. Trump devait y rencontrer les agents chargés de surveiller la frontière et voir notamment l'un des drones Predator qu'ils utilisent.
Le financement du mur --dont des prototypes doivent être présentés prochainement à l'administration dans le cadre d'un appel d'offres-- fera l'objet d'une bataille au Congrès après la rentrée parlementaire en septembre.
Selon le ministère de la Sécurité intérieure, le nombre de clandestins arrêtés à la frontière sud a été divisé par deux dans les sept premiers mois de l'année, par rapport à la même période de 2016. Le nombre d'arrestations à l'intérieur du pays de clandestins et d'étrangers ayant violé leur statut migratoire a bondi de 44%.